lundi 11 février 2008

FICA Vesoul 2008 - Dimanche 3 fevrier

Le jour du Seigneur est toujours le plus important de la semaine festivalière à Vesoul.
C’est le jour des tables rondes, des conférences de presse et d’un repas dominical où tous les invités du festival se retrouvent sous la bambouseraie pour déguster les merveilles d’un traiteur exceptionnel en cette année 2008.
Ainsi, à la table de Stanley avec les autres réalisateurs chinois, nous discutons de cette formidable épopée qu’a été le long chemin emprunté par les Thérouanne pour faire de ce festival l’un des plus importants de France. Comme le dira si bien le maire-député de la ville, Vesoul a acquis une considération par cet évènement culturel laissant un peu de côté cette phrase toute en légèreté de Jacques Brel sur la Nice de l’Est.

Dès 14 h, juste après avoir fini le dessert, la bambouseraie se vide progressivement pour laisser place à une table ronde autour du cinéma chinois.
Jean Marc Thérouanne est à l’initiative de cette formidable idée qui attire une trentaine de personnes. Les intervenants sont nombreux : Cai Shangjun, Hasichaolu, Teresa Kwong et moi-même pour enfin parler de ce cinéma qui mériterait tellement plus d’attention. La discussion se noue autour de l’appareil productif du septième art chinois, du travail de producteur, comme celui de réalisateur notamment pour les plus jeunes d’entre eux, à la recherche de partenaires financiers.
Le public ici présent fait la connaissance de nombreux éléments techniques et professionnels de ce cinéma comme le coût d’un long métrage, le nombre de films produits par année, et si l’on peut dire, de la santé du cinéma chinois en général.
On remarque alors que les réalisateurs chinois portent une très grande attention aux différentes aides internationales telles que le Fond Sud ou les fonds de certains festivals.


Malheureusement, la conférence s’écourte au profit des séances en salles puisque les membres des différents jurys doivent s’absenter pour aller voir des longs métrages programmés en sélection. Parmi ces films, Trois Mères de Dina Zvi, constat d’un échec sur la vie de trois sœurs devenues mères par la suite avec leurs immuables secrets.
Le soir, le Martinet d’Abai Kulbai, dont notre Eugénie nationale en a aidé l’accouchement, dévoile un Kazakhstan loin de ces cartes postales ou de la paupérisation rurale que l’on aime tellement montre en Occident. Place ici à la vie d’une fille aux allures de garçons manquées, au destin fracturé par les difficultés familiales et sociales, par l’âpreté de la vie. Si l’on perçoit encore des faiblesses dans le montage et sur certaines inspirations, le contexte est des plus intéressants et pourrait amener son réalisateur à marquer de son sceau le cinéma de ce pays dont connaît si peu de choses.
On retiendra du Martinet, les yeux ambre de l’actrice principale, un regard symbolique et envoûtant.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 11:24

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