mercredi 19 novembre 2008
Une Famille Chinoise
Une famille chinoise de Wang Xiaoshuai, 2007Avec Liu Weiwei, Zhang Jianyi, Chen Taisheng
Sortie le 26 novembre 2008
Mei Zhu et Xiao Lu, un couple divorcé, apprennent que leur petite fille, Hehe, est atteinte d'une leucémie. Seule une greffe pourrait la sauver, et seul un autre enfant né de leur union serait suffisamment compatible pour permettre le don de moelle osseuse. Mais depuis leur séparation, Mei Zhu et Xiao Lu ont refait leur vie chacun de leur côté et cette situation met en péril leurs relations respectives avec Lao Xie, un homme doux et très en retrait, et Dong Fan, une hôtesse de l'air qui aimerait elle aussi un enfant de Xiao Lu.
Une Famille Chinoise (In Love We trust en anglais et Zuo Yue en pinyin) étaye une tendance déjà aperçue chez les autres cinéastes chinois de la sixième génération : celle d'évoquer des sujets sensibles tout gardant une approche populaire afin de candidater à une diffusion en salle sur le territoire chinois.
Wang Xiaoshuai revient donc trois années après Shanghai Dreams, son premier film « officiel » (sorti en Chine), avec un regard croisé sur
les sentiments de deux couples face au destin d'une petite fille atteinte de la leucémie. Ce long métrage, sensible et complexe, développe avec humanité des personnages touchés différemment par ce drame. Mei Zhu, la mère de l'enfant, est face à la mort inéluctable de sa fille si elle ne trouve pas un donneur compatible. Lao Xie, son compagnon et père de substitution de cet enfant, comprend que la survie de cette dernière passe par l'enterrement d'une propre paternité et du rêve doucereux de l'idylle parfaite.
Xiao Lu, le vrai père de l'enfant, a depuis refait sa vie avec Dong Fang (interprétée par Yu Nan), et souhaitait faire une croix sur son passé sentimental... mais la vie ne lui laisse guère le choix et il devra prendre des décisions qui mettront en péril son couple au profit de la guérison de son enfant.
Enfin, Dong Fan rêve d'être maman, et ne peut se faire à l'idée d'un nouvel enfant entre son mari et son ex-femme.
Ainsi, ce noyau de sentiments, de responsabilités et de culpabilités, rondement menés par de brillants acteurs et un réalisateur orfèvre, est source d'une richesse cinématographique puissante. Le cinéaste en profite également pour tisser des relations entre la ville, la pollution et les personnages réagissant à un destin qui les dépasse. On avait rarement vu l'urbanité aussi froide, implacable, fataliste où les chantiers plombent la vie quotidienne.
Récompensé par un Ours d'Argent à Berlin en 2008 pour son scénario, on y trouve quand même des ficelles d'une autre époque. Pour exemple, ce maudit téléphone qui reste « malencontreusement » allumé est une scène disons.... téléphonée. En effet, dès le début du film,
le réalisateur introduit le défaut de ce téléphone et nous laisse prévoir une excuse scénaristique du plus mauvais goût qui peut jouer, selon les avis, sur la qualité globale de l'oeuvre. Heureusement, cela s'estompe avec une utilisation du téléphone comme élément physique d'oppression et par une quantité importante de scènes très cinématographiques, comme ce plan des hôtesses de l'air (Yu Nan et Tian Yuan) qui partent de chez Lao Xie bagage à la main, ou bien encore ces scènes de dispute et de réconciliation entre Xiao Lu et Dong Fan.
En définitive, si l'on peut parfois se surprendre de quelques aléas scénaristiques et d'un manque de « je ne sais quoi », il n'en demeure pas moins une pesanteur sentimentale et sociale sur le destin des personnages qui fait le sel de nos réflexions et de notre admiration pour ces deux couples. Une sortie française à voir et à soutenir.
Sortie le 26 novembre 2008
Mei Zhu et Xiao Lu, un couple divorcé, apprennent que leur petite fille, Hehe, est atteinte d'une leucémie. Seule une greffe pourrait la sauver, et seul un autre enfant né de leur union serait suffisamment compatible pour permettre le don de moelle osseuse. Mais depuis leur séparation, Mei Zhu et Xiao Lu ont refait leur vie chacun de leur côté et cette situation met en péril leurs relations respectives avec Lao Xie, un homme doux et très en retrait, et Dong Fan, une hôtesse de l'air qui aimerait elle aussi un enfant de Xiao Lu.
Une Famille Chinoise (In Love We trust en anglais et Zuo Yue en pinyin) étaye une tendance déjà aperçue chez les autres cinéastes chinois de la sixième génération : celle d'évoquer des sujets sensibles tout gardant une approche populaire afin de candidater à une diffusion en salle sur le territoire chinois.
Wang Xiaoshuai revient donc trois années après Shanghai Dreams, son premier film « officiel » (sorti en Chine), avec un regard croisé sur
les sentiments de deux couples face au destin d'une petite fille atteinte de la leucémie. Ce long métrage, sensible et complexe, développe avec humanité des personnages touchés différemment par ce drame. Mei Zhu, la mère de l'enfant, est face à la mort inéluctable de sa fille si elle ne trouve pas un donneur compatible. Lao Xie, son compagnon et père de substitution de cet enfant, comprend que la survie de cette dernière passe par l'enterrement d'une propre paternité et du rêve doucereux de l'idylle parfaite.Xiao Lu, le vrai père de l'enfant, a depuis refait sa vie avec Dong Fang (interprétée par Yu Nan), et souhaitait faire une croix sur son passé sentimental... mais la vie ne lui laisse guère le choix et il devra prendre des décisions qui mettront en péril son couple au profit de la guérison de son enfant.
Enfin, Dong Fan rêve d'être maman, et ne peut se faire à l'idée d'un nouvel enfant entre son mari et son ex-femme.
Ainsi, ce noyau de sentiments, de responsabilités et de culpabilités, rondement menés par de brillants acteurs et un réalisateur orfèvre, est source d'une richesse cinématographique puissante. Le cinéaste en profite également pour tisser des relations entre la ville, la pollution et les personnages réagissant à un destin qui les dépasse. On avait rarement vu l'urbanité aussi froide, implacable, fataliste où les chantiers plombent la vie quotidienne.Récompensé par un Ours d'Argent à Berlin en 2008 pour son scénario, on y trouve quand même des ficelles d'une autre époque. Pour exemple, ce maudit téléphone qui reste « malencontreusement » allumé est une scène disons.... téléphonée. En effet, dès le début du film,
le réalisateur introduit le défaut de ce téléphone et nous laisse prévoir une excuse scénaristique du plus mauvais goût qui peut jouer, selon les avis, sur la qualité globale de l'oeuvre. Heureusement, cela s'estompe avec une utilisation du téléphone comme élément physique d'oppression et par une quantité importante de scènes très cinématographiques, comme ce plan des hôtesses de l'air (Yu Nan et Tian Yuan) qui partent de chez Lao Xie bagage à la main, ou bien encore ces scènes de dispute et de réconciliation entre Xiao Lu et Dong Fan.En définitive, si l'on peut parfois se surprendre de quelques aléas scénaristiques et d'un manque de « je ne sais quoi », il n'en demeure pas moins une pesanteur sentimentale et sociale sur le destin des personnages qui fait le sel de nos réflexions et de notre admiration pour ces deux couples. Une sortie française à voir et à soutenir.
Damien Paccellieri


















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