samedi 15 mars 2008
Shanghai Blues
Shanghai Blues de Tsui Hark, 1984Avec Sylvia Chang, Kenny Bee, Sally Yeh
Une nuit de l'année 1934, les Japonais bombardent Shanghai. Un clown, venant de rendre son nez rouge pour aller rejoindre les rangs de l'armée chinoise, et une jeune femme, se retrouvent dans la foule affolée et se réfugient sous un pont. Ils assistent à l'incendie du nord de la ville, se promettent la victoire et se donnent rendez-vous une fois la guerre gagnée. Dix ans plus tard, ils vont se chercher, se croiser, dans un Shanghai d'après guerre, sans se reconnaître.
En 1984, Tsui Hark vient de fonder avec sa femme sa propre boite de production : Workshop film. Shanghai blues est le premier film produit et... c'est sas conteste une réussite.
Shanghai blues est une comédie à la hauteur des grandes comédies des majors américaines dans les années cinquante.
Au regard du résumé, le film aurait pu terminer en une bluette un peu désuète dans le Shanghai de l'après-guerre ; un couple se cherche, s'aime sur fond de misère, de musique et de réussite, ou bien une comédie rigolote, burlesque comme savent si bien les réaliser les Hongkongais avec leurs propos et triangle amoureux, personnages truculents et grosses blagues. Heureusement, ce n'est pas le cas.
Le film est certes hilarant dans la plus pure veine burlesque, parfois touchant et poétique, mais le génie de Tsui Hark est d'avoir dans le film sut alterner l'un et l'autre, surprenant toujours le spectateur. Ainsi la scène très poétique dans laquelle Kenny Bee joue la nuit sur un toit, du violon, inondant la ville de musique, écoutée avec attention un étage au dessous par Sally Yeh, rêveuse et charmée, se termine abruptement par l'apparition d'une souris qui peu de temps auparavant avait été le prétexte d'une scène délirante en compagnie de Sally Yeh et Sylvia Cha
ng. Ainsi, quand le film pourrait tomber dans le genre sentimental, un événement burlesque vient retourner la situation.
Les scènes comiques ne manquent pas, Sally Yeh en fille un peu perdue dans la grande ville est excellente et elle enchaîne les maladresses (sa rencontre avec Sylvia Chang donne le ton).
Sylvia Chang est également extraordinaire cette actrice est non seulement d'une incroyable beauté, mais aussi douée d'une science du comique qui fait le bonheur du spectateur et hisse le film au niveau d'une grande comédie.
Shanghai blues offre, au spectateur ravi quelques réels moments d'anthologie ; un tango en robe sans fond et une chanson dans un coquillage baignoire, comique et érotique, sur une scène de cabaret avec Sylvia Chang comme artiste ; un quiproquo sur le suicide entre deux jeunes femmes ; une course poursuite entre une souris et les deux héroïnes à mourir de rire ; une scène de cache cache à cinq entre les trois héros et un voleur dans l'appartement de « Dorémi » (Kenny Bee) réalisé comme un ballet... et d'autres offertes par Sally Yeh et ses tribulations de « reine de calendrier » ou par Benny Bee en clown pas vraiment très convaincu, mais très distrait.
Un des intérêts du long métrage réside dans le regard critique que porte Tsui Hark sur la société. Que ce soit caricatural ou non, les sujets ne sont pas anodins. Ainsi, le film commence dans la concession française et l'arrogance de l'occidental en prend un coup, que se soit leur sentiment d'impunité avant le déclenchement de la guerre, que la désinvolture des soldats américains jetant sans un regard de l'argent par terre en 1947.
Les artistes de cabaret, les femmes en particulier, semblent victimes de racketteurs-maquereaux à qui il leur faut acheter leur sécurité. On assiste à deux agressions sur le personnage incarné par Sylvia Chang et ses deux scènes sont très brutales, sans aucun effet comique.
La critique des concours de beauté avec ses « pervers pépères » et l'ingénue Sally Yeh est drôle et très pertinente.
Mais le plus dramatique est sans nul doute le sort réservé aux anciens combattants vainqueurs de l'armée japonaise. Le traitement de ces personnages est comique, ces anciens combattants tombés dans la clochardises sont truculents, survivant et s'épuisant grâce à l'argent qu'ils se font en vendant leur sang à tour de rôle dans les centres de transfusions sanguines (le film date de 1984, l'action se déroule en 1947...Ils se meurent d'anémie à ces époques), héros déchus, oubliés et méprisés, qu'ils soient invalides de guerre ou non.
Tout cela ne peut être qu'anecdotique, mais c'est mal connaître Tsui Hark. Au spectateur alors d'intercepter la dénonciation sous la comédie.
Shanghai blues est un film à ne pas rater, une très belle réalisation de Tsui Hark, qui enchante et fait rire quelques que soit le nombre de fois qu'on le regarde, un moyen certain d'égayer sa journée ou sa soirée, et de se conforter dans l'idée que l'amitié et l'entre-aide sont de merveilleuses qualités.
Shanghai blues sera suivi deux ans plus tard de Pekin Opera blues mettant une fois de plus en scène les tribulations de jeunes femmes, avec Sylvia Chang et Sally Yeh au générique rejointes par Brigitte Lin. Beaucoup louent, à raison, Pekin Opera blues, le préférant à Shanghai blues.
Pourtant ce dernier à ma faveur, car si j'aime Pekin Opera blues, il comporte quelques failles qu'on ne trouve pas dans Shanghai blues, entre autres un burlesque parfois trop théâtral.
Une nuit de l'année 1934, les Japonais bombardent Shanghai. Un clown, venant de rendre son nez rouge pour aller rejoindre les rangs de l'armée chinoise, et une jeune femme, se retrouvent dans la foule affolée et se réfugient sous un pont. Ils assistent à l'incendie du nord de la ville, se promettent la victoire et se donnent rendez-vous une fois la guerre gagnée. Dix ans plus tard, ils vont se chercher, se croiser, dans un Shanghai d'après guerre, sans se reconnaître.
En 1984, Tsui Hark vient de fonder avec sa femme sa propre boite de production : Workshop film. Shanghai blues est le premier film produit et... c'est sas conteste une réussite.
Shanghai blues est une comédie à la hauteur des grandes comédies des majors américaines dans les années cinquante.
Au regard du résumé, le film aurait pu terminer en une bluette un peu désuète dans le Shanghai de l'après-guerre ; un couple se cherche, s'aime sur fond de misère, de musique et de réussite, ou bien une comédie rigolote, burlesque comme savent si bien les réaliser les Hongkongais avec leurs propos et triangle amoureux, personnages truculents et grosses blagues. Heureusement, ce n'est pas le cas.
Le film est certes hilarant dans la plus pure veine burlesque, parfois touchant et poétique, mais le génie de Tsui Hark est d'avoir dans le film sut alterner l'un et l'autre, surprenant toujours le spectateur. Ainsi la scène très poétique dans laquelle Kenny Bee joue la nuit sur un toit, du violon, inondant la ville de musique, écoutée avec attention un étage au dessous par Sally Yeh, rêveuse et charmée, se termine abruptement par l'apparition d'une souris qui peu de temps auparavant avait été le prétexte d'une scène délirante en compagnie de Sally Yeh et Sylvia Cha
ng. Ainsi, quand le film pourrait tomber dans le genre sentimental, un événement burlesque vient retourner la situation.Les scènes comiques ne manquent pas, Sally Yeh en fille un peu perdue dans la grande ville est excellente et elle enchaîne les maladresses (sa rencontre avec Sylvia Chang donne le ton).
Sylvia Chang est également extraordinaire cette actrice est non seulement d'une incroyable beauté, mais aussi douée d'une science du comique qui fait le bonheur du spectateur et hisse le film au niveau d'une grande comédie.
Shanghai blues offre, au spectateur ravi quelques réels moments d'anthologie ; un tango en robe sans fond et une chanson dans un coquillage baignoire, comique et érotique, sur une scène de cabaret avec Sylvia Chang comme artiste ; un quiproquo sur le suicide entre deux jeunes femmes ; une course poursuite entre une souris et les deux héroïnes à mourir de rire ; une scène de cache cache à cinq entre les trois héros et un voleur dans l'appartement de « Dorémi » (Kenny Bee) réalisé comme un ballet... et d'autres offertes par Sally Yeh et ses tribulations de « reine de calendrier » ou par Benny Bee en clown pas vraiment très convaincu, mais très distrait.
Un des intérêts du long métrage réside dans le regard critique que porte Tsui Hark sur la société. Que ce soit caricatural ou non, les sujets ne sont pas anodins. Ainsi, le film commence dans la concession française et l'arrogance de l'occidental en prend un coup, que se soit leur sentiment d'impunité avant le déclenchement de la guerre, que la désinvolture des soldats américains jetant sans un regard de l'argent par terre en 1947.
Les artistes de cabaret, les femmes en particulier, semblent victimes de racketteurs-maquereaux à qui il leur faut acheter leur sécurité. On assiste à deux agressions sur le personnage incarné par Sylvia Chang et ses deux scènes sont très brutales, sans aucun effet comique.
La critique des concours de beauté avec ses « pervers pépères » et l'ingénue Sally Yeh est drôle et très pertinente.

Mais le plus dramatique est sans nul doute le sort réservé aux anciens combattants vainqueurs de l'armée japonaise. Le traitement de ces personnages est comique, ces anciens combattants tombés dans la clochardises sont truculents, survivant et s'épuisant grâce à l'argent qu'ils se font en vendant leur sang à tour de rôle dans les centres de transfusions sanguines (le film date de 1984, l'action se déroule en 1947...Ils se meurent d'anémie à ces époques), héros déchus, oubliés et méprisés, qu'ils soient invalides de guerre ou non.
Tout cela ne peut être qu'anecdotique, mais c'est mal connaître Tsui Hark. Au spectateur alors d'intercepter la dénonciation sous la comédie.
Shanghai blues est un film à ne pas rater, une très belle réalisation de Tsui Hark, qui enchante et fait rire quelques que soit le nombre de fois qu'on le regarde, un moyen certain d'égayer sa journée ou sa soirée, et de se conforter dans l'idée que l'amitié et l'entre-aide sont de merveilleuses qualités.
Shanghai blues sera suivi deux ans plus tard de Pekin Opera blues mettant une fois de plus en scène les tribulations de jeunes femmes, avec Sylvia Chang et Sally Yeh au générique rejointes par Brigitte Lin. Beaucoup louent, à raison, Pekin Opera blues, le préférant à Shanghai blues.Pourtant ce dernier à ma faveur, car si j'aime Pekin Opera blues, il comporte quelques failles qu'on ne trouve pas dans Shanghai blues, entre autres un burlesque parfois trop théâtral.
Anne Grosbon


















Lire ou
<<< Revenir à la page d'accueilEnregistrer un commentaire