mardi 4 mars 2008

FICA Vesoul 2008 : La Chine passe a table

Dimanche 3 février, 14 h 30. Jean Marc Thérouanne lance une table ronde sur le cinéma chinois autour du système productif et des échanges possibles entre la France et la Chine.

Les principaux intervenants étaient :

Jean Marc Thérouanne – Président du Festival de Vesoul
Teresa Kwong – productrice de Hong Kong et directrice du festival de court métrage IFVA, membre du jury NETPAC
Hasichaolu – réalisateur chinois de The Old Barber
Cai Shangjun – réalisateur chinois de The Red Awn
Damien Paccellieri spécialiste du cinéma chinois (chinacinema.fr) et membre du jury NETPAC
Marie Bizais — enseignante de chinois à l'INALCO et traductrice sous titre de films chinois

Stanley Kwan qui devait être également présent eut des obligations festivalières suite à sa nomination de président du Jury international.

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Jean Marc Thérouanne
Teresa, parle-nous de ton dernier projet, une coproduction France-Chine ?

Teresa Kwong
Tout d'abord, je souhaiterais me présenter. Je m'appelle Teresa Kwong, suis Hongkongaise et depuis plus d'une dizaine d'années dans le milieu de la production cinématographique à différente échelle.
Je travaille actuellement au Hong Kong Art Center où j'organise un festival de cout métrages indépendants pour lancer les jeunes réalisateurs. Pour le festival de Vesoul, je participe au jury NETPAC. Je projette de produire le prochain film de Liu Hao par une coproduction Chine-Hong Kong et peut-être française. Nous avons fini le scénario et trouvé un financement à Pusan (Pusan Promotion Plan) tout comme au festival de Sundance. Le thème du film est sur l'amour familial entre enfants et parents. Je pense prioritairement à une production entre Hong Kong et la Chine continentale, mais j'opte également pour une production avec des partenaires étrangers si on m'en donne l'occasion.

Jean Marc Thérouanne
Pourquoi veux-tu un coproducteur français ?

Teresa Kwong
Je souhaite un coproducteur français, car le public français regarde beaucoup de films asiatiques dont les films chinois, souvient bien plus qu'ailleurs.Mais c'est également, et je ne vais pas m'en cacher, parce que la France propose une aide financière par le biais du fonds SUD et du CNC, pour les pays nécessitant encore une aide au développement cinématographique tel que la Chine. Sur le terrain de la production, il n'y a pas beaucoup d'investisseurs étrangers souhaitant aider le cinéma asiatique et plus particulièrement chinois, c'est donc une occasion de travailler avec la France et de concrétiser un projet.

Damien Paccellieri
Je désire apporter une précision sur le fonds SUD. Ce dernier a déjà aidé au financement une dizaine de films chinois dont par exemple Voiture de Luxe de Wang Chao. Les prochaines oeuvres aidées seront le prochain long métrage de Lou Ye (réalisateur d'Une Jeunesse Chinoise, Suzhou River) ou bien encore Guo Xiaolu avec un long métrage intitulé Une Chinoise pour le moment.
Donc effectivement ce fond du Minsitère des Affaires étrangères et du CNC est vraiment essentiel pour aider certaines cinématographies qui n'ont pas tous les moyens de se développer eux mêmes (NDLR: c'est également un moyen pour la France de garder une certaine prééminence dans le cinéma mondial)

Jean-Marc Thérouane
Et je tiens à rajouter que si le Festival de Vesoul vient maintenant de passer, pour ce qui est de l'aide de l'État, au CNC, c'est parce que justement, on parle de ces cinématographies dites du Sud, et notre dossier sera désormais rattaché et suivi par son service des affaires culturelles. La France fait en effet énormément pour les cinématographies des pays autres que français.

Damien Paccellieri
Et en échange, les réalisateurs chinois viennent en France pour faire la postproduction des films, car, comme on les aide financièrement, ils viennent ici dépenser une partie de cette aide.

Jean-Marc Thérouane
Peux-tu nous décrire ce qu'est un producteur ? Comment trouves-tu les financements ?

Teresa Wong
D'un coté, le réalisateur s'occupe du scénario, de la mise en scène et de l'autre le producteur fait le reste : trouver les financements, le distributeur...en définitive, faire tout son possible pour que le film trouve la plus grande audience possible. Par exemple, pour le film de Liu Hao, l'histoire se passe à Pékin, donc c'est le travail du producteur de faire que cette histoire soit bien reçue et comprise par les spectateurs occidentaux.
À présent, tout le monde s'intéresse à la question du financement des films chinois. Il y a seulement quelques structures permettant de trouver des partenaires financiers ; ce sont les marchés du film, que l'on trouve aussi bien à Rotterdam qu'à Pusan, et Hong Kong. On peut y présenter un projet sans que rien ne soit commencé. Ce genre de structure permet ainsi à un projet sans financement de rencontrer des étrangers qui peuvent être désireux de travailler main dans la main, et c'est très important pour les producteurs chinois.

Il y a aussi des festivals qui allouent des fonds pour investir dans les films asiatiques. Par exemple, dans la compétition, le film tadjik Boz Salkin a profité de ces fonds, notamment celui de Götteborg.

Jean-Marc Thérouane
Tu nous as parlé du financement par les marchés du film. Comme tu viens de Hong-Kong, peux-tu nous en dire plus sur le Hong-Kong Film Market ?

Teresa Kwong
Tous les ans, au mois de mars, un salon professionnel est organisé sur la production cinématographique. Ce salon est constitué de plusieurs ateliers thématiques : la production de court métrage, les financements panasiatiques, etc... au total cela représente plus de 8 ateliers.
Pusan lui ressemble beaucoup, où des personnes avec des projets peuvent se présenter et tenter de trouver des partenaires financiers. Le Film Market a déjà 10 ans ; c'est un lieu unique où les films chinois, asiatiques et même les séries télévisées cherchent des investisseurs. Toutes les productions ont un stand et peuvent recevoir des professionnels pour énoncer de futurs partenariats.

Jean-Marc Thérouane
Passons à un exemple de coproduction de film entre la Chine et la France avec Cheng Xiao-xing. Comment as-tu fait pour produire les Enfants bananes et comment l'as-tu vendu à France 3 ?

Cheng Xiao-xing
Bonjour, je suis Cheng Xiao-xing. Je présente cette année un film à Vesoul dans la section documentaire, qui s'intitule les Enfants bananes. Il dure 52 minutes ; c'est mon troisième documentaire. Je vais parler un peu de mon parcours pour mieux comprendre la production de ce film. J'ai fait l'école du cinéma à Pékin dans les années 90 et j'ai continué mes études à Paris 8 ainsi qu'au Fresnoy, à Lille me permettant de tourner deux courts-métrages avec des subventions de l'État.
À la sortie de l'école, j'ai commencé à tourner des documentaires en autoproduction, dont deux qui ont été sélectionnés au Festival Cinéma du réel à Paris. J'ai rencontré par la suite Anna Glokowski, qui travaillait à France 3 et qui s'engageait dans divers projets. À l'époque, je pensais au projet Enfants bananes, qui avait pour cadre un voyage linguistique dans des villes chinoises pour de jeunes Parisiens issus de parents chinois. J'étais parti faire du repérage lors de ce voyage linguistique qui eut lieu à Pékin en 2006, à la suite duquel j'ai présenté une sélection d'images et un projet écrit à France 3 qui était d'accord pour me suivre dans cette aventure.

Ensuite une autre production nous a rejoint : Les Films d'ici, en la personne de Serge Lalou, qui a participé au financement du film. Nous avons également eu le soutien du CNC, ainsi que de deux autres organisations. C'est la première fois que j'ai pu passer de l'autoproduction vers quelque chose de plus confortable, dans la logique de l'industrie, avec des investissements avant le tournage et la postproduction du film. Je pense toutefois que c'est un cas un pe
u particulier, car c'est avec la télévision, qui est un guichet très important pour les documentaires.

Jean-Marc Thérouane
Est-ce que tu penses que t'imposer un format 52 minutes peut altérer la façon dont tu voulais faire le documentaire ?

Cheng Xiao-xing
Évidemment, ce sont des contraintes. Ce formatage 26, 52 minutes ou 1 h 30 pour que le film puisse passer à la télévision est le seul format possible actuellement. Mais est-ce que cette contrainte nuit à la création ? Je ne pense pas. Il y a vraiment un espace de liberté dans le choix des personnages, la façon de mener le récit, qui est plus important pour moi que la question de durée.

Je peux de là venir en complément à ce que disait Teresa par rapport au rôle du producteur. C'est quelqu'un avec lequel on peut avoir une discussion franche. Souvent, dans le cadre d'une autoproduction, on se sent seul, on doit gérer à la fois la partie artistique, la logistique et le financement.
Sans avis professionnel comme celui du producteur, il est difficile d'avoir une idée claire avec tant de charges de travail.
J'ai eu dans mon cas la chance de pouvoir parler avec mon producteur. C'est quelqu'un d'expérimenté, qui a produit beaucoup de projets indépendants, avec des contraintes de formatages et d'édition. Je retire beaucoup de bénéfice de cette expérience.

Damien Paccellieri
Je pense qu'il serait intéressant de continuer la discussion sur le travail de production avec les deux réalisateurs chinois afin de savoir s'ils ont pu bénéficier de fonds privés et de la manière dont ils perçoivent cette question de production. Comment sont-ils aidés ? Quelles sont leurs contraintes ?

Hasichaolu
En Chine, en général cela se passe ainsi : le réalisateur forge son projet et prend son scénario pour chercher des financements. Les studios de films investissent très peu dans la production si ce n'est China Film Group et Shanghai Film Group. Ces derniers préfèrent investir dans les films commerciaux. Les réalisateurs chinois font ainsi beaucoup de choses : ils cherchent des financements, tournent des films, et vont vendre leur film. Ce n'est pas vraiment leur travail. Ils ne peuvent pas se consacrer à 100 % à leurs films.Pour les réalisateurs chinois déjà connus, c'est bien plus facile, les producteurs veulent investir dans leurs films.

Nous savions que les pays comme la France avaient des fonds pour financer nos films, mais nous n'avions pas de relations, ni les moyens de contacter des personnes susceptibles de nous aider. J'espère qu'on aura l'occasion d'avoir accès aux fonds français, car la situation actuelle fait que nous portons la responsabilité d'un travail qui ne nous incombe pas directement.

Cai Shangjun
En Chine, ces deux dernières années, il y a eu du changement ; de plus en plus de professionnels souhaitent investir dans la production cinématographique. Pour les jeunes réalisateurs, c'est plus facile de trouver des financements qu'autrefois. L'argent n'est plus, je pense, le problème principal pour les films chinois. C'est maintenant de faire connaître les films chinois à l'étranger. C'est très difficile pour les films chinois d'aller sur ces marchés.
Et dans ce cas, le travail est énorme. Les réalisateurs comme Jia Zhang-ke, qui ont réussi à distribuer leurs films à l'étranger, sont des cas isolés. Il y a en plus aujourd'hui une sorte de quiproquo qui vise les jeunes réalisateurs chinois. En effet, le public pense que ces cinéastes tournent des films uniquement pour les proposer à des festivals internationaux. Mais ils n'ont pas le choix ! En Chine, il n'y a pas encore de système de distribution équitable pour les films petite et moyenne production. Nous serions très heureux que le public chinois puisse nous regarder. C'est donc un énorme paradoxe.

Nous avons besoin d'avantages de producteurs professionnels comme Teresa Kwong. J'ai eu l'occasion de collaborer avec un producteur américain dont le réseau professionnel était incroyable. Les festivals comme le FICA de Vesoul sont pour les films chinois un lieu important d'accostage. Quand le film est achevé, il passe de « port » en « port » grâce au capitaine de bord, le producteur. C'est donc très important d'avoir des producteurs professionnels, car ils connaissent les moyens de faire la promotion du film et de trouver les financements, tout comme de gérer ces derniers. Il ne suffit pas d'avoir de l'argent, il faut aussi le gérer.

Damien Paccellieri
À titre indicatif, pouvez-vous nous dire quel a été le coût de vos films et comment vivent les réalisateurs chinois ? Est-ce qu'ils doivent se diriger vers la télévision ? Comment vit leur équipe ?

Hasichaolu
Les deux films ont eu besoin d'un investissement d'environ 200 000 €. En Chine, c'est très difficile de faire appel à la télévision. Lorsqu'on manque de financement, on fait appel à des amis. Il n'y a pas de structure pour subvenir aux films. En Chine, pour tourner un film, on a un budget, et on fait tout pour finir le film avec ce budget, sans le dépasser.
Pour un projet demandant un petit financement, l'argent n'est pas un problème. L'important c'est d'avoir un scnérario solide. Les jeunes réalisateurs ne cherchent pas à trouver beaucoup d'argent pour vivre ; pour eux, le plus important est d'avoir l'opportunité de tourner un film. Dans mon cas, c'est un peu spécial ; je dois chercher de l'argent moi-même et je fais également le travail de distributeur, de scénariste donc parfois j'ai encore plus d'argent que ce dont j'ai besoin. Mais je ne suis pas producteur professionnel, je n'ai pas de contact avec les distributeurs et festivals étrangers.

Jean-Marc Thérouane
Quel a été le rôle de l'ambassade de France en Chine ?

Cai Shangjun
Je connais le nouveau responsable du cinéma à l'ambassade de France à Pékin. Quand j'étais encore étudiant, j'allais souvent à l'ambassade de France pour regarder les films français. J'ai entendu dire qu'il y avait des aides de l'ambassade de France pour les films chinois ; Wang Chao avait reçu une aide de l'ambassade. À la dernière étape du tournage, il avait envoyé son alter-négatif en France, où il fut développé. Ensuite, il put présenter son film à différents festivals en France.
L'année dernière, Christian Jeune est allé à l'ambassade de France pour une soirée à laquelle des réalisateurs chinois ont été conviés. Il y avait aussi Isabelle Glachant qui a beaucoup fait pour les films chinois. Donc, on espère qu'il y aura de plus en plus de professionnels comme elle. En Chine, il y a de plus en plus de films avec très peu de financement ; ce sont de très bons films malgré tout, ils ne peuvent pas se faire connaître du public étranger.


Hasichaolu
C'est la première fois que je viens en France et je fais la connaissance de beaucoup d'acteurs du monde du cinéma ; j'espère que ces personnes pourront recommander ou présenter des films chinois aux spectateurs européens. Je suis très content de cette occasion. Je pense que l'Europe et plus particulièrement la France est un pays où le public apprécie beaucoup les films d'auteur. J'espère que vous allez continuer ce bon travail.

Un journaliste
À propos du piratage, je voulais savoir si vos oeuvres sont handicapées ou victime d'une diffusion pirate. Aussi, utilisez-vous internet pour faire connaître vos oeuvres ?

Cai Shangjun
C'est paradoxal. En Chine, on déteste le piratage tout comme on l'aime. On le déteste, car on voudrait protéger nos droits d'auteurs.Mias on le tolère, car sans le piratage, nos films ne seraient pas connus. C'est très difficile pour les films d'auteur d'être projetés dans les salles.

Damien Paccellieri
Je voulais rajouter que Sheng Zhimin, venu l'année dernière pour présenter son film Bliss, est exclusivement connu grâce aux DVD pirates.
Sans le piratage, les Chinois ne verraient pas ses oeuvres. C'est donc une lame à double tranchant, car les droits cinématographiques ne sont pas protégés, mais c'est un biais pour les films indépendants de se faire connaître. Et il faut savoir que si vous allez dans certains quartiers de Pékin, en bas de votre immeuble, vous trouverez des gens qui vendent dans leurs cartons beaucoup de DVD pirates à 5 yuan (0,50 €). Ce n'est peut-être pas la meilleure des façons, mais c'est tout de même indispensable.

C'est intéressant également de savoir certains chiffres clés du cinéma chinois. En 2006, 330 films ont été produits. En 2007, on sera certainement à plus de 400. La Chine est devenue un des principaux pays en matière de production. Mais les films indépendants ne sont pas comptabilisés. Par exemple, un réalisateur comme Cui Zi'en, qui fait des films sur l'homosexualité, n'est pas comptabilisé.

Marie Bizais
Il faudrait également ajouter que pour tourner, il faut avoir un droit de tournage, et demander à une entité gouvernementale. Même sans cet accord, il y a un certain nombre de réalisateurs chinois qui tournent leur film,et ils ne seront pas comptabilisés dans le nombre de films reconnus officiellement par la Chine. Et il y en a beaucoup.

Jean-Marc Thérouane
Et toi Marie, comment en es-tu venue à sous-titrer des films chinois ?

Marie Bizais
Pour ma part, j'étais sur Pékin. J'ai un ami, qui s'appelle He Jianjun, qui a réalisé le film Postman, connu en France pour être passé dans un ou deux festivals, et sur Arte. Il a réalisé un autre film, Butterfly Smile, qui est typiquement l'exemple de ce que je disais auparavant, à savoir un film qui a mis très longtemps à pouvoir sortir puisque son autorisation de tournage a été très longue à obtenir, passant devant plusieurs commissions avant d'avoir le droit de diffusion. Chaque commission était différente donc chacune lui demandait de changer quelque chose. Il mit un an avant d'avoir une version finale de son film. Je l'ai vu une fois, car il faisait partie de mon réseau d'ami ; il avait commencé à le faire traduire et m'a dit qu'il avait des problèmes de traduction. Donc, j'ai réalisé le sous-titrage, qui a ensuite été confié à un studio pour être appliqué sur les images.
Puis il a fait un autre long métrage pour lequel il n'a pas demandé d'autorisation puisque c'était un film sur les versions pirates de DVD et sur une relation sexuelle passionnelle entre deux personnes.

Teresa Kwong
Je voudrais savoir combien de films chinois sont passés sur les écrans français l'année dernière. Pourquoi vous intéressez-vous particulièrement au cinéma chinois ? Quel genre de film vous intéresse ?

Damien Paccellieri
L'année dernière, je crois qu'il y a eu 4 ou 5 films chinois projetés sur les écrans français. En général, les films chinois sont d'abord ceux qui ont été aidés par le CNC et le Fond Sud, un raisonnement logique : comme on les finance, on les présente en France. Les films primés dans les festivals internationaux sont également projetés puisqu'ils s'attirent la confiance des distributeurs, comme Le Mariage de Tuya (Ours d'or) ou Still Life (Lion d'or)...

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La table ronde s'est achevée sur ces paroles, une heure après son commencement. Nous n'avons pas pu entamer un débat autour des questions du public, car le jury dont je faisais partie avait des impératifs suite à la projection de films en compétition.

Damien Paccellieri

Cliquer pout voir un article de journal paru dans l'excellent Est Républicain, suite à cette conférence (3Mo)


Publié par damien à 11:57

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