samedi 26 avril 2008
La Sarft continue ses reformes sur le cinema...
Le SARFT, organe de contrôle de l'audiovisuel chinois continue ses réformes sur le cinéma chinois, notamment dans la distribution et l'industrialisation de cet art.Pour le quinzième festival des étudiants de Pékin, le SARFT a assuré qu'il allait faciliter et fluidifier les investissements cinématographiques, tout comme la possibilité de remettre en question certaines situations de monopoles pour lever d'avantages de fonds internationaux.
D'ailleurs, selon les dires d'un responsable du SARFT, le nombre de films chinois sur les écrans chinois devraient augmenter.
Depuis 2003, le box office des films chinois augmente de 20% en moyenne, ce qui est un signe fort pour accorder plus de flexibilité et de confiance aux réalisateurs chinois.
Cependant même si ces efforts marquent un développement positif d'années en années, la censure reste encore à travailler, notamment en faveur d'un système de catégorisation des longs métrages.
Lost in Beijing est par exemple selon le SARFT, "une honte dans le respect et la promotion de la mère patrie".
Seulement on ne se poserait pas cette question si une catégorie 3 existait comme à Hongkong (sur les films violents, sexuels et d'horreurs) avec un réseau de cinéma adapté.
On ne doute pas non plus d'une "mercantilisation" de la censure pour les ventes en Europe, continent où nous sommes friands de cette appellation.
Le cinéma chinois est-il prêt à faire un grand bond en avant ? Adepte de la méthode des petits pas pour le moment, on attend de voir la réaction des réalisateurs chinois et de toutes les structures professionnelles....
Cannes se dévoile petit à petit...
Le Festival de Cannes, vitrine mondiale du cinéma, sera représenté du côté de la Chine en compétition par Jia Zhang-ke avec "24 City", l'un de ses nombreux projets, puisqu'on apprend également que l'enfant terrible du cinéma chinois se prépare à être produit par Johnnie To pour un film d'époque.On en attend toutefois un passage éclair de John Woo et sa dernière grosse production et quelques autres longs métrages sélectionnés en hors compétition et pour la quinzaine.
Wait & see...
vendredi 18 avril 2008
Les Inrocks et Chinacinema.fr
Bonjour à tous,Vous trouverez dans le magazine les Inrockuptibles du 15 au 21 avril 2008 (Nº 646) un article sur le cinéma chinois où mes propos sont recueillis concernant la censure dans le cinéma chinois.
Bonne lecture, à bientôt.
P.-S. : Pour sortir de l'enclave cinématographique, la sortie de l'album d'une jeune artiste, Little, d'origine asiatique (la communauté est très peu représentée dans les domaines culturels et politiques), est une vraie pastille musicale des plus rafraîchissantes.
Damien Paccellieri
vendredi 11 avril 2008
La Riviere sans Balises
La Rivière sans Balises de Wu Tianming, 1984Avec Tao Yuling, Li Wei
La vie n’est pas facile en Chine pendant la Révolution Culturelle. Trois hommes, Pan, Zhao et Shigu, convoient du bois sur un fleuve du Hunan. L’aîné Pan qui a dépassé la cinquantaine, est souvent taciturne. Un jour, il raconte son histoire. En 1947, il a aimé une femme, Haihua, qu’il n’a pu épouser, car il était trop pauvre. 30 ans plus tard, le jeune Shigu a presque le même problème. Sa jeune fiancée, Gaixiu a été contrainte par un jeune loup de la Révolution Culturelle à épouser un autre homme. Il ne rêve que de vengeance. Le troisième homme, Zhao, quarante ans, travaille beaucoup pour subvenir aux besoins de sa famille. Souvent, les camarades aiment boire pour oublier. Leur radeau devient leur refuge dans ce monde où les hommes se déchirent.
Si ce n’est CEO, Wu Tianming n’a fait que briller dans le monde du cinéma. En plus d’avoir été la rampe de lancement de nombreux réalisateurs chinois, Wu Tianming a aussi été un homme engagé sur des thématiques sociales très intéressantes.
Ici, le cinéaste de la quatrième génération s’attaque à la Révolution Culturelle et à la disette qu’elle a produite. C’est le premier long métrage qui porte atteinte à cette période longue de dix ans ; dix années à vivre de peu où tout était rationné, où la délation et la chasse aux capitalistes étaient les principales préoccupations populaires.
Contrairement à de nombreux réalisateurs, Wu Tianming n’a pas été envoyé en campagne pour y être rééduqué ; ses occupations aux studios de Xi’an lui ont donné cette chance. Mais comme tout Chinois, il a été témoin des pires infamies de l’époque. La Rivière sans Balises en est le fruit, autour de trois hommes convoyeurs de bois, naviguant sur les eaux avec leur vieille barque refuge.
Ces trois hommes d’âges différents se querellent sans arrêt, mais l’alcool leur fait oublier leurs vies malheureuses. Lao Pan est le plus vieux d’entre eux et se souvient de son amour de jeunesse, Haihua, avec laquelle il souhaitait se marier. Mais par la faute d’une tempête épouvantable, Lao Pan contracta des dettes qui l’empêchèrent d’épouser sa chère et tendre. Très triste, il continua sa vie en travaillant pour la collectivité, mais est traité tel un paria alors que son travail est extrêmement pénible.
De son côté, Shigu est dans la même situation sentimentale. Il aimerait bien se marier avec sa douce, mais la famille n’est pas du même avis et projette pour elle un autre homme plus riche et plus ambitieux.
Au fil de l’eau, chacun apprend à mieux se connaître Zhao, le dernier des trois économise le moindre sou pour le bien de sa famille très pauvre.
Avec le temps, les trois hommes accostent plusieurs villes et Lao Pan rencontre celle qu’il avait jadis aimée.
Devenue une misérable,
Lao Pan n’en revient pas. Haihua a épousé un autre homme — depuis mort voila déjà quelque temps. Elle vit alors en quémandant quelques rations de nourritures par-ci, par-là ce que ne supporte pas Lao Pan se croyant responsable de sa situation.
Lao Pan va alors tout faire pour que Shigu n’ait pas à subir la séparation qui l’a tant torturé toutes ces années et encore plus aujourd’hui. Il va l’aider à reprendre la main sur son avenir et sur celui de son amour…
La Rivière sans Balises est fort de deux grandes réflexions. La première réside en la critique de la Révolution Culturelle. Nombreuses sont les scènes de misères sociales dues à cette période de chaos. Wu Tianming va même plus loin, il s’attaque directement à la politique menée à ce moment par le biais de quelques superbes cinématiques.
Quand le gouvernement veut interdire la pêche aux cormorans, le cinéaste décoche sa première flèche empoisonnée : « Ils veulent couper la queue du capitalisme ».
En effet, tous les pêcheurs propriétaires d’un grand nombre de cormorans sont alors considérés comme des privilégiés et capitalistes qui plus est.
Pourtant, leurs cormorans sont leurs outils de travail. Pour le cinéaste, la politique chinoise marche sur la tête, et sans les mains !
Très bon archer cinématographique, Wu Tianming touche, lors d’une seconde flèche, le travail harassant des champs où la plupart des responsables locaux sont corrompus. Ces derniers ne prêtent même pas attention aux femmes des villages qui travaillent dans les fourneaux dont la poussière et les résidus rendent peu à peu aveugles.
Il y a donc ici de véritables offenses au communisme de l’époque.
La deuxième réflexion se
développe autour des conditions sociales et des amours des deux principaux protagonistes. En utilisant la simple technique du reflet dans l’eau, Wu Tianming joue de l’âge de Lao Pan, vieillissant son amour tout en démontrant la médiocrité des mariages arrangés. « Petite sœur, ton cœur est comme la rivière » dira Lao Pan pour alléger sa peine lorsqu’il se souviendra des doucereux moments au bord de l’eau en compagnie de sa bien-aimée.
Le même personnage affirma ensuite « aujourd’hui le mariage est libre », reflet cette fois-ci des pensées du réalisateur sur de cette célébration essentielle dans l’épanouissement social des Chinois (ne pas être marié est un constat d’échec, une tare. Le mariage ouvre également le droit moral à la cohabitation des époux, etc.).
Tout ce désespoir, Lao Pan ne le veut guère pour ses amis et tente l’impossible pour rapprocher son acolyte de sa douce, et ce, au péril de sa vie.
Dans une dernière scène où le bateau s’échappe du cadre pour se briser sur les rochers, le spectateur perd toute trace de Lao Pan. Cependant, il peut s’imaginer le voir rejoindre Haihua, loin des tumultes de la vie, et comme Lao Pan le dit si bien « le cœur battant comme la rivière ».
La vie n’est pas facile en Chine pendant la Révolution Culturelle. Trois hommes, Pan, Zhao et Shigu, convoient du bois sur un fleuve du Hunan. L’aîné Pan qui a dépassé la cinquantaine, est souvent taciturne. Un jour, il raconte son histoire. En 1947, il a aimé une femme, Haihua, qu’il n’a pu épouser, car il était trop pauvre. 30 ans plus tard, le jeune Shigu a presque le même problème. Sa jeune fiancée, Gaixiu a été contrainte par un jeune loup de la Révolution Culturelle à épouser un autre homme. Il ne rêve que de vengeance. Le troisième homme, Zhao, quarante ans, travaille beaucoup pour subvenir aux besoins de sa famille. Souvent, les camarades aiment boire pour oublier. Leur radeau devient leur refuge dans ce monde où les hommes se déchirent.
Si ce n’est CEO, Wu Tianming n’a fait que briller dans le monde du cinéma. En plus d’avoir été la rampe de lancement de nombreux réalisateurs chinois, Wu Tianming a aussi été un homme engagé sur des thématiques sociales très intéressantes.
Ici, le cinéaste de la quatrième génération s’attaque à la Révolution Culturelle et à la disette qu’elle a produite. C’est le premier long métrage qui porte atteinte à cette période longue de dix ans ; dix années à vivre de peu où tout était rationné, où la délation et la chasse aux capitalistes étaient les principales préoccupations populaires.

Contrairement à de nombreux réalisateurs, Wu Tianming n’a pas été envoyé en campagne pour y être rééduqué ; ses occupations aux studios de Xi’an lui ont donné cette chance. Mais comme tout Chinois, il a été témoin des pires infamies de l’époque. La Rivière sans Balises en est le fruit, autour de trois hommes convoyeurs de bois, naviguant sur les eaux avec leur vieille barque refuge.
Ces trois hommes d’âges différents se querellent sans arrêt, mais l’alcool leur fait oublier leurs vies malheureuses. Lao Pan est le plus vieux d’entre eux et se souvient de son amour de jeunesse, Haihua, avec laquelle il souhaitait se marier. Mais par la faute d’une tempête épouvantable, Lao Pan contracta des dettes qui l’empêchèrent d’épouser sa chère et tendre. Très triste, il continua sa vie en travaillant pour la collectivité, mais est traité tel un paria alors que son travail est extrêmement pénible.
De son côté, Shigu est dans la même situation sentimentale. Il aimerait bien se marier avec sa douce, mais la famille n’est pas du même avis et projette pour elle un autre homme plus riche et plus ambitieux.
Au fil de l’eau, chacun apprend à mieux se connaître Zhao, le dernier des trois économise le moindre sou pour le bien de sa famille très pauvre.
Avec le temps, les trois hommes accostent plusieurs villes et Lao Pan rencontre celle qu’il avait jadis aimée.
Devenue une misérable,
Lao Pan n’en revient pas. Haihua a épousé un autre homme — depuis mort voila déjà quelque temps. Elle vit alors en quémandant quelques rations de nourritures par-ci, par-là ce que ne supporte pas Lao Pan se croyant responsable de sa situation.Lao Pan va alors tout faire pour que Shigu n’ait pas à subir la séparation qui l’a tant torturé toutes ces années et encore plus aujourd’hui. Il va l’aider à reprendre la main sur son avenir et sur celui de son amour…
La Rivière sans Balises est fort de deux grandes réflexions. La première réside en la critique de la Révolution Culturelle. Nombreuses sont les scènes de misères sociales dues à cette période de chaos. Wu Tianming va même plus loin, il s’attaque directement à la politique menée à ce moment par le biais de quelques superbes cinématiques.
Quand le gouvernement veut interdire la pêche aux cormorans, le cinéaste décoche sa première flèche empoisonnée : « Ils veulent couper la queue du capitalisme ».
En effet, tous les pêcheurs propriétaires d’un grand nombre de cormorans sont alors considérés comme des privilégiés et capitalistes qui plus est.
Pourtant, leurs cormorans sont leurs outils de travail. Pour le cinéaste, la politique chinoise marche sur la tête, et sans les mains !
Très bon archer cinématographique, Wu Tianming touche, lors d’une seconde flèche, le travail harassant des champs où la plupart des responsables locaux sont corrompus. Ces derniers ne prêtent même pas attention aux femmes des villages qui travaillent dans les fourneaux dont la poussière et les résidus rendent peu à peu aveugles.
Il y a donc ici de véritables offenses au communisme de l’époque.
La deuxième réflexion se
développe autour des conditions sociales et des amours des deux principaux protagonistes. En utilisant la simple technique du reflet dans l’eau, Wu Tianming joue de l’âge de Lao Pan, vieillissant son amour tout en démontrant la médiocrité des mariages arrangés. « Petite sœur, ton cœur est comme la rivière » dira Lao Pan pour alléger sa peine lorsqu’il se souviendra des doucereux moments au bord de l’eau en compagnie de sa bien-aimée.Le même personnage affirma ensuite « aujourd’hui le mariage est libre », reflet cette fois-ci des pensées du réalisateur sur de cette célébration essentielle dans l’épanouissement social des Chinois (ne pas être marié est un constat d’échec, une tare. Le mariage ouvre également le droit moral à la cohabitation des époux, etc.).
Tout ce désespoir, Lao Pan ne le veut guère pour ses amis et tente l’impossible pour rapprocher son acolyte de sa douce, et ce, au péril de sa vie.
Dans une dernière scène où le bateau s’échappe du cadre pour se briser sur les rochers, le spectateur perd toute trace de Lao Pan. Cependant, il peut s’imaginer le voir rejoindre Haihua, loin des tumultes de la vie, et comme Lao Pan le dit si bien « le cœur battant comme la rivière ».
Damien Paccellieri
jeudi 10 avril 2008
Wait and see...
Veuillez excuser mon absence actuelle et prochaine car le devoir journalistique m'appelle bien souvent en ce moment.Dans un même temps, je prépare un projet qui vous permettra de découvrir et d'acquérir certaines grandes œuvres du cinéma chinois.
Wait and see...
Damien Paccellieri

















