vendredi 1 février 2008

FICA Vesoul 2008 - Mercredi 30 et Jeudi 31 janvier

Vesoul, c’est vivre en famille, et si vous avez lu mon billet sur l’édition 2007, vous devez le savoir. C’est une expérience rare que l’on retrouve rarement dans les autres festivals. Cette chaleur amicale est d’abord le fruit de ceux qui ont lancé ce festival, à savoir le couple Thérouanne. La proximité avec les différents intervenants est très appréciable, il n’y a pas de communauté, c’est une véritable leçon de vivre ensemble dans le domaine du monde cinématographique.

Durant ces deux jours, mercredi et jeudi, j’ai eu l’occasion de voir de nombreux films qui ne cessent de m’enrichir et d’ouvrir mon regard sur le monde et particulièrement sur l’Asie, continent cher à notre cœur.

Parmi ces longs métrages, Boz Salkyn, sur la situation du rapt des femmes kirghiz, traités par une tragi-comédie, est une très belle surprise. Mais ce n’est pas tout, le FICAV 2008 (avec le V de Vesoul) est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir la filmographie de Stanley Kwan, l’un des ardents défenseurs de la cause homosexuelle dans le cinéma chinois et surtout l’un des plus intéressants réalisateurs de Hong Kong. Pour ne citer que quelques films dans sa carrière, je conseillerais Rouge ou bien encore Lan Yu, deux films indispensables à tout cinéphile de la Chine et de Hong Kong.

Stanley Kwan est d’une sympathie et d’une humilité rare, à travers ses gestes, ses regards et sa caméra bien entendu il est capable à l’écran comme dans le cadre privé de transmettre sa générosité et ses réflexions.
Hold You Tight, l’un de ses films projetés dans le cinéma Majestic, établissement hôte du festival, est un long métrage assumant dûment sa sexualité, sa sentimentalité et sa part de rêve, d’éphémère et de conceptuel. L’avis est alors forcément tranché, on aime ou son contraire, mais on ne part pas sans garder quelques souvenirs bien ancrés.

L’Iran tout comme la Syrie se dévoilent également avec respectivement, un long métrage artistique piochant du côté de Tarkovski où trois gardes frontières désertent leurs postes et se perdent dans la neige et avec pour Damas, surnomée le paradis sur terre, un documentaire des plus convaincants sur certaines tranches de vie des syriens par le prisme des chauffeurs de taxi.

Finalement ce billet n’est que le reflet de la générosité de ces cinémas d’Asie, qui, grâce au FICA, permettent de nous sensibiliser d’avantages aux réalités du monde et à ne plus être esclave de nos préjugés. En cela, Vesoul est porteur d’un grand espoir, celui d’une plus grande fraternité entre les peuples, car on le sait tous, connaître « l’autre » ce n’est plus en avoir peur.
Damien Paccellieri

Publié par damien à 18:05

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