samedi 3 janvier 2009
Le Festin Chinois (金玉满堂)
Le Festin Chinois de Tsui Hark, 1995 Avec Leslie Cheung, Anita Yuen
Sun, une sympathique petite frappe décide de rompre avec la tradition familiale qui le destine à devenir un caïd de la pègre locale. Il prend la direction du Canada afin de participer à une compétition culinaire, mais échoue lamentablement. Par un concours de circonstances, il devient apprenti cuisinier dans un grand restaurant et doit défendre les couleurs de son établissement…
Quand Tsui Hark décide de faire une comédie culinaire, autant le prendre au sérieux, car avec Le Festin Chinois (金玉满堂), le baron du cinéma de Hong Kong (徐克) abat l’une de ses plus belles cartes, l’année précédant de bien mauvaises expériences américaines.
Sun, petit caïd qui doit toute sa renommée à son père, patron de la mafia locale, ne s’imagine pas reprendre un jour les affaires du patriarche. En effet, ce jeune de la métropole, entre blouson de cuir, harley et rock’n roll, est loin de vouloir mettre le nez dans les affaires houleuses et poussiéreuses de son paternel. Le rêve à Sun est plutôt de partir au Canada, découvrir le monde et ses grands espaces. Pour le concrétiser, Sun s’inscrit à un concours de cuisine où les meilleurs chefs seront envoyés au Canada pour pratiquer leur art dans les plus grands restaurants. Manque de chance, Sun se fait remarquer par sa grande aptitude à la tricherie.
Dans le même temps se déroule « le Festin Chinois », l’une de plus grandes compétitions culinaires de toute l’Asie. Pour la finale, deux grands chefs s’opposent devant un jury. Dans la dernière épreuve, l’un des deux chefs décide de déclarer forfait, car sa femme est sur le point d’accoucher. Toutefois, lorsqu’il arrive à l’hôpital, sa femme s’en est déjà allée, triste à jamais d’un homme désintéressé par ses responsabilités comme chef… de famille.
Les années passent et le gagnant du Festin Chinois découvre ce qui est réellement arrivé à son concurrent. De son côté, Sun devient apprenti cuisini
er à Hong Kong dans l’établissement d’un vieil ami. Sa fille ne supporte plus ce dernier, et comme si cela ne suffisait pas, un chef cuisinier rival le défit dans un affrontement pour le Festin Chinois. Si le père sombre dans la défaite, il perdra son établissement, si au contraire il l’emporte, il gagnera l’établissement de son adversaire. Il y a tout de même un problème, ce rival excelle dans le domaine culinaire et surpasse de loin le père. Sun décide alors de retrouver le grand chef déchu lors de l’ancien Festin Chinois, lui seul capable de préparer des plats aux sensations ultimes…
Nous nous étions habitués aux wu xia pian, aux polars et aux romances de Tsui Hark, mais voilà que le cinéaste le plus connu de Hong Kong réalisa « Sa » comédie et fit un pied de nez à tous ceux qui ne le considéraient pas encore comme un grand chef, de cinéma bien entendu.
Le Festin Chinois a tout pour lui ; à commencer par un univers propre à l’œuvre du cinéaste. Entre restaurants dont la traversée des cuisines nous
délivre quelques situations sociales encore insoupçonnées, jusqu’à cette fille déjantée remarquablement interprétée par Anita Yuen (袁咏仪- très populaire dans le milieu des années 90 et qui marqua par sa couleur de cheveux toute une génération de cinéphile attaché aux œuvres du cinéaste), l’addition de Tsui Hark est terriblement bien salée. Leslie Cheung (张国荣), certainement la plus grande perte du cinéma de Hong Kong de ces dernières années, donne une force impressionnante à ce long métrage. Impérial de la première à la dernière minute, son talent nous rappelle alors de nombreux souvenirs cinématographiques.
Accompagné d’une brochette de talentueux acteurs parmi lesquelles Kenny Bee (钟镇涛) et Peter Lai (黎彼得) – une véritable association de poil à gratter, le Festin Chinois se conforte dans une richesse d’ingrédients comiques à la fois recherchés même si quelques fois lourdingues. Cependant, la sauce prend avec une déconcertante facilité et nous délecte jusqu'à la fin. À travers cette œuvre rocambolesque se reflètent aussi l’art culinaire chinois et ses ingrédients bien particuliers, loin de nos habitudes de consommation. Imaginez que la cuisine chinoise fait appel à tous les sens humains, même l'ouïe, c'est dire !
En résumé et vous l’aurez compris, Le Festin Chinois est une comédie réussie, culte pour les nostalgiques de la grande époque Hong Kong où le maître Tsui Hark savait habilement mélanger tous les meilleurs ingrédients cinématographiques.
Sun, une sympathique petite frappe décide de rompre avec la tradition familiale qui le destine à devenir un caïd de la pègre locale. Il prend la direction du Canada afin de participer à une compétition culinaire, mais échoue lamentablement. Par un concours de circonstances, il devient apprenti cuisinier dans un grand restaurant et doit défendre les couleurs de son établissement…
Quand Tsui Hark décide de faire une comédie culinaire, autant le prendre au sérieux, car avec Le Festin Chinois (金玉满堂), le baron du cinéma de Hong Kong (徐克) abat l’une de ses plus belles cartes, l’année précédant de bien mauvaises expériences américaines.
Sun, petit caïd qui doit toute sa renommée à son père, patron de la mafia locale, ne s’imagine pas reprendre un jour les affaires du patriarche. En effet, ce jeune de la métropole, entre blouson de cuir, harley et rock’n roll, est loin de vouloir mettre le nez dans les affaires houleuses et poussiéreuses de son paternel. Le rêve à Sun est plutôt de partir au Canada, découvrir le monde et ses grands espaces. Pour le concrétiser, Sun s’inscrit à un concours de cuisine où les meilleurs chefs seront envoyés au Canada pour pratiquer leur art dans les plus grands restaurants. Manque de chance, Sun se fait remarquer par sa grande aptitude à la tricherie.
Dans le même temps se déroule « le Festin Chinois », l’une de plus grandes compétitions culinaires de toute l’Asie. Pour la finale, deux grands chefs s’opposent devant un jury. Dans la dernière épreuve, l’un des deux chefs décide de déclarer forfait, car sa femme est sur le point d’accoucher. Toutefois, lorsqu’il arrive à l’hôpital, sa femme s’en est déjà allée, triste à jamais d’un homme désintéressé par ses responsabilités comme chef… de famille.
Les années passent et le gagnant du Festin Chinois découvre ce qui est réellement arrivé à son concurrent. De son côté, Sun devient apprenti cuisini
er à Hong Kong dans l’établissement d’un vieil ami. Sa fille ne supporte plus ce dernier, et comme si cela ne suffisait pas, un chef cuisinier rival le défit dans un affrontement pour le Festin Chinois. Si le père sombre dans la défaite, il perdra son établissement, si au contraire il l’emporte, il gagnera l’établissement de son adversaire. Il y a tout de même un problème, ce rival excelle dans le domaine culinaire et surpasse de loin le père. Sun décide alors de retrouver le grand chef déchu lors de l’ancien Festin Chinois, lui seul capable de préparer des plats aux sensations ultimes…Nous nous étions habitués aux wu xia pian, aux polars et aux romances de Tsui Hark, mais voilà que le cinéaste le plus connu de Hong Kong réalisa « Sa » comédie et fit un pied de nez à tous ceux qui ne le considéraient pas encore comme un grand chef, de cinéma bien entendu.
Le Festin Chinois a tout pour lui ; à commencer par un univers propre à l’œuvre du cinéaste. Entre restaurants dont la traversée des cuisines nous
délivre quelques situations sociales encore insoupçonnées, jusqu’à cette fille déjantée remarquablement interprétée par Anita Yuen (袁咏仪- très populaire dans le milieu des années 90 et qui marqua par sa couleur de cheveux toute une génération de cinéphile attaché aux œuvres du cinéaste), l’addition de Tsui Hark est terriblement bien salée. Leslie Cheung (张国荣), certainement la plus grande perte du cinéma de Hong Kong de ces dernières années, donne une force impressionnante à ce long métrage. Impérial de la première à la dernière minute, son talent nous rappelle alors de nombreux souvenirs cinématographiques.
Accompagné d’une brochette de talentueux acteurs parmi lesquelles Kenny Bee (钟镇涛) et Peter Lai (黎彼得) – une véritable association de poil à gratter, le Festin Chinois se conforte dans une richesse d’ingrédients comiques à la fois recherchés même si quelques fois lourdingues. Cependant, la sauce prend avec une déconcertante facilité et nous délecte jusqu'à la fin. À travers cette œuvre rocambolesque se reflètent aussi l’art culinaire chinois et ses ingrédients bien particuliers, loin de nos habitudes de consommation. Imaginez que la cuisine chinoise fait appel à tous les sens humains, même l'ouïe, c'est dire !En résumé et vous l’aurez compris, Le Festin Chinois est une comédie réussie, culte pour les nostalgiques de la grande époque Hong Kong où le maître Tsui Hark savait habilement mélanger tous les meilleurs ingrédients cinématographiques.
Damien Paccellieri


















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