lundi 22 décembre 2008

Entretien avec Liu Ye

À 29 ans, Liu Ye est considéré comme le meilleur acteur chinois de sa génération. Dans Blood Brothers, le prodige met une fois de plus tout le monde d’accord. Violent, ravagé par la quête du pouvoir, Liu Ye bascule vers le côté obscur de la force. Entretien féroce avec l'un des futurs cadors du septième art.

Je tiens à remercier Li Xin pour la traduction et bien entendu A.M. (elle se reconnaîtra) pour sa gentillesse, sa disponibilité, ses superbes portraits (le livre est splendide!) et on vous souhaite que du bonheur !!!





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ENTRETIEN AVEC LIU YE

Quelles ont été tes inspirations pour ton rôle de grand frère assoiffé de pouvoir dans Blood Brothers ?

Je n’avais aucune expérience de ce style de rôle auparavant. C’est un tournant pour moi, car on ne me proposait que des rôles de gentilhomme, compatissant pour son prochain, toujours de bonne humeur, un mot : l’homme idéal. Pour préparer ce film, je me suis référé à de nombreux personnages comme celui de Tony Montana dans Scarface. C’est également avec Al Pacino dans le Parrain des rôles qui ne misent pas sur un physique de gueule cassée, mais sur une incarnation prodigieuse de la violence. C’est l’acteur qui donne tout son sens à ces coups de sang effroyables. Cette nervosité, cette folie dont on ne sait jamais ce qu’elle va donner, c’est vraiment ce que j’ai voulu incarné à l’écran. Comme je ne ressemble pas à mon rôle, le travail d’interprétation a été des plus enrichissants.

Est-ce que c’est toi-même qui t’es présenté pour jouer ce rôle ou est-ce le réalisateur qui a décelé ce potentiel obscur ?

J’ai discuté plus d’un mois sur la manière d’interpréter ce rôle avec Alexi Tan, et nous en avons conclu qu’il m’était possible d’endosser le rôle de ce frère protecteur, qui avec le temps, devient le salaud de l’histoire. Je me suis imposé à lui et n’ai pas laissé la chance à d’autres acteurs de l’incarner. Ce personnage, je le voulais, car il était vraiment différent de ce que j’avais interprété auparavant.

Dans Blood Brothers, tu exécutes froidement tes ennemis, jusqu’à prendre le pouvoir de tes mains, par le sang. Comment t’es-tu préparé à cela ? Assassiner est-il si facile que ça au cinéma ?

C’est vrai que les scènes de meurtres sont glaciales, mais c’est pour mieux refléter le renversement psychologique de mon personnage qui outrepasse la morale qu’il s’était imposée et tombe dans la violence pour ne plus jamais en sortir. La scène la plus difficile fut celle avec Sun Hong-lei (le Boss Hong) qui est un ami dans la vie et il fallut plusieurs essais pour arriver au geste parfait, d’autant que l’arme du crime est des plus originales !

Justement sur la psychologie de ton personnage, peux-tu nous en dire plus ? Il change du tout au tout entre le début et la fin du film…

Au début du film, Da Gang, mon personnage, ne prévoit pas qu’un cruel destin l’attend au carrefour de sa vie. Issu de la campagne, ses perspectives sont limitées. Mais avec l’amitié de ses « frères », il décide d’aller à la ville pour y vivre mieux et développe alors son regard sur la société, mais perd le chemin de la morale qu’il avait forgée avec ses compagnons de route. Les sentiments amicaux et familiaux disparaissent ainsi face à son appétence pour le pouvoir, et parce qu’il désire plus que tout mener la belle vie, que dis-je, la grande vie, celle que les grands parrains de Shanghai peuvent s’offrir.

Quel a été ton regard sur ce film, une fois tourné ?

C’est l’un des premiers films réalistes sur la mafia chinoise de la période dorée de Shanghai. Je crois qu’il ouvre une brèche sur un genre encore inexploité, et s’il en devient une référence, j’en serais très heureux. De mon côté, je suis satisfait du personnage, de son animalité, de la violence qui brûle dans son regard.

Mais ne penses-tu pas que ce parterre de stars présent au casting a desservi le développement de chaque personnage et donc du tien ?

Tu sais, aujourd’hui pour de telles productions et de tels investissements, associer tant d’acteurs remarquables à un long métrage est une condition sine qua non. C’est inévitable et en même temps ce n’est que du plaisir, car on partage l’affiche avec d’autres acteurs qui enrichissent votre jeu et vous pousse à vous dépasser à chaque instant. C’est une addition que l’on peut prendre comme une saine concurrence.

Avec Blood Brothers, tu marques une étape importante dans ta carrière en endossant un rôle que tu n’avais jamais joué. Quel est celui qui manque encore à ton panel et que tu souhaiterais incarner ?

Je voudrais bien qu’on me propose des rôles dans de vraies comédies à la chinoise. Mais l’un de mes grands rêves serait d’endosser le rôle d'un handicapé mental, ou dans un style immoral, quelqu’un de vraiment dérangé.

Tu joues encore dans de nombreuses séries chinoises. Est-ce une étape indispensable dans la carrière d’un acteur ?

Oui, c’est réellement indispensable. Le marché et la qualité des séries chinoises se sont développés à une vitesse fulgurante ces dernières années. De plus, la télévision est le « loisir » le plus répandu en Chine. Donc pour se faire connaître, c’est une étape essentielle. Et cerise sur le gâteau, c’est un travail un peu différent du cinéma, très enrichissant pour mon capital expérience.

Au fait, tu ne serais pas un peu français ? Allez vas y dis nous tout ….

Touché ! Oui, ma chère et tendre est française, j’ai donc une affinité particulière pour ce pays. Je reste un inconditionnel de la culture française et me rappelle encore lorsque j’étais à l’université tous les films français et la cuisine française dont je me suis régalé.
J’ai déjà participé déjà trois fois au Festival de Cannes et compte bien passer plus de temps dans l’Hexagone !

Propos receuillis à Pékin par Damien Paccellieri
Juin 2008

Publié par damien à 19:51 et 0 commentaire(s)

Blood Brothers (天堂口)

Blood Brothers d'Alexi Tan, 2007
Avec Cheng Chen, Liu Ye, Shu Qi, Daniel Wu, Li Xiaolu

Trois frères de sang décident d'aller à Shanghai pour y faire leur vie. Ils rentrent rapidement dans un des clans de la mafia locale et se font rapidement un nom. Mais dans leur ascension, chacun décide de suivre sa propre voie...

Jeune réalisateur, Alexi Tan (陈奕利) bénéficie d'une des plus belles brochettes d'acteurs chinois. Visez plutôt : Liu Ye 刘烨 (Balzac et la petite tailleuse chinoise), Chang Chen 张震 (Three Times), Shu Qi 舒淇(Millennium Mambo, Three Times), Daniel Wu 吴彦祖 (The Banquet), Li Xiaolu 李小璐 (Xiu Xiu), Sung Honglei 孙红雷 (Seven Swords) .... une distribution à faire mourir d'envie plus d'un cinéaste confirmé.


Pourtant, malgré cette « finest selection », Blood
Brothers ne séduira pas le cinéphile comme il se devait.
Avec un scénario mal ficelé et un montage excessivement concis, Alexi Tan s'engouffre dans un opportunisme de jeunesse qui handicape fortement son oeuvre.

Blood Brothers (天堂口) conte la vie de deux frères et de leur meilleur ami devenus inséparables avec le temps et les épreuves de la vie.
Ils habitent dans un village non loin de Shanghai et rêvent de la grande ville (nous sommes dans les années 30, l'âge d'or de cette métropole).
Le plus débrouillard des trois devient serveur dans un cabaret appelé « The Paradise » alors que les deux autres vivotent grâce à quelques courses en pousse-pousse.
Quelque temps plus tard, les frères rejoignent leur aîné pour travailler dans le cabaret du boss Hong où ils deviennent alors des gangsters au service du grand patron.
Au même moment, dans un cadre cinématographique qui n'est pas sans rappeler Shanghai Triad (摇啊摇,摇到外婆桥) de Zhang Yimou (张艺谋), les trois frères font la connaissance de la chanteuse phare du cabaret (Shu Qi) tenue comme un oiseau en cage par le boss Hong. Progressivement, les trois jeunes loups deviennent de vrais lions, notamment le débrouillard devenu le bras droit du boss. Seulement cette voie, empreinte de violence, est-elle celle qui les mènera au bonheur ? Chacun d'entre eux trace alors leurs chemins, l'un dans le sillon du boss Hong, l'autre par filiation et le dernier par raison. Pourront-ils rester frères ?

Blood Brothers aurait pu être un grand film. Sur le papier, le projet avait toutes les qualités nécessaires pour le devenir. Seulement au bout du compte, Blood Brothers déçoit tant l'attente était grande de retrouver un excellent film de gangster chinois.
Il déçoit ainsi par un scénario qui est grossièrement un calque du film de Zhang Yimou, reprenant ses codes et les malaxant avec un film coréen Friends ou Une Balle dans la tête (喋血街头), bien connu pour leurs regards acérés sur les destins d'une bande d'amis.
L'esprit fixé sur certains clichés, Alexi Tan ne donne pas assez de liberté dans l'interprétation des rôles pour faire de son long métrage un excellent film noir.

Cette sensation de déjà vu, largement imputable à la jeunesse du réalisateur est pourtant loin d'être le principal défaut. En effet, ce qui terrasse le long métrage c'est bien la manière dont a été réalisé le montage qui gâche tout le plaisir accordé à l'imagerie, l'environnement d'une époque révolue.
Blood Brothers est la somme de nombreuses séquences d'actions, manquant ainsi de fluidité, étouffée par un empressement d'aller à l'essentiel.
Et cela est sans compter certaines scènes complètement incohérentes où des ennemis sortent de nulle part, où le spectateur se demande sans comprendre comment et pourquoi ceci est à cette place.


Par chance, la distribution maquille habilement ces déconvenues.
À commencer par Liu Ye, exceptionnel dans son rôle de grand frère culotté, au regard maladif et à la violence exacerbée. C'est la première fois que l'on peut voir l'acteur jouer ce type de mauvais personnages, lui qui nous avait habitués à des rôles mielleux.
Avec Blood Brothers, Liu Ye s'ouvre de nouvelles perspectives très intéressantes pour la suite d'une déjà très belle carrière.
Chang Chen, dont le rôle semble prendre parfois des proportions envahissantes, réussies toutefois son interprétation d'un tueur professionnel mystérieux, si ce n'est dans les relations qu'il entretient avec la femme du boss Hong.
Justement Shu Qi, s'est surement accaparée le plus mauvais rôle du film : celui d'une délicieuse et plantureuse nymphe inutile. On est loin de l'incarnation de Gong Li (巩俐).
De son côté, Daniel Wu s'en tire avec les honneurs et propose un jeu tout en nuances, même si ses traits trahissent parfois son interprétation.

Produit par John Woo (吴宇森), Blood Brothers ne marquera donc pas les esprits, malgré une interprétation brillante dans son ensemble, car son développement hachis menu met à sac toute possibilité au film d'entrer dans le cercle privé des grands films d'action chinois.
Une preuve de plus d'un manque réel de bon scénariste en Chine ?

Lire l'entretien de Liu Ye sur ce film.
Damien Paccellieri

Publié par damien à 19:21 et 0 commentaire(s)

dimanche 21 décembre 2008

Les dernieres news de 2008 ! Joyeuses fetes et bonne année !

Avant que Noël ne sonne l'arrivée des fêtes de fin d'année, voici quelques nouvelles sur le monde cinématographique chinois en ce mois de décembre :

* Les 45eme remises des Golden Horse Film Awards de Taiwan se sont soldés par une écrasante domination du film The Warlords (投名状) dans les suffrages. En effet, ce dernier remporte le prix du meilleur film, meilleur réalisateur et des meilleurs effets spéciaux. Petit clin d'oeil à Zhang Hanyu (张涵予) de passage à Paris pour le panorama du cinéma chinois qui a décrocher quant à lui le prix du meilleur acteur principal pour son rôle de soldat dans le film de Feng Xiaogang (冯小刚), Héros de Guerre (集结号).


Le reste des récompenses est consutable sur le site officiel de la prestigieuse cérémonie.

* Selon les rumeurs qui courent sur les sites chinois comme Sina et Sohu, le biopic de Mei Lanfang réalisé par Chen Kaige a de fortes chance de rejoindre Berlin du 5 au 15 février 2009 en compétition officielle même si pour le moment rien est encore inscrit dans le marbre puisque l'entière selection devrait être dévoilée avant la mi-janvier 2009. Qu'en sera t-il de Spring Fever de Lou Ye ?

* Zhang Yuan (张元) avec son Dada's Dance (达达) sonty selectionnés pour le festival de Sundance 2009 dans la catégorie WORLD CINEMA DRAMATIC COMPETITION.

* Si les accords de co-production entre la France et la Chine n'ont pas été signé du fait du report du sommet UE-Chine, Yang Buting, président du conseil d'administration de China Film Promotion International, a déclaré à l'AFP que "cet accord sera signé, tôt ou tard " lors du cocktail de lancement de du Panorama du cinéma chinois de Paris, mais également "qu'il sera bénéfique pour les deux pays et nous permettra de produire de meilleurs films ". Une occasion de perdue, dix de retrouvées ?

* Le festival des 3 Continents de Nantes a récompensé par une Montgolfière d'argent le documentaire Bing Aï de Feng Yan et il a été décerné un prix du public jeune à Chronicle of Longwang de Li Yifan. Une très belle moisson pour la cinématographie chinoise.

* Enfin, pour terminer : quel est le film que tous les fans d'arts martiaux attendent ? C'est bien sûr Ip Man (叶问) avec Donnie Yen (甄子丹). Alors pour patienter voici la bande annonce ravageuse .... !
(dans l'espoir d'une sortie en France illico !)



Damien Paccellieri

Publié par damien à 13:47 et 0 commentaire(s)

samedi 20 décembre 2008

La cinematheque quebecoise # 93

Avec le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008, j'en avais presque oublié l'excellente programmation de la Cinémathèque québécoise en septembre et octobre 2008 sur le septième art made in China.
Voici donc la revue électronique en PDF de cette programmation avec quelques dons textes signés par nos amis francophones nord-américains.

(cliquez sur l'image - 1Mo)



Damien Paccellieri

Publié par damien à 15:45 et 0 commentaire(s)

samedi 13 décembre 2008

Compte rendu du panorama du cinema chinois de Paris 2008


Ci-dessous le compte rendu du Panorama du cinéma chinois de Paris 2008 jour après jour :

J-17 pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008
J-10 pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008
J+1 pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008
J+2 pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008
J+3 pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008
J+4 et +5 pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008
J+6 et fin pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008

Opéra et cinéma en Chine - par Roger Darrobers
Damien Paccellieri

Publié par damien à 13:49 et 1 commentaire(s)

jeudi 11 décembre 2008

J+6 et Fin Pour le Panorama du Cinema Chinois de Paris 2008

Lundi 8 et mardi 9 décembre sonnent la reprise de la semaine et des festivités cinématographiques avec deux journées de reprojection au Max Linder des longs métrages Urtin Duu, The Road, Lucky Dog, Our Endless Story, Getting Home (et bien d'autres encore...) pour tous ceux qui n'avaient pas encore eu l'occasion de les voir précédemment. Du côté de la Cinémathèque française, les spectateurs se sont émus devant les classiques du cinéma chinois comme Lady Qin ou bien encore l'Orient est rouge et le Roi des Masques bat le démon de l'os blanc en cette fin de jeudi après-midi.

Alors que dire en clôture de ce panorama ?

On pourra tout d'abord féliciter l'ensemble de l'équipe du panorama et des salles de cinéma associées pour le confort et la qualité technique des projections. En effet, comme l'aura souligné un confrère du site hkcinemagic, le travail de synchronisation des sous-titrages pour les oeuvres contemporaines fut digne des plus grandes manifestations cinématographiques.

Bien entendu, cela n'empêche pas quelques aléas pour la rétrospective tant la conservation des films laisse à deviner d'éventuelles difficultés. On peut ensuite se féliciter de la programmation courageuse sur le cinéma chinois d'opéra. En effet, ces longs métrages précieux et méconnus d'une grande partie du public sont des moments rares de cinéma et d'empathie avec la culture chinoise. Il ne fut pas aisé d'y accéder tant les codes (vestimentaires, esthétiques, gestuels, historiques...) sont spécifiques à l'opéra chinois, mais ceux qui s'y sont intéressés de près ont su découvrir de fabuleux trésors.

La programmation contemporaine ouvra les portes d'un cinéma chinois vu en Chine (c'est important, car nous regardons en Occident un cinéma chinois « d'auteurs » rarement relayé dans les salles obscures chinoises) avec quelques bonnes surprises comme Lucky Dog interprété par un immense Fan Wei, Urtin Duu et The Red Awn sur des particularismes régionaux et sentimentaux chinois, et la confirmation d'un septième art populaire de bonne facture avec The Road, Getting Home et le blockbuster Héros de Guerre.

C'est donc une belle semaine de cinéma qui s'achève et nous laisse rêver à une deuxième édition dors et déjà essentielle à la représentation de la Chine et du cinéma chinois en France...

Damien Paccellieri

Publié par damien à 14:09 et 0 commentaire(s)

J+4 et J+5 Pour le Panorama du Cinema Chinois de Paris 2008

Le week-end commence sur les chapeaux de roues avec The Red Awn suivi d'un débat passionnant avec son réalisateur, Cai Shangjun. Ce dernier, présent du 03 au 08 décembre à Paris, en a également profité pour faire la tournée des librairies de la capitale et dénicher quelques raretés et inspirations avec des ouvrages sur le milieu ouvrier/rural russe et sur les peintures/illustrations bouddhistes. Le public était très curieux d'en savoir plus sur un long métrage traitant de la relation père-fils sur un fond de monde agricole chinois.

Un peu plus tard, le public a pu (re) découvrir sur grand écran Getting Home de Zhang Yang, parangon de l'excellent cinéma chinois que l'on peut connaître depuis quelques années (voir ici). À 18 heures, The Knitting de Yin Linchuan, jeune cinéaste et romancière qui avaient déjà réalisé « Jardin Public », a enthousiasmé les amateurs de films d'auteur et découragé les quelques autres. Acheté par CTV dont la sortie est continuellement repoussée, on espère toutefois que le public français pourra en juger par eux-mêmes dans les salles obscures avant que l'effet « sélection cannoise » se dissipe complètement.

Du côté de Bercy et de sa Cinémathèque française, les amoureux du cinéma classique ont pu admirer le Roi des masques (chef d'oeuvre des années 90 par Wu Tianming, voir ici) et aussi « la Romance de Liang Shanbo et Zhu Yingtai », histoire connue de tous les Chinois.

Dimanche 7 décembre, Hasichaolu, réalisateur chinois d'origine mongole, a présenté son dernier long métrage en date, Urtin Duu (chant populaire mongol) devant une salle en attente de nouvelles expériences cinématographiques sur cette région si particulière de la Chine après l'étonnant Mariage de Tuya de Wang Quan'an primé à Berlin 2007. Tous s'accordent à dire qu'il fut le meilleur film du Shanghai International Film Festival dont il repartit bredouille. Son précédent long métrage, The Old Barber (voir ici) était présenté en même temps que le panorama, à Aubervilliers pour « le festival des films pour éveiller les égards » et curieux lien de causalité, le film sera primé par cette manifestation organisée en partie par l'éditeur Les Films du Paradoxe, qui cherche à acheter l'oeuvre. Espérons que cela se concrétise tant ce long métrage le mériterait.

À la Cinémathèque française, les spectateurs ont pu se régaler devant « Le Détachement Féminin Rouge » version opéra révolutionnaire qui a marqué les esprits de toute la population chinois pendant la révolution culturelle. Et pour finir ce week-end en beauté, Fan Wei a tenu à présenter ses films The Road et Lucky Dog à 20 h et 22 h au Max Linder pour lesquels le public a témoigné un vif enthousiasme.

Quant à ce dimanche soir pour les autres, c'est à un excellent restaurant du Hunan qu'ils le passeront en compagnie des hôtes les plus piquants du festival pour terminer leur virée-souvenir dans les rues des Grands Boulevards...
Damien Paccellieri

Publié par damien à 13:11 et 0 commentaire(s)

J+3 Pour le Panorama du Cinema Chinois de Paris 2008

Vendredi était incontestablement la journée du cinéma chinois. En effet, pas moins de trois séances accompagnées d'invités de marque, dont Cai Shangjun (réalisateur de The Red Awn), Hasichaolu (Urtin Duu) et Fan Wei. Ainsi de 18 h à minuit, les spectateurs ont pu voyager du Gansu à la Mongolie Intérieure en passant par les régions du centre de la Chine. Vendredi était aussi le lendemain de la soirée d'ouverture à la Cinémathèque française de la rétrospective autour du cinéma d'opéra chinois.

La salle a donc été très attentive au premier chef d'oeuvre chinois de cette programmation à savoir et la légende du Sergent Blanc et s'est passionné le vendredi à 19 h pour Regrets Eternels avec un Mei Lanfang superbe, étourdissant de beauté et de talents. Enfin, vendredi c'est la veille d'un week-end qui s'annoncera passionnant avec d'excellents projecteurs au Max Linder comme à la Cinémathèque.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 13:07 et 0 commentaire(s)

J+2 Pour le Panorama du Cinema Chinois de Paris 2008

Les lendemains d'ouverture sont souvent les plus exsangues, car les spectateurs de la veille se reposent ou retrouvent leurs emplois respectifs. Or, surprises, les séances de ce jeudi 4 décembre tiennent toutes leurs promesses avec un public étoffé pour voir à 14 h le dernier long métrage de An Zhangjun (le réalisateur d’Un Père de Pékin) avec Tian Yuan (Voiture de Luxe) qui brille de ses nouvelles chansons qu'on retrouvera certainement sur son prochain album.

Mais tout le monde attendait la projection de Lucky Dog de Zhang Meng avec la venue de l'excellent acteur Fan Wei (certainement l'un des très grands acteurs actuels reprenant le flambeau des acteurs chinois magnifiant les sentiments tels Liu Peiqi, Li Baotian...). Et le public ne fut pas déçu. En effet, après avoir vu un long métrage sensible et tragicomique sur les aléas de la vie pour un homme de la région du Nord-Est, l'échange avec les spectateurs a été des plus intéressants. L'émotion de certains Chinois et notamment d'une Chinoise (qui connaît bien cette région et sa condition de vie) était même palpable.
Les questions posées tout au long de ce moment rare et précieux avec l'acteur ont su donner une vigueur, une âme à ce panorama, première édition.

Et c'est bien cela que le panorama tente également de dévoiler : une âme, celle de la Chine parfois si sèchement critiquée où la perception semble biaisée par les médias et les images d'Épinal.


Damien Paccellieri

Publié par damien à 12:51 et 0 commentaire(s)

jeudi 4 décembre 2008

J+1 Pour le Panorama du cinéma chinois de Paris 2008

Après une divine soirée de gala au théâtre du Châtelet, le Panorama du cinéma chinois de Paris a brillé de la plus belle des manières pour sa soirée d'ouverture avec le film « Héros de Guerre » de Feng Xiaogang au cinéma Max Linder.
Tous les habitués du monde chinois de la capitale se sont retrouvés à l'occasion et ont pu découvrir ce film sur l'honneur, la vie d'un homme dévoué à ses compagnons de guerre.

Zhang Hanyu, rôle principal de ce long métrage, a répondu aux nombreuses questions du public, avec notamment de fervents spectateurs chinois et on les comprend, aux vues des qualités de cette grosse production qui n'a rien à envier à celles réalisées en Occident, bien au contraire. Tang Yan, jeune actrice qui a participé au film, était aussi présente pour échanger avec le public. Toutefois avec un rôle en pointillé vis-à-vis des têtes d'affiche, celle-ci n'a pu dévoiler ses qualités, mais ce fut l'occasion, pour elle et pour nous, de prendre date pour l'avenir.

Avec une salle comble pour cette soirée d'ouverture, on en espère tout autant à chaque séance.
En ce jeudi
4 décembre, la programmation de la Cinémathèque française nous proposera de partir à la rencontre du cinéma d'opéra chinois avec des films exceptionnels (Regrets éternels...) alors que le Max Linder accueillera pour la séance de 20 heures un ami, l'un des meilleurs acteurs chinois du moment : Fan Wei (Un Père à Pékin, Lucky Dog, The Road, Gimme Kudos...), un événement à ne manquer sous aucun prétexte.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 12:28 et 0 commentaire(s)

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