dimanche 17 février 2008
Festival itinerant du cinema chinois : 2eme edition !
"Cap Sur la Chine" est le premier festival de films itinérant en France qui permet à huit villes dont Paris, de bénéficier d’une programmation exceptionnelle, riche et ciblée. Créé en 2007 par Cap’Cinéma1, une chaîne privée de salles de cinéma en France et en Suisse, il se donne pour objectif de créer un axe culturel entre la France et les pays du continent asiatique, tout en ayant une visée commerciale, celle de toucher un large public. Cette manifestation culturelle qui se déroulera chaque année autour de thèmes différents, s’attache à enrichir la vie culturelle de chaque ville dans lesquelles il passe et permet de faire découvrir la culture et le patrimoine cinématographique de différents pays d’Asie, tout en favorisant l’industrie cinématographique par la fréquentation des salles.
POURQUOI LA CHINE ?
Car la Chine est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Alors que sa culture millénaire rayonne à travers le monde, son poids sur la scène politique internationale ne cesse de croître. Mais connaissons-nous réellement cette grande puissance ? Son histoire et sa culture à la fois riches et passionnantes sont difficiles d'accès. Bien que la Chine soit très présente dans notre quotidien, nos habitudes de consommation, beaucoup d’entre nous ne connaissent ni les racines ni le mode de fonctionnement de la culture chinoise. Par sa singularité, la Chine fascine, attire et inquiète. Le festival "Cap sur la Chine" s’adresse à tous les curieux, passionnés, connaisseurs ou simples amateurs de la culture Chinoise et de son cinéma.
Forts des résultats très encourageants de cette première édition, et grâce au soutien du Bureau du Cinéma chinois et du Centre National de la Cinématographie, nous préparons la deuxième édition du festival autour du thème : "La Chine : de la tradition à la modernité" qui aura pour objet de présenter le processus de la modernisation chinoise. Nous pensons qu’aujourd’hui le public européen connaît les bases de l’histoire de la Chine, et il semble que celui-ci soit enclin à s’intéresser à une Chine plus moderne, à découvrir le passé et le présent de l’empire "du Milieu", ses mutations sociales ainsi que le changement de vie du peuple chinois à la suite de la Réforme économique chinoise de 1978.
DATES PAR VILLES
Compte tenu de l’intérêt manifesté par le public présent lors de la première édition, nous avons décidé de prolonger la durée de la 2ème édition à 12 jours dans chaque site. Cette période se déroulera sur 2 week-ends afin de satisfaire la demande du public. Le festival sera inauguré le 27 février à Saint-Quentin, en présence de Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre du Travail, des relations Sociales et de la Solidarité et présentera ensuite une programmation exceptionnelle de films inédits pendant 7 jours à Paris.
Saint-Quentin, Cinéquai 02 : 27 février - 9 mars
Paris, La Pagode : 5 - 11 mars
Blois, Les Lobis : 12 - 23 mars
Beaune miniplexe : 19 - 30 mars
Carcassonne, Le Colisée : 26 mars - 6 avril
Agen, Le Carnot : 2 - 13 avril
Montauban, Le Paris : 9 - 20 avril
Périgueux multiplexe : 16 - 27 avril
Fribourg : 23 avril - 4 mai (cérémonie de la remise du Prix du Public)
FILMS EN FRANCE
17 Films au total
LETTER FROM AN UNKOWN WOMAN (XU Jinglei, Chine, 1h30, 2004)
CALL FOR LOVE (ZHANG Jianya, Chine, 2006, 1h35)
GETTING HOME (ZHANG Yang, Chine, 2007, 1h45)
LKING SAND (YANG Hongtao, Chine, 2007)
THE KNOT (YIN Li, Chine, 2005, 1h58) De
THE LONGEST NIGHT IN SHANGHAI (ZHUANG Yibai, Chine, 2007, 1h45)
BLUE GATE CROSSING (YEE Chin-Yen, Taiwan, 2002, 1h24)
LE DERNIER VOYAGE DE JUGE FENG (LIU Jie, Chine, 2006, 1h41)
LE MAITRE D’ARMES (Ronny YU, Chine / Hongkong, 2005, 1h44)
LE MARIAGE DE TUYA (WANG Quan’an, Chine, 2006, 1h32)
TRIANGLE (Johnny To, Tuis Kark, Ringo Lam, Hong Kong, 2006, 1h41)
UN TAXI À PÉKIN (NING Ying, Chine, 2001, 1h19)
USELESS (JIA Zhangke, Chine, 2007, 1h20)
LOTUS LANTERN (Studio du Film d’animation de Shanghai, Chine, 1999)
MC DULL DANS LES NUAGES
MULAN S’ENVÔLE DANS L’ARMÉE (BU Wancang, Chine, 1939,1h26)
QIN NIANGMEI (SUN Yu, Chine, 1960, 1h43)
Les Invités :
CHEN Kun est jeune acteur chinois très en vogue. Il a commencé sa carrière d’abord comme chanteur dans une chorale à Beijing en 1995. Devenue l’ami de l’actrice chinoise Zhao Wei, il est diplômé de l’Académie du Cinéma de Beijing (2000) pour la section de « représentation ». Il conquiert le grand écran et la télévision grâce à son tempérament plutôt mélancolique. Son film, Balzac et la petite tailleuse chinoise, a été sélectionné pas le Festival de Cannes (2002). En 2007, The Knot lui fait gagner la récompense de meilleur acteur ; un prix qui fut décerné par l’état chinois. Après tous ces succès, il est devenu l’icône de la nouvelle génération des artistes chinois.
CONG Shan est diplômée de l’Académie Central du Théâtre chinois depuis 1984. Pendant ses études de théâtre, elle participe au film « Le Gardien de chevaux » en tant qu’actrice principale. Après ce premier essai, elle devient une idole féminine pour les hommes chinois de l’époque. Après avoir été diplômée, elle rejoint le Théâtre des Jeunes chinois et devient comédienne professionnelle. En 1987, avec l’invitation du Ministère des Affaires Étrangères françaises, elle entre au Conservatoire national supérieure d’art dramatique pour se perfectionner dans le théâtre. Pendant ces études en France, elle a participé aux nombreuses productions françaises comme « Une femme dans le vent », « Les visages de l’amour », « L’histoire merveilleuse de Marco », etc. Après cette expérience, elle retourne en Chine tout en continuant sa carrière de comédienne.
GONG Beibi est passionnée de cinéma depuis son enfance, pendant ces études au lycée, elle joue son premier rôle dans le film « You’re Not at 16 », puis elle est admise par le berceau des cinéastes chinois à l’Académie Centrale du Théâtre chinois en section d’interprétation théâtrale.
Après 4 ans d’études, elle participe à de nombreuses oeuvres cinématographiques en Chine continentale et ainsi qu’à des productions hongkongaises. Son film « Bus 44 » a remporté le prix du Jury lors du festival de Venise en 2002, et ce film a été sélectionné dans de nombreux festivals comme Cannes, Saint Sébastien, etc. Aujourd’hui, elle est devenue une image féminine populaire pour les hommes chinois.
NING Jing est une actrice chinoise qui a débuté comme graphiste au Studio de films de Zhujiang (Canton). Elle commence sa carrière d’actrice grâce le film Les journées ensoleillées. Ce film a remporté de nombreux prix dans des festivals internationaux : Meilleur acteur au festival de Venise (1995), Meilleur réalisateur au Gold Horse of festival international de Taiwan et Meilleur acteur au festival international de Singapour. Elle a été sacrée « meilleure actrice » au festival de San Sébastian (2000), au festival national chinois Coq d’Or (1999), et au festival Cent flower (1998). Aujourd’hui, elle est très populaire en Chine grâce à ses nombreuses interprétations cinématographiques. Comme beaucoup d’acteurs chinois, elle ne délaisse pas complètement le petit écran.
Xu Jinglei Dans le cinéma chinois, XU Jinglei est une célébrité. Cette femme belle et talentueuse a déjà joué dans une vingtaine de films et de téléfilms ; elle a également réalisé trois films de fiction. En 1997, elle est sortie diplômée de l’Académie du Cinéma de Beijing, dans la section : « représentation ». Ses interprétations simples et naturelles marquent profondément le public. En 1995, elle a joué le rôle d'une jeune citadine dans le feuilleton : Une histoire de vent et de neige. Grâce à cette production, le public chinois a découvert le talent de la jeune Xu Jinglei; elle est immédiatement devenue l’idole des jeunes chinois.
ZHAO Wei est née à Wuhu, province d'Anhui en Chine. Elle a fait partie de l’Académie du Cinéma de Beijing, où elle a étudié la comédie. Dès l’âge de 20 ans, elle construit sa notoriété sur l'immense succès de sa première série télévisée: The Return Pearl princesse (Huang Zhu Ge Ge). Elle est maintenant considérée comme une "star"dans toute la Chine et son succès a commencé à s'étendre dans toute l'Asie grâce à son rôle au côté de l’acteur Steven Chow dans la comédie Shaolin soccer. Son air espiègle et sa fraîcheur ont fait d'elle une actrice très demandée. Elle est également chanteuse et musicienne de pop musique : Spirit across the sky (swallow), The charm of love (magic of love) et Last parting.
YIN Li est né en 1957. Il a été formé à l’Académie du Cinéma de Beijing (1978 à 1982) dans le département des beaux-arts. Après avoir obtenu son diplôme, il a été affecté au Studio du Film pour Enfants comme styliste. Il s’intéresse alors à la réalisation et met en scène sa première oeuvre Bon papa et mauvais papa, un feuilleton de six épisodes qui lui a permis de remporter le prix de la meilleure série télévisée lors du Prix de Fée céleste, un prix décerné aux professionnels de la télévision. Grâce à cette révélation professionnelle, il séduit le public du grand écran. Son premier film The spetembre of mine a rencontré un succès public et a obtenu le prix de Coq d’Or. Puis, son film The story of Xinhua (Apricot Blossom) a été sélectionné au Festival de Cannes en 1994, ainsi que dans d’autres festivals comme celui de Montreuil au Canada et celui de Bruxelles. Cette oeuvre cinématographique a été présentée dans une trentaine de pays. En 2007, il a obtenu celui du Meilleur réalisateur lors de HUABIAO jiang, un prix décerné par l’état chinois avec son film The Knot.
ZHANG Yibai est un réalisateur chinois très populaire auprès des jeunes. Il a d’abord travaillé comme réalisateur sur la chaîne MTV. Il a réalisé des publicités, puis des séries télévisées. Son premier feuilleton Jiang Aiqing Jinxing Daodi révèle les talents d’actrice de XU Jinglei, jeune comédienne très célèbre dans la Chine d’aujourd’hui. En 2001, il commence à travailler pour le grand écran, avec XU Jinglei comme héroïne. Ce film a séduit les étudiants chinois. D’ailleurs, ses films sont toujours sélectionnés au Festival du film des étudiants de Beijing. En 2007, The longest night in Shanghai a reçu le Prix du jury lors de ce festival organisé par des jeunes. Ce jeune cinéaste fait partie de la « Sixième génération » des réalisateurs chinois. Il s’intéresse plutôt au monde des jeunes, leur état d’esprit et leurs histoires d’amour.
ZHANG Jianya était un acteur avant de devenir réalisateur. En 1978 il a été admis à l’Académie du Cinéma de Beijing et a fait ses études dans la même classe que les grands réalisateurs chinois que sont ZHANG Yimou qui a réalisé Les épouses et concubines et CHEN Kaige qui a réalisé Adieu ma concubine. Il fait partie de la « Cinquième génération » des réalisateurs chinois qui est importante dans l’histoire du cinéma. Comme ses amis réalisateurs, ses films portent une réflexion sur l’humanité à travers le registre comique. Grâce à An orphan joins the arm, il a remporté le prix du meilleur film pour les enfants au Coq d’or, festival national chinois.
On souhaite bien entendu la plus grande des réussites à ce festival !
Damien Paccellieri
Flash Info : In love we Trust a la Berlinale
Le dernier film de Wang Xiaoshuai a été récompensé ce week-end au Festival de Berlin, 2eme plus important festival cinématographique au monde après le Festival de Cannes. Primé pour son scénario, espérons que cela pousse les distributeurs à s'intéresser à ce film (anciennement appelé Left Right). Faisons confiance à Isabelle Glachant, qui a beaucoup œuvré pour le cinéma chinois et productrice de ce film, pour la promotion d'un long métrage aux thématiques intéressantes...Flash Info : Forbidden Kingdom
On attendait cela depuis pas mal de temps : Jet Li et Jackie Chan dans un même long métrage. C'est désormais possible avec Forbidden Kingdom, une réalisation occidentale, dont le scénario reprend les trames du Pèlerinage vers l'Ouest.Est ce que cette grosse production sans âme pourra t-elle sustenter les fans des acteurs martiaux qui attendent cette rencontre depuis toujours ?
le site officiel
Le trailer est déjà là pour sceller ce moment inédit :
mardi 12 février 2008
Flash Info : Red Cliff de John Woo
Depuis quelques jours, la bande annonce d'un des films les plus attendus de 2008 est en ligne. Battle of Red Cliff , d'un réalisateur qu'on ne présente plus, est selon moi un projet coupe gorge pour le maître du gunfight. Avec ses récents semi-échecs aux Etats Unis, le cinéaste qui nous a émerveillé dans les années 80, joue un grand coup de poker avec ce long métrage basé sur l'histoire des Trois Royaumes. Si Battle of Red Cliff est un succès, il relancera la carrière de John Woo en Chine, mais s'il s'avère être un film en demi-teinte, il signera un coup d'arrêt net dans sa filmographie.On peut toutefois se rassurer en lorgnant sur le box office chinois où Warlords a mis le feu en se classant à la première marche. Les blockbusters ont le vent en poupe et il est peu probable que le dernier projet de John Woo ne fasse pas du chiffre. Les critiques et le public auront par contre un poids considérable par leurs avis sur le côté qualitatif du projet...
Damien Paccellieri
lundi 11 février 2008
FICA Vesoul 2008 - Lundi 4 et Mardi 5 fevrier
Dans la dernière ligne droite du festival, le public découvre certaines des plus belles perles cinématographiques de la programmation comme avec The Old Barber de Hasichaolu.Un vieil homme de 93 ans continue son métier de barbier avec ses plus vieux clients. Seulement ceux-là disparaissent tour à tour, et le barbier devient l’un des derniers témoins de cette ancienne génération et leurs vies, leurs habitudes.
Dans l’après-midi du lundi, Chen Xiao-xing présenta son documentaire Enfants Bananes sur les enfants nés en France de parents chinois pris en étau par deux cultures et deux langues.
Ce regard pédagogique ouvre notre regard sur tous ces jeunes dont l’identité est mise à mal par leur environnement. Ils ne se sentent pas français, car ils ont des traits chinois et ne se sentent pas chinois, car ils sont dans le moule de la culture française.
Ce sujet peut s’étendre au-delà de la communauté chinoise, car toutes les communautés sont touchées par ces valeurs universelles, expliquant parfois leur décalage avec une certaine pensée unique française atrophiée par la peur de l’autre.
Soutenu une première fois par France 3, on espère une diffusion plus importante de ce documentaire.
Après avoir mangé sur le pouce, le dernier film en compétition entre en lice. Philippine Science de Auraeus Solito est un condensé d’énergie sur la véritable histoire d’une université pas comme les autres où le ludique, la fantaisie sont aussi des supports éducatifs. Ainsi, les étudiants se préparent à devenir les plus doués en matière scientifique de leurs générations. Les acteurs, pour la plupart présent à Vesoul, que l’on surnommait ensemble le Philippine’s Gang, ont marqué par leur sympathie ce 14e Festival des Cinémas d’Asie. Bien entendu, l’actrice principale, présente également, illuminait de sa beauté et de sa gentillesse cette semaine culturelle. Mais nous voilà déjà à l’aube du mardi, dernier jour de cet évènement cinématographique majeur en France où les jurys se sont décidés la veille lors de délibérations tendues.Ce sont les derniers moments pour sceller les amitiés nouées au début de la semaine précédente et pour se pouponner avant la clôture.
Love Unto Waste de Stanley Kwan met fin à cette excellente cuvée 2008 auréolée de nombreux prix pour les longs métrages chinois, signe que ce cinéma possède un public.
Voici le bilan et les lauréats :
24 000 spectateurs pour cette 14ème édition soit une progression de 4 % (23 000 en 2007)
CYCLO D'OR D'HONNEUR offert par la ville et l'agglomération de Vesoul à STANLEY KWAN pour l'ensemble de son oeuvre.
CYCLO D'OR (offert par le Conseil Régional de Franche-Comté) remis par le Jury International
présidé par Masahiro KOBAYASHI réalisateur japonais qui pour raisons personnelles ayant dû partir précipitamment fut remplacé par Stanley Kwan, réalisateur chinois et composé de Mme Niki Karimi (Iran), Mme Jocelyne Saab (Liban) et M. Sarfabek Soliev (Tadjikistan) :
"LE VIEUX BARBIER" de Hasi Chaolu (Chine), pour son scénario authentique, plein de dignité et loyauté pour la ville de Pékin face à la globalisation, pour son sujet né de la chimie subtile et délicate entre les membres d’une équipe de non professionnels.
CYCLO D'OR (offert par le Conseil Régional de Franche-Comté) remis par le Jury International
présidé par Masahiro KOBAYASHI réalisateur japonais qui pour raisons personnelles ayant dû partir précipitamment fut remplacé par Stanley Kwan, réalisateur chinois et composé de Mme Niki Karimi (Iran), Mme Jocelyne Saab (Liban) et M. Sarfabek Soliev (Tadjikistan) :
"LE VIEUX BARBIER" de Hasi Chaolu (Chine), pour son scénario authentique, plein de dignité et loyauté pour la ville de Pékin face à la globalisation, pour son sujet né de la chimie subtile et délicate entre les membres d’une équipe de non professionnels.
Grand Prix du Jury International : "PHILIPPINE SCIENCE" de Auraeus Solito (Philippines) pour son énergie positive et le jeu remarquable des jeunes acteurs, preuve d’un cinéma philippin authentique.
Mention spéciale : « THOSE THREE », de Naghi Nemati (Iran) pour son approche esthétique minimaliste et sa vision des valeurs humaines face à une situation critique de militarisation.
Prix du Jury NETPAC (Network for the Promotion of Asian Cinema) représenté par Mme Teresa Kwong (Hong Kong), M. Raju Zakir Hossain (Bangladesh) et M. Damien Paccellieri (France) :
"LE VIEUX BARBIER", " de Hasi Chaolu (Chine), pour son histoire émouvante d’êtres humains en particulier ceux marginalisés, et pour la relation entre l’homme et son environnement traitée avec beaucoup de sensibilité.
Mention spéciale : «LES MOISSONS POURPRES» de Cai Shangjun pour sa peinture d’une Chine en transformation face à la globalisation et les liens subtils d’amour et de confusion entre deux êtres.
Prix Emile Guimet (offert par les Amis du Musée National des Arts Asiatiques de Paris) :
"BOZ SALKYN» de Ernest Abdyjaparov (Kirghiztan) d’authentiques personnages dans un décor sublime, musique originale du réalisateur lui-même…un film dénonçant avec subtilité une coutume ancienne sexiste qui a survécu au cours des siècles.
Coup de coeur Guimet :
"FROZEN" de Shivajee Chandrabhushan (Inde) un premier film subjuguant pour la qualité de sa photographie, un choix audacieux du noir et blanc, un film psychologique et philosophique au Ladakh, un tournant dans le cinéma indien.
Prix Langues' O (offert par l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales) :
« LES MOISSONS POURPRES » de Cai Shangjun pour avoir abordé la crise du monde rural dans la Chine contemporaine, ce qui a rarement été montré, et les bouleversantes relations père-fils.
Coup de coeur Langues 'O :
"LE VIEUX BARBIER" de Hasi Chaolu (Chine) pour la qualité de son scénario et de ses images et le personnage principal témoin de la disparition de son quartier.
Prix du public longs métrages de fiction (offert par la ville de Vesoul) : "PHILIPPINE SCIENCE" de Auraeus Solito (Philippines)
Prix du public du film documentaire (offert par la Communauté de Communes de l’Agglomération de Vesoul) : « LE CRI DU COEUR » de Shinji Takahashi (Japon)
Prix Jury Jeunes (offert par la Communauté de Commune de l'Agglomération de Vesoul) :
« LES ENFANTS BANANES » de Cheng Xiao-xing (France-Chine)
Prix du Jury Lycéen : « "LE VIEUX BARBIER" de Hasi Chaolu (Chine)
Reprise des films primés à l'auditorium du Musée des Arts Asiatiques Guimet de Paris les 5 et 7 mars 2008.Le 15ème Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul aura lieu du 10 au 17 février 2009.
Cependant, tout n’était pas fini puisque les invités se sont retrouvés sous la bambouseraie pour une dernière nuit de folie terminant à plus de 4 h 30 pour partir dans la foulée direction Paris. Pendant cette soirée endiablée, Jean Marc Therouanne nous a gratifiés d’un Moon Walk des plus saisissants, tout comme les différents jurys se sont amusés sur des rythmes créoles, indiens, rock et disco. L’homme au grand cœur et aux yeux d’un bleu infini a définitivement réussi son festival. Et ce n’est qu’un début.
Vive Vesoul !
Vive les cinémas d’Asie !
Damien Paccellieri
FICA Vesoul 2008 - Dimanche 3 fevrier
Le jour du Seigneur est toujours le plus important de la semaine festivalière à Vesoul.C’est le jour des tables rondes, des conférences de presse et d’un repas dominical où tous les invités du festival se retrouvent sous la bambouseraie pour déguster les merveilles d’un traiteur exceptionnel en cette année 2008.
Ainsi, à la table de Stanley avec les autres réalisateurs chinois, nous discutons de cette formidable épopée qu’a été le long chemin emprunté par les Thérouanne pour faire de ce festival l’un des plus importants de France. Comme le dira si bien le maire-député de la ville, Vesoul a acquis une considération par cet évènement culturel laissant un peu de côté cette phrase toute en légèreté de Jacques Brel sur la Nice de l’Est.
Dès 14 h, juste après avoir fini le dessert, la bambouseraie se vide progressivement pour laisser place à une table ronde autour du cinéma chinois.
Jean Marc Thérouanne est à l’initiative de cette formidable idée qui attire une trentaine de personnes. Les intervenants sont nombreux : Cai Shangjun, Hasichaolu, Teresa Kwong et moi-même pour enfin parler de ce cinéma qui mériterait tellement plus d’attention. La discussion se noue autour de l’appareil productif du septième art chinois, du travail de producteur, comme celui de réalisateur notamment pour les plus jeunes d’entre eux, à la recherche de partenaires financiers.
Le public ici présent fait la connaissance de nombreux éléments techniques et professionnels de ce cinéma comme le coût d’un long métrage, le nombre de films produits par année, et si l’on peut dire, de la santé du cinéma chinois en général.
On remarque alors que les réalisateurs chinois portent une très grande attention aux différentes aides internationales telles que le Fond Sud ou les fonds de certains festivals.

Malheureusement, la conférence s’écourte au profit des séances en salles puisque les membres des différents jurys doivent s’absenter pour aller voir des longs métrages programmés en sélection. Parmi ces films, Trois Mères de Dina Zvi, constat d’un échec sur la vie de trois sœurs devenues mères par la suite avec leurs immuables secrets.
Le soir, le Martinet d’Abai Kulbai, dont notre Eugénie nationale en a aidé l’accouchement, dévoile un Kazakhstan loin de ces cartes postales ou de la paupérisation rurale que l’on aime tellement montre en Occident. Place ici à la vie d’une fille aux allures de garçons manquées, au destin fracturé par les difficultés familiales et sociales, par l’âpreté de la vie. Si l’on perçoit encore des faiblesses dans le montage et sur certaines inspirations, le contexte est des plus intéressants et pourrait amener son réalisateur à marquer de son sceau le cinéma de ce pays dont connaît si peu de choses.
On retiendra du Martinet, les yeux ambre de l’actrice principale, un regard symbolique et envoûtant.
Ainsi, à la table de Stanley avec les autres réalisateurs chinois, nous discutons de cette formidable épopée qu’a été le long chemin emprunté par les Thérouanne pour faire de ce festival l’un des plus importants de France. Comme le dira si bien le maire-député de la ville, Vesoul a acquis une considération par cet évènement culturel laissant un peu de côté cette phrase toute en légèreté de Jacques Brel sur la Nice de l’Est.
Dès 14 h, juste après avoir fini le dessert, la bambouseraie se vide progressivement pour laisser place à une table ronde autour du cinéma chinois.
Jean Marc Thérouanne est à l’initiative de cette formidable idée qui attire une trentaine de personnes. Les intervenants sont nombreux : Cai Shangjun, Hasichaolu, Teresa Kwong et moi-même pour enfin parler de ce cinéma qui mériterait tellement plus d’attention. La discussion se noue autour de l’appareil productif du septième art chinois, du travail de producteur, comme celui de réalisateur notamment pour les plus jeunes d’entre eux, à la recherche de partenaires financiers.
Le public ici présent fait la connaissance de nombreux éléments techniques et professionnels de ce cinéma comme le coût d’un long métrage, le nombre de films produits par année, et si l’on peut dire, de la santé du cinéma chinois en général.
On remarque alors que les réalisateurs chinois portent une très grande attention aux différentes aides internationales telles que le Fond Sud ou les fonds de certains festivals.

Malheureusement, la conférence s’écourte au profit des séances en salles puisque les membres des différents jurys doivent s’absenter pour aller voir des longs métrages programmés en sélection. Parmi ces films, Trois Mères de Dina Zvi, constat d’un échec sur la vie de trois sœurs devenues mères par la suite avec leurs immuables secrets.
Le soir, le Martinet d’Abai Kulbai, dont notre Eugénie nationale en a aidé l’accouchement, dévoile un Kazakhstan loin de ces cartes postales ou de la paupérisation rurale que l’on aime tellement montre en Occident. Place ici à la vie d’une fille aux allures de garçons manquées, au destin fracturé par les difficultés familiales et sociales, par l’âpreté de la vie. Si l’on perçoit encore des faiblesses dans le montage et sur certaines inspirations, le contexte est des plus intéressants et pourrait amener son réalisateur à marquer de son sceau le cinéma de ce pays dont connaît si peu de choses.
On retiendra du Martinet, les yeux ambre de l’actrice principale, un regard symbolique et envoûtant.
Damien Paccellieri
dimanche 10 février 2008
FICA Vesoul 2008 - Vendredi 1er et Samedi 2 fevrier
Ces deux jours annonçant le début du week-end sont marqués par le départ précipité de Masahiro Kobayashi pour des raisons personnelles et son remplacement par Stanley Kwan, l’invité de marque du festival. En même temps, ce dernier est à l’honneur avec la projection de nombreuses œuvres de sa filmographie comme Lan Yu, Rouge, Rose Rouge Rose Blanche et Yang + Ying.
Pourtant, les longs métrages qui marqueront le festival sont autres. Il y a tout d’abord Vacances à Shanghai d’Ann Hui (My American Grandfather), un long métrage d’une grande rareté dans les salles obscures dont s’inspire fortement Go Home avec Liu Peiqi.
Ensuite, l’Iran, représenté par la très belle Niki Karimi dans le Jury international, nous offre une fuite en avant reprenant quelques bases du cinéma de Tarkovski, le tout dans la neige, nommée Those Three de Naghi Nemati. Cette neige sera le
fil conducteur du vendredi avec en soirée la projection du très photographique Frozen de Shijavee Chandrabushan, une œuvre indienne artistique des plus singulières augurant de belles et prochaines expériences dans le pays de Gandhi.Son cinéaste, d’une convivialité sans mesure, restera dans les mémoires comme un excellent professeur de danse bollywoodienne, inspirant les différents jurys à se déhancher avec des techniques de dévissage d’ampoules. En définitive, de grands moments de plaisirs festifs.
Dans l’après-midi du samedi, James Lee et son Waiting for Love, n’a pas réussi à séduire la foule contrairement aux Moissons Pourpres de Cai Shangjun, boosté par l’arrivée de la délégation chinoise dont le réalisateur fait partie. Ce dernier fit une forte impression avec un film tourné dans la région du Gansu sur les relations d’un « je t’aime moi non plus » entre un père et son fils entourés de moisonneuses rouges écarlates.
Les " Off " du festival
Je ne vais pas faire un nouveau magazine people sauce Paris Match, mais on ne parle que rarement de ces moments d’humanité qui font le sel du festival de Vesoul. En effet, sous la bambouseraie toujours plus belle, Anaïs et Camille, ceux qui ont certainement travaillé le plus sur cette 14e édition, nous avons appris quelques pas de danses irlandaises. Bi
en sûr, des photos compromettantes font l’état de mes mauvaises compétences en danse, cependant cela ne peut m’empêcher de signaler cette ambiance unique dont le FICA peut se vanter, à savoir cette façon de vivre en famille dont les autres festivals devraient en prendre le chemin.Pour les autres détails dois je vraiment en parler ? Je crois que le lendemain m’appelle déjà…
Damien Paccellieri
vendredi 1 février 2008
FICA Vesoul 2008 - Mercredi 30 et Jeudi 31 janvier
Vesoul, c’est vivre en famille, et si vous avez lu mon billet sur l’édition 2007, vous devez le savoir. C’est une expérience rare que l’on retrouve rarement dans les autres festivals. Cette chaleur amicale est d’abord le fruit de ceux qui ont lancé ce festival, à savoir le couple Thérouanne. La proximité avec les différents intervenants est très appréciable, il n’y a pas de communauté, c’est une véritable leçon de vivre ensemble dans le domaine du monde cinématographique.Durant ces deux jours, mercredi et jeudi, j’ai eu l’occasion de voir de nombreux films qui ne cessent de m’enrichir et d’ouvrir mon regard sur le monde et particulièrement sur l’Asie, continent cher à notre cœur.
Parmi ces longs métrages, Boz Salkyn, sur la situation du rapt des femmes kirghiz, traités par une tragi-comédie, est une très belle surprise. Mais ce n’est pas tout, le FICAV 2008 (avec le V de Vesoul) est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la filmographie de Stanley Kwan, l’un des ardents défenseurs de la cause homosexuelle dans le cinéma chinois et surtout l’un des plus intéressants réalisateurs de Hong Kong. Pour ne citer que quelques films dans sa carrière, je conseillerais Rouge ou bien encore Lan Yu, deux films indispensables à tout cinéphile de la Chine et de Hong Kong.
Stanley Kwan est d’une sympathie et d’une humilité rare, à travers ses gestes, ses regards et sa caméra bien entendu il est capable à l’écran comme dans le cadre privé de transmettre sa générosité et ses réflexions.
Hold You Tight, l’un de ses films projetés dans le cinéma Majestic, établissement hôte du festival, est un long métrage assumant dûment sa sexualité, sa sentimentalité et sa part de rêve, d’éphémère et de conceptuel. L’avis est alors forcément tranché, on aime ou son contraire, mais on ne part pas sans garder quelques souvenirs bien ancrés.
L’Iran tout comme la Syrie se dévoilent également avec respectivement, un long métrage artistique piochant du côté de Tarkovski où trois gardes frontières désertent leurs postes et se perdent dans la neige et avec pour Damas, surnomée le paradis sur terre, un documentaire des plus convaincants sur certaines tranches de vie des syriens par le prisme des chauffeurs de taxi.
Finalement ce billet n’est que le reflet de la générosité de ces cinémas d’Asie, qui, grâce au FICA, permettent de nous sensibiliser d’avantages aux réalités du monde et à ne plus être esclave de nos préjugés. En cela, Vesoul est porteur d’un grand espoir, celui d’une plus grande fraternité entre les peuples, car on le sait tous, connaître « l’autre » ce n’est plus en avoir peur.
Damien Paccellieri


















