mardi 11 novembre 2008

Le Dernier Empereur

Le Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci, 1987
Avec John Lone, Joan Chen, Peter O'Toole

Pékin, 1908. Pu Yi, un enfant de trois ans est enlevé à sa mère, et conduit à la Cité interdite. À la mort de l'impératrice douairière, l'enfant est proclamé Empereur de Chine. Ainsi commence l'incroyable destin de L'empereur Pu Yi. Il connaîtra le pouvoir absolu, la luxure, l'argent, mais aussi la fin de l'Empire, la révolution, la guerre, la prison et l'exil. Il restera à jamais dans l'Histoire comme…Le Dernier Empereur.

Le Dernier Empereur, réalisé par Bernardo Bertolucci (qui réalisera par la suite Little Buddha) est une œuvre dédiée à Pu Yi, la dernière grande figure impériale que notre monde est connu. Le film traite de l'incroyable vécu d'un petit enfant devenu empereur et qui va découvrir la réalité au dehors de la Cité Interdite.

En 1906 naît Pu Yi, petit garçon destiné à devenir le maître d'une nation gigantesque. 1908. Son oncle Guangxu disparaît et Pu Yi est enlevé à sa mère pour monter sur le trône. Il vit alors une jeunesse dorée, avec plusieurs centaines de serviteurs pour le choyer. Empereur à 3 ans, il n'occupe que le siège, car les fonctions sont confiées aux régents du régime impérial. Dans son palais, le petit Pu Yi s'amuse, découvre la vie de ses habitants et ne prête que très peu d'attention aux cérémonies officielles. Il reste encore très attaché à sa mère, mais cela ne durera pas, car les régents n'autoriseront pas à la mère de voir son enfant. En 1912, le régime impérial s'éteint définitivement en Chine par l'abdication de l'empereur. Celui-ci, n'ayant plus de pouvoir à l'extérieur de son palais, laisse se former une république et des années de chaos. L'empereur, encore enfant, est assigné à résider à la Cité Interdite dont il n'est jamais encore sorti. Cette autarcie le coupe de toute réalité extérieure.

Pendant son adolescence, un anglais, Reginald F. Johnston, deviendra alors son éducateur pour lui apprendre la culture occidentale, et une manière de vivre différente de celle d'un empereur. Comprenant le sens de ses responsabilités, de son statut, le jeune Pu Yi a soif de découvrir le monde qui l'entoure au dehors des portes du palais. C'est chose faite en 1924, car par la force, les soldats chinois poussent l'empereur à quitter la Cité Interdite. Dans la même période, il découvre les plaisirs charnels (la polygamie), mais aussi les souffrances dues à son lourd fardeau. De grands changements politiques s'annoncent pour lui : il n'a plus que le nom d'Empereur ; et Pu Yi l'accepte mal. Il cherche la reconnaissance du peuple chinois, mais ne l'aura jamais. Ce peuple s'est délaissé d'un Empereur vivant en autarcie loin de la guerre civile, de la famine et des difficultés économiques qui les frappaient. Quelques années plus tard, le Japon envahit le continent et déclare la guerre au drapeau rouge et or. L'énorme pays encore divisé et peu préparé à la guerre cède facilement du terrain aux Japonais, dont la Mandchourie, région la plus riche de Chine. Pu Yi, déchu de son rôle d'Empereur se jette sur l'occasion pour trahir son pays et demander aux Japonais un titre d'Empereur de Mandchourie, sa région natale. Pourquoi les Japonais auraient-ils besoin de lui ? Ils ont besoin d'hommes chinois pour tenir une région qui n'est pas la leur et l'ancien empereur de Chine est parfait dans cet exercice, car il possède une certaine notoriété. Par ce pacte, le nouvel empereur de Mandchourie sait qu'il sera pourchassé en Chine pour trahison. Mais Pu Yi ne pense déjà plus au passé et se console par son nouveau pouvoir. Seulement, un jour le passé vous rattrape…

Évidemment entre 1934 et 1945 tout ne se passe pas comme prévu, l'axe du mal (Allemagne, Japon, Italie) perd la guerre, et les Soviétiques viennent aider la Chine à se libérer de l'emprise japonaise. Pendant cette décennie, l'Empereur se lance dans une vie de luxure, mais s'aperçoit qu'il n'est guère libre de prendre des décisions, notamment sur l'indépendance de la Mandchourie allant contre l'intérêt nippon. Ainsi, Pu yi commence sérieusement à regretter son pacte. À la perte de la Seconde Guerre mondiale, il sait déjà que les Chinois viendront le chercher. Et c'est ce qu'il arrive en 1945 où Pu Yi est capturé par les alliés russes et remis au gouvernement chinois, communiste depuis. Le verdict tombe : ce sera la prison pour le reste de sa vie. Mais au bout de 14 ans de détention, grâce à sa bonne conduite et son éducation idéologique (un parfait petit communiste), il est libéré par un directeur de prison compréhensif. En 1959, date de sa relaxe, il devient jardinier à Pékin et pose ses mémoires, ses réflexions, ses changements de régime, sa vie personnelle et sentimentale, dans une autobiographie en 1965 (à lire absolument).

C'est en 1967 que le dernier empereur chinois disparaît dans l'indifférence générale et devient une légende pour tous…


Ces quelques bribes de la vie de l'Empereur ne font que refléter la vie exceptionnelle de cette personne, mais aussi l'excellent travail de Bernardo Bertolucci (accompagné par Ning Ying comme assistant-réalisateur) dans ses recherches et son regard précieux sur l'histoire de la Chine. Les difficultés de tournages, notamment pour avoir les autorisations de tourner dans la Cité Interdite, l'ont souvent poussé à tout abandonner, mais la passion fut plus forte. S'éloignant des enjeux commerciaux du film, Bertolucci a pu réaliser l'une des plus grandes épopées du cinéma contemporain. Pour cela, le maitre italien a bénéficié d'un budget aisé qu'il a su utiliser avec flamboyance. En effet, il y a eu pour le Dernier Empereur plus de 19 000 figurants, 9 000 costumes, 270 techniciens appartenant à 6 nations différentes et 2 ans de négociations avec les autorités chinoises pour décider des lieux de tournages…. Mais sa façon de filmer fut très proche de celle d'un documentaire. Il ne chercha pas à embellir l'histoire, mais à rester spectateur d'une époque et d'un peuple qu'il aime. Les acteurs réussissent un tour de force incroyable par une qualité de jeu exceptionnelle (surtout l'empereur : John Lone). Il faut préciser que la plupart des acteurs n'étaient encore que de jeunes pousses d'une grande forêt cinématographique. La composition musicale quant à elle est de toute beauté, signée Ryuichi Sakamoto.

Alors pour être honnête et comme vous l'avez lu, il n'y a pas vraiment d'analyse dans les quelques lignes que vous venez de lire, pour une simple raison : Le Dernier est un film essentiel. C'est un chef d'oeuvre de la cinématographie mondiale, j'en reste encore sous le choc, plus 20 ans après sa sortie. Un long métrage passionnant et intemporel.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 10:38

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Ce site est toujours aussi intéressant, continuez Damien !

Publié par Anonymous Anonyme à 11 novembre 2008 21:08 #
 

Merci pour vos encouragements.
À bientôt,
DP

Publié par Anonymous damien à 11 novembre 2008 22:21 #
 

Bonsoir Damien,

j'ai quelques questions:
je voudrais savoir comment t'envoyer un mail sur le site ?
je voulais savoir si tu avais prévu de rajouter un forum a celui ci ?

un fidèle lecteur du meilleur site sur le cinéma chinois

Publié par Anonymous Philippe à 12 novembre 2008 01:03 #
 

Bonjour Philippe,

Pour le mail: il est inscrit sous les drapeaux chinois et anglais à droite du site. N'hésitez pas à me contacter

Pour le forum, je ne pense pas un ouvrir un, car je n'aurai pas le temps de l'animer. Un forum doit vivre et c'est une mission qui nécessiterait énormément de temps et de personnes.

A très bientôt,
DP

Publié par Blogger damien à 19 novembre 2008 11:59 #
 
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