dimanche 30 septembre 2007
San Mao, le Vagabond
San Mao, le Vagabond de Yang Gong et Zhao Ming, 1949Avec Wang Longji, Guan Hongda, Lin Zhen
Un jeune enfant des rues de Shanghai côtoie la misère et la faim. Sans famille et face à une société immorale, San Mao est tour à tour exploité, humilié, puis vendu à d’autres. Mais notre jeune compagnon gardera son honnêteté et son regard d’enfant…
Présenté à la Cinémathèque française dans le cadre du cycle Shanghai des années 30 et 40, San Mao, le Vagabond est un long métrage culte de la fin des années 40 qui connut une vie très difficile. En effet, tiré des célèbres manhuas de Zhang Leping, et devenu est un personnage clé de la Chine des années 30 et le restera les décennies suivantes.
Réalisé en 1948, la production manquait de fonds pour terminer ce projet ; alors de nombreuses stars shanghaiennes de l’époque se proposèrent pour apparaître en guest star et donner ainsi du crédit à ce projet.
Finalisé en 1949 avec l’arrivée du communisme au pouvoir, le long métrage s’est retrouvé malheureusement face à Jiang Qiang, la célèbre femme de Mao et chercheuse de poux dans la tête de tous les cinéastes chinois de l’époque.
Il sera décider de sceller ce long métrage de nombreuses années, sanction punitive pour avoir donné l’image d’une Chine faite de misérables gens. Mais avec l’ouverture de la Chine après la révolution culturelle, le public redécouvrira ce film.
San Mao, le vagabond nou
s conte de manière enfantine, l’épopée d’un jeune garçon de la rue, avec pour seuls habits des gilets de pailles et cherchant à s’en sortir sans jamais se morfondre sur sa situation. Avec ses trois poils sur la tête et son caractère de cochon, San Mao se promène dans les rues d’une ville devenue depuis les années 30, le Paris de l’Orient, entre concessions étrangères et cabarets luxueux. Seulement cette beauté n’est qu’une vitrine et cache les nombreuses victimes des luttes incessantes avec les japonais de 1937 à 1945 puis entre frères chinois de 1945 à 1949.
San Mao, sans un sous dans les poche, dévore des yeux de belles brioches fourrées à la viande, tout en rêvant d’un bon repas, chose qu’il n’a pu avoir depuis de nombreux jours.
Pour survivre, il cherche de la nourriture là où il peut en trouver : dans de vieilles casseroles à l’abandon, dans des poubelles et même au sol s’il le faut comme lorsqu’un vieil homme jette de la nourriture à son chien.
Dans ce combat de tous les jours, le jeune San Mao se rend compte de l’importance d’un emploi pour espérer s’offrir un bon repas. Il essaye alors plusieurs petits boulots comme vendeur de journaux, ramasseur de mégots de cigarettes, en vain. Ce Rémi sans Famille chinois rencontre par la suite d’autres jeunes comme lui, organisés en bande pour pousser les nombreux cyclo de la ville. Avec ses nouveaux amis, San Mao va vivre de nouvelles aventures et nous ouvrira les yeux sur la condition des misérables de Shanghai…
Grande comédie chinoi
se alimentée de réflexions sociétales, San Mao, le Vagabond est certainement l’un des plus accessibles longs métrages du vieux cinéma chinois. Conçu pour les enfants et avec des enfants dans les rôles principaux, c’est aussi l’une des œuvres qui clôture la grande histoire du cinéma de Shanghai qui bascule ensuite vers un cinéma tout autre.
Sous ses aspects de caricature vivante, San Mao est en quelque sorte le petit frère du Kid de Chaplin, référence à cette comédie des plus simples et universels sur le thème de l’enfance doté d’un regard critique sur ce qui l’entoure.
Honnête au possible, San Mao croise sur sa route toute une palette de personnages crapuleux : un mafioso entretenant un réseau d’enfants travailleurs, de pickpocket et de voleur de tissus, mais aussi une vieille femme sans héritier qui achète le pauvre San Mao sur le trottoir pour en faire un poupée vivante dans une maison bourgeoise.
Par ces rencontres, le jeune garçon nous laisse entrevoir toutes les difficultés sociales du Shanghai de ces années sous l’occupation japonaise mais il nous laisse aussi les zygomatiques épuisées de ses nombreuses malices et farces.
On se surprendra ainsi à constater un San Mao en mannequin dans un magasin de vêtements pour échapper à ses poursuivants, ou à le voir semer la zizanie lors d’une « party » chez ses nouveaux parents, tout comme son défilé protestataire de tous les enfants pauvres du quartier. C’est assurément ces moments de légèreté qui permettent au film de garder une trame stimulante, sans jamais faiblir un instant, chose rare dans les vieux films d’époque. On restera cependant quelque peu stupéfait par la clôture du long métrage, véritable ode au communisme, libérant le peuple de ses souffrances en 1949 et laissant à San Mao la chance de danser auprès du défilé à la gloire de Zhu De et Mao. Ainsi si San Mao, le Vagabond est porteur d’un sujet social très dense, il reste à la portée de tous, des petits comme des plus grands. Un délice cinématographique à prolonger par la lecture très interessante des manhuas du personnage.
Un jeune enfant des rues de Shanghai côtoie la misère et la faim. Sans famille et face à une société immorale, San Mao est tour à tour exploité, humilié, puis vendu à d’autres. Mais notre jeune compagnon gardera son honnêteté et son regard d’enfant…
Présenté à la Cinémathèque française dans le cadre du cycle Shanghai des années 30 et 40, San Mao, le Vagabond est un long métrage culte de la fin des années 40 qui connut une vie très difficile. En effet, tiré des célèbres manhuas de Zhang Leping, et devenu est un personnage clé de la Chine des années 30 et le restera les décennies suivantes.
Réalisé en 1948, la production manquait de fonds pour terminer ce projet ; alors de nombreuses stars shanghaiennes de l’époque se proposèrent pour apparaître en guest star et donner ainsi du crédit à ce projet.
Finalisé en 1949 avec l’arrivée du communisme au pouvoir, le long métrage s’est retrouvé malheureusement face à Jiang Qiang, la célèbre femme de Mao et chercheuse de poux dans la tête de tous les cinéastes chinois de l’époque.
Il sera décider de sceller ce long métrage de nombreuses années, sanction punitive pour avoir donné l’image d’une Chine faite de misérables gens. Mais avec l’ouverture de la Chine après la révolution culturelle, le public redécouvrira ce film.
San Mao, le vagabond nou
s conte de manière enfantine, l’épopée d’un jeune garçon de la rue, avec pour seuls habits des gilets de pailles et cherchant à s’en sortir sans jamais se morfondre sur sa situation. Avec ses trois poils sur la tête et son caractère de cochon, San Mao se promène dans les rues d’une ville devenue depuis les années 30, le Paris de l’Orient, entre concessions étrangères et cabarets luxueux. Seulement cette beauté n’est qu’une vitrine et cache les nombreuses victimes des luttes incessantes avec les japonais de 1937 à 1945 puis entre frères chinois de 1945 à 1949.San Mao, sans un sous dans les poche, dévore des yeux de belles brioches fourrées à la viande, tout en rêvant d’un bon repas, chose qu’il n’a pu avoir depuis de nombreux jours.
Pour survivre, il cherche de la nourriture là où il peut en trouver : dans de vieilles casseroles à l’abandon, dans des poubelles et même au sol s’il le faut comme lorsqu’un vieil homme jette de la nourriture à son chien.
Dans ce combat de tous les jours, le jeune San Mao se rend compte de l’importance d’un emploi pour espérer s’offrir un bon repas. Il essaye alors plusieurs petits boulots comme vendeur de journaux, ramasseur de mégots de cigarettes, en vain. Ce Rémi sans Famille chinois rencontre par la suite d’autres jeunes comme lui, organisés en bande pour pousser les nombreux cyclo de la ville. Avec ses nouveaux amis, San Mao va vivre de nouvelles aventures et nous ouvrira les yeux sur la condition des misérables de Shanghai…
Grande comédie chinoi
se alimentée de réflexions sociétales, San Mao, le Vagabond est certainement l’un des plus accessibles longs métrages du vieux cinéma chinois. Conçu pour les enfants et avec des enfants dans les rôles principaux, c’est aussi l’une des œuvres qui clôture la grande histoire du cinéma de Shanghai qui bascule ensuite vers un cinéma tout autre.Sous ses aspects de caricature vivante, San Mao est en quelque sorte le petit frère du Kid de Chaplin, référence à cette comédie des plus simples et universels sur le thème de l’enfance doté d’un regard critique sur ce qui l’entoure.
Honnête au possible, San Mao croise sur sa route toute une palette de personnages crapuleux : un mafioso entretenant un réseau d’enfants travailleurs, de pickpocket et de voleur de tissus, mais aussi une vieille femme sans héritier qui achète le pauvre San Mao sur le trottoir pour en faire un poupée vivante dans une maison bourgeoise.
Par ces rencontres, le jeune garçon nous laisse entrevoir toutes les difficultés sociales du Shanghai de ces années sous l’occupation japonaise mais il nous laisse aussi les zygomatiques épuisées de ses nombreuses malices et farces.
On se surprendra ainsi à constater un San Mao en mannequin dans un magasin de vêtements pour échapper à ses poursuivants, ou à le voir semer la zizanie lors d’une « party » chez ses nouveaux parents, tout comme son défilé protestataire de tous les enfants pauvres du quartier. C’est assurément ces moments de légèreté qui permettent au film de garder une trame stimulante, sans jamais faiblir un instant, chose rare dans les vieux films d’époque. On restera cependant quelque peu stupéfait par la clôture du long métrage, véritable ode au communisme, libérant le peuple de ses souffrances en 1949 et laissant à San Mao la chance de danser auprès du défilé à la gloire de Zhu De et Mao. Ainsi si San Mao, le Vagabond est porteur d’un sujet social très dense, il reste à la portée de tous, des petits comme des plus grands. Un délice cinématographique à prolonger par la lecture très interessante des manhuas du personnage.Damien Paccellieri
mercredi 26 septembre 2007
Dix Mille Foyers de Lumiere
Dix Mille Foyers de Lumière de Shen Fu, 1948Avec Lan Ma, Wu Yin, Shangguan Yunzhu
Présenté en ouverture du cycle de Shanghai des années 30 et 40 à la Cinémathèque française, Dix Mille Foyers de Lumière nous présente Hu Zhiqing et toutes les difficultés qu’il va connaître en compagnie de sa famille.
Zhiqing travaille dans une entreprise réputé de Shanghai et gagne honorablement sa vie mais les temps sont difficiles, le prix des matières indispensables à la vie quotidienne ne cesse d’augmenter. Avec sa femme et sa fille Ni Ni, le quotidien est toutefois assez agréable dans leur petite maison louée. Malheureusement dans la campagne chinoise, la situation n’est pas aussi belle qu’en ville : la pauvreté et les blessures de guerre empoisonnent encore la vie des ruraux.
D’ailleurs la maman de Zhiqing ainsi que toute sa famille souhaitent s’installer à Shanghai pour tenter de subvenir un peu mieux à leurs besoins insatisfaits.
Cependant Youlan, la femme de Zhiqing n’est pas favorable à la venue de sa belle mère. En pleine période de grossesse, Youlan préfère envoyer de temps à autre de l’argent et éviter leur arrivée dans leur modeste logement.
Mais il est trop tard, la maman de Zhiqing est déjà en chemin.
Zhiqing fait donc de son mieux pour l’accueillir avec le reste de sa famille : son deuxième fils, la femme de son deuxième fils et leur enfant. C’est à ce moment que la situation sociale et professionnelle de Zhiqing se détériore, à commencer par la perte de son emploi. Il hypothèque alors ses biens pour payer nourritures et loyers. Difficile ainsi d’assurer le train de vie d’une grande famille désormais réunit…
Datant de la dernière années avec 1949 où Shanghai constituait le cœur du cinéma chinois, Dix Mille Foyer de Lumière relate, comme de nombreuses œuvres de l’époque, des difficultés économiques de la Chine (1945 : sortie partielle de la guerre avec le Japon, 1945-1949 : guerre fratricide entre le Guomindang et le Parti Communiste) pour toute une frange de la population comme Zhiqing qui ne peut malheureusement faire face à ce chaos qui emporte avec lui de nombreuses familles.
Longtemps Shanghai occupera le statut de ville meurtrit car les communistes y voient l’incarnation de la déchéance et du déshonneur de la Chine, métropole aux concessions étrangères, mode de vie à l’occidental, bastion d’un capitalisme débridé.
La ville restera en porte à f
aux jusqu’à la nomination de Jiang Zemin à la mairie puis bien des années plus tard à son accès aux magistratures suprêmes, favorisant alors le développement de la métropole et la choisissant comme berceau de la nouvelle économie chinoise (même si Deng Xiaoping y faisait déjà allusion). Mais revenons à l’époque du long métrage. Le réalisateur Shen Fu fait de son film une œuvre capitonnée, un vase clos dans le cadre du foyer familial et du lieu de travail, sans jamais se risquer à sortir si ce n’est pour montrer l’industrialisation de Shanghai ou la vitalité d’une cité encore aux abois.
Si le film risque de lasser en surexposant un misérabilisme omniprésent, Shen Fu exploite parfaitement le monde du travail et les relations professionnelles afin de laisser respirer sa structure narrative.
Avec la perte de son emploi, la tension entre Zhiqing et Youlan est de plus en plus palpable jusqu’à alterner le caractère pourtant si gentille (même les si les traits du visage sont parfois trop tirés) de cette dernière.
De toutes ces pérégrinations où la grand-mère, clé de voûte de la famille, apporte au long métrage une sensibilité et une force de caractère essentielles, le réalisateur en tire de nombreux essais techniques : bascule de la caméra, jeux de plans renforçant le pathos de la situation sociale de Zhiqing, superposition d’images avec la thématique du cadenas, plan de foule avec la rixe dans le bus, clin d’œil avec le chat, spectateur et victime des aléas de la vie, …en résumé, des essais convaincants pour la plupart même si on dénote parfois une trop grande légèreté dans leurs utilisations.
Enfin, si certains chapitres familiaux et humoristiques sont également réussis, on regrettera toutefois le consensualisme du long métrage étayé par un message de fin paradoxal, se résumant à « c’est l’époque qui veut ça ».
On a bien envie de dire à Shen Fu qu’avec tout ce que cette famille a enduré, les raisons sont bien plus perplexes. Mais le réalisateur n’en fait pas son cheval de bataille, dommage.
Ainsi Dix Mille Foyers de Lumière n’est peut être pas une œuvre essentielle du cinéma chinois mais s’avère très enrichissante et doté d’une prestation d’acteur exemplaire. Un film très représentatif de cette fin de règne du cinéma de Shanghai.
Présenté en ouverture du cycle de Shanghai des années 30 et 40 à la Cinémathèque française, Dix Mille Foyers de Lumière nous présente Hu Zhiqing et toutes les difficultés qu’il va connaître en compagnie de sa famille.
Zhiqing travaille dans une entreprise réputé de Shanghai et gagne honorablement sa vie mais les temps sont difficiles, le prix des matières indispensables à la vie quotidienne ne cesse d’augmenter. Avec sa femme et sa fille Ni Ni, le quotidien est toutefois assez agréable dans leur petite maison louée. Malheureusement dans la campagne chinoise, la situation n’est pas aussi belle qu’en ville : la pauvreté et les blessures de guerre empoisonnent encore la vie des ruraux.
D’ailleurs la maman de Zhiqing ainsi que toute sa famille souhaitent s’installer à Shanghai pour tenter de subvenir un peu mieux à leurs besoins insatisfaits.
Cependant Youlan, la femme de Zhiqing n’est pas favorable à la venue de sa belle mère. En pleine période de grossesse, Youlan préfère envoyer de temps à autre de l’argent et éviter leur arrivée dans leur modeste logement.
Mais il est trop tard, la maman de Zhiqing est déjà en chemin.Zhiqing fait donc de son mieux pour l’accueillir avec le reste de sa famille : son deuxième fils, la femme de son deuxième fils et leur enfant. C’est à ce moment que la situation sociale et professionnelle de Zhiqing se détériore, à commencer par la perte de son emploi. Il hypothèque alors ses biens pour payer nourritures et loyers. Difficile ainsi d’assurer le train de vie d’une grande famille désormais réunit…
Datant de la dernière années avec 1949 où Shanghai constituait le cœur du cinéma chinois, Dix Mille Foyer de Lumière relate, comme de nombreuses œuvres de l’époque, des difficultés économiques de la Chine (1945 : sortie partielle de la guerre avec le Japon, 1945-1949 : guerre fratricide entre le Guomindang et le Parti Communiste) pour toute une frange de la population comme Zhiqing qui ne peut malheureusement faire face à ce chaos qui emporte avec lui de nombreuses familles.
Longtemps Shanghai occupera le statut de ville meurtrit car les communistes y voient l’incarnation de la déchéance et du déshonneur de la Chine, métropole aux concessions étrangères, mode de vie à l’occidental, bastion d’un capitalisme débridé.
La ville restera en porte à f
aux jusqu’à la nomination de Jiang Zemin à la mairie puis bien des années plus tard à son accès aux magistratures suprêmes, favorisant alors le développement de la métropole et la choisissant comme berceau de la nouvelle économie chinoise (même si Deng Xiaoping y faisait déjà allusion). Mais revenons à l’époque du long métrage. Le réalisateur Shen Fu fait de son film une œuvre capitonnée, un vase clos dans le cadre du foyer familial et du lieu de travail, sans jamais se risquer à sortir si ce n’est pour montrer l’industrialisation de Shanghai ou la vitalité d’une cité encore aux abois.Si le film risque de lasser en surexposant un misérabilisme omniprésent, Shen Fu exploite parfaitement le monde du travail et les relations professionnelles afin de laisser respirer sa structure narrative.
Avec la perte de son emploi, la tension entre Zhiqing et Youlan est de plus en plus palpable jusqu’à alterner le caractère pourtant si gentille (même les si les traits du visage sont parfois trop tirés) de cette dernière.
De toutes ces pérégrinations où la grand-mère, clé de voûte de la famille, apporte au long métrage une sensibilité et une force de caractère essentielles, le réalisateur en tire de nombreux essais techniques : bascule de la caméra, jeux de plans renforçant le pathos de la situation sociale de Zhiqing, superposition d’images avec la thématique du cadenas, plan de foule avec la rixe dans le bus, clin d’œil avec le chat, spectateur et victime des aléas de la vie, …en résumé, des essais convaincants pour la plupart même si on dénote parfois une trop grande légèreté dans leurs utilisations.
Enfin, si certains chapitres familiaux et humoristiques sont également réussis, on regrettera toutefois le consensualisme du long métrage étayé par un message de fin paradoxal, se résumant à « c’est l’époque qui veut ça ». On a bien envie de dire à Shen Fu qu’avec tout ce que cette famille a enduré, les raisons sont bien plus perplexes. Mais le réalisateur n’en fait pas son cheval de bataille, dommage.
Ainsi Dix Mille Foyers de Lumière n’est peut être pas une œuvre essentielle du cinéma chinois mais s’avère très enrichissante et doté d’une prestation d’acteur exemplaire. Un film très représentatif de cette fin de règne du cinéma de Shanghai.
Damien Paccellieri
mardi 25 septembre 2007
In the Mood for Love
In The Mood for Love de Wong Kar-wai, 2000 Avec Maggie Cheung, Tony Leung Chui-wai
Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commence, Chow Mo-wan et Chan Li-zhen apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison. Cette découverte les choque mais les rapproche. Ils se voient de plus en plus souvent et le voisinage commence à s'en apercevoir. Il semble n'y avoir aucune possibilité pour eux de vivre une relation amoureuse. Mais la retenue, les réserves émotionnelles de Mme Chan hantent M. Chow, qui voit ses sentiments changer.
Le cinéma chinois en pleine expansion depuis le début des années 90 retrouve ici l'auteur génial de Chunking Express et son berceau, celui de Nos années sauvages pour aborder l'exiguïté d'une relation et la vertu de l'absence.
Hong-Kong, 1962, M. et Mme Chan emménagent dans l'appartement de Mme Suei, logeuse et joueuse invétérée spécialisée dans le commérage en tous genres, tandis que M. et Mme Chow font de même dans l'appartement voisin. Jusque là, rien d'extraordinaire ! Jusqu'au jour où M. Chow et Mme Chan apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison.
Récit d'adultère bien ordinaire me direz-vous.
Mais c'est sans compter la magie du cinéma de Wong Kar-wai qui transcende finalement la quotidienneté des relations et nous donne à voir l'autre côté du miroir. Ce n'est pas aux époux adultères qu'il s'intéresse, ceux-ci n'existent d'ailleurs que par leurs voix, la mise en scène habile les cachant toujours aux yeux du spectateur.
Au contraire, il va peindre l'amitié troublante qui se tisse entre M. Chow et Mme Chan trahis par leur trop grande confiance (en eux et en leurs mariages).
Et c'est un cinéma sombre, tamisé à la lumière caressante des rues et des corridors, resserré au corps comme une de ces robes chamarrées à la mode qui galbent Mme Chan que nous propose le réalisateur.
Il dit vouloir être comme Hitchcok, " un cinéaste de la maîtrise ", il l'est sans conteste. Seule une mise en scène aussi soignée, un montage aussi réfléchi peut mettre en valeur deux acteurs extraordinaires : Tony Leung (prix d'interprétation, Cannes 2000) et Maggie Cheung dans son premier vrai rôle de femme secrète, altière et si fragile en soi.
Tout le film est un prélude à l'amour où une main caressée, une confidence arrachée, un baiser volé, un souffle retenu sont autant de signes qui concourent à témoigner d'une idylle naissante mais que les deux protagonistes se refusent à accepter. Jusqu'au moment où M.Chow avouera ses sentiments à sa compagne des heures oisives lorsqu'il aura vu les siens changer également. Ils verront alors que tout n'est pas aussi simple que dans les romans de chevalerie qu'ils écrivent ensembles, à l'abri des médisances : " les choses arrivent sans qu'on s'en aperçoive ". Tout dans cette œuvre est le fruit d'un subtil jeu de non-dits, d'équivoques et de coïncidences soulignés par une construction récurrente et une mise en abîme : La même scène jouée deux fois sous deux angles différents, acteurs jouant leurs propres rôles ou ceux de leurs alter ego. Jusqu'à l'issue du film où le choix est laissé au spectateur : "A travers une fenêtre poussiéreuse, il regardait le passé qui lui semblait flou et indistinct ".
Les temples bouddhiques du Cambodge apparaissent ici comme un intermède nous rappelant que tout n'est qu'impermanence sur Terre. Le fruit d'un amour qui aura été jusqu'à Singapour sera sûrement à voir dans cette jeune tête brune que l'on aperçoit encore de dos. Pour que l'on n'y reconnaisse pas les yeux de son père ? Néanmoins tout se finit là où tout a commencé, le cycle s'étant refermé, il laisse une porte ouverte sur l'avenir.
Maggie Cheung est cette actrice qui, d'un sourire, d'une larme à su nous émouvoir autant que Tony Leung nous impressionne par sa quiétude tumultueuse, sa frénésie flegmatique. L'art d'exister sans en faire trop. C'est un nouveau couple qui vient de s'inscrire au fronton des studios chinois.
Un couple qui restera dans les mémoires aussi brûlant et volatile que l'icône de l'amour qu'ils véhiculent.
Hong Kong, 1962. M. et Mme Chow emménagent dans leur nouvel appartement le même jour que leurs voisins, M. et Mme Chan. Sans comprendre comment cela a commence, Chow Mo-wan et Chan Li-zhen apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison. Cette découverte les choque mais les rapproche. Ils se voient de plus en plus souvent et le voisinage commence à s'en apercevoir. Il semble n'y avoir aucune possibilité pour eux de vivre une relation amoureuse. Mais la retenue, les réserves émotionnelles de Mme Chan hantent M. Chow, qui voit ses sentiments changer.
Le cinéma chinois en pleine expansion depuis le début des années 90 retrouve ici l'auteur génial de Chunking Express et son berceau, celui de Nos années sauvages pour aborder l'exiguïté d'une relation et la vertu de l'absence.
Hong-Kong, 1962, M. et Mme Chan emménagent dans l'appartement de Mme Suei, logeuse et joueuse invétérée spécialisée dans le commérage en tous genres, tandis que M. et Mme Chow font de même dans l'appartement voisin. Jusque là, rien d'extraordinaire ! Jusqu'au jour où M. Chow et Mme Chan apprennent que leurs époux respectifs ont une liaison.Récit d'adultère bien ordinaire me direz-vous.
Mais c'est sans compter la magie du cinéma de Wong Kar-wai qui transcende finalement la quotidienneté des relations et nous donne à voir l'autre côté du miroir. Ce n'est pas aux époux adultères qu'il s'intéresse, ceux-ci n'existent d'ailleurs que par leurs voix, la mise en scène habile les cachant toujours aux yeux du spectateur.
Au contraire, il va peindre l'amitié troublante qui se tisse entre M. Chow et Mme Chan trahis par leur trop grande confiance (en eux et en leurs mariages).
Et c'est un cinéma sombre, tamisé à la lumière caressante des rues et des corridors, resserré au corps comme une de ces robes chamarrées à la mode qui galbent Mme Chan que nous propose le réalisateur.
Il dit vouloir être comme Hitchcok, " un cinéaste de la maîtrise ", il l'est sans conteste. Seule une mise en scène aussi soignée, un montage aussi réfléchi peut mettre en valeur deux acteurs extraordinaires : Tony Leung (prix d'interprétation, Cannes 2000) et Maggie Cheung dans son premier vrai rôle de femme secrète, altière et si fragile en soi.
Tout le film est un prélude à l'amour où une main caressée, une confidence arrachée, un baiser volé, un souffle retenu sont autant de signes qui concourent à témoigner d'une idylle naissante mais que les deux protagonistes se refusent à accepter. Jusqu'au moment où M.Chow avouera ses sentiments à sa compagne des heures oisives lorsqu'il aura vu les siens changer également. Ils verront alors que tout n'est pas aussi simple que dans les romans de chevalerie qu'ils écrivent ensembles, à l'abri des médisances : " les choses arrivent sans qu'on s'en aperçoive ". Tout dans cette œuvre est le fruit d'un subtil jeu de non-dits, d'équivoques et de coïncidences soulignés par une construction récurrente et une mise en abîme : La même scène jouée deux fois sous deux angles différents, acteurs jouant leurs propres rôles ou ceux de leurs alter ego. Jusqu'à l'issue du film où le choix est laissé au spectateur : "A travers une fenêtre poussiéreuse, il regardait le passé qui lui semblait flou et indistinct ".Les temples bouddhiques du Cambodge apparaissent ici comme un intermède nous rappelant que tout n'est qu'impermanence sur Terre. Le fruit d'un amour qui aura été jusqu'à Singapour sera sûrement à voir dans cette jeune tête brune que l'on aperçoit encore de dos. Pour que l'on n'y reconnaisse pas les yeux de son père ? Néanmoins tout se finit là où tout a commencé, le cycle s'étant refermé, il laisse une porte ouverte sur l'avenir.
Maggie Cheung est cette actrice qui, d'un sourire, d'une larme à su nous émouvoir autant que Tony Leung nous impressionne par sa quiétude tumultueuse, sa frénésie flegmatique. L'art d'exister sans en faire trop. C'est un nouveau couple qui vient de s'inscrire au fronton des studios chinois.Un couple qui restera dans les mémoires aussi brûlant et volatile que l'icône de l'amour qu'ils véhiculent.
Vianney Meunier
(2001)
dimanche 23 septembre 2007
The missing gun
The Missing Gun de Lu Chuan, 2002Avec Jiang Wen, Ning Jing, Wu Yujuan
Un policier se réveille chez lui après une terrible cuite et ne retrouve plus son arme de service. C’est alors une terrible course contre la montre pour retrouver son bien et fermer ainsi la parenthèse d’une situation grave. Mais les villes de campagnes sont pleines de surprises…
Premier long métrage de Lu Chuan, réalisateur du superbe Ke Ke Xi Li et du prochain Nanjing Nanjing, The Missing Gun donne un bel aperçu du talent percutant et du culot cinématographique du jeune et prometteur cinéaste chinois.
Dans une ville de la campagne chinoise appelée Guiyang, dans la région de Guizhou, le long métrage, tiré de l’histoire « À la recherche du pistolet perdu » de Fan Yinping, nous divulgue l’histoire de Ma Shan, interprété par Jiang Wen, policier et père de famille, qui perd son arme de service. Il s’en rend compte lorsqu’il revêtit son uniforme et voit son pistolet manquer à sa ceinture.
Ma Shan le cherche alors partout, en vain. La peur lui inflige des sueurs froides car il connaît ce que lui réserve ses supérieurs si cette disparition s’ébruitait. Il va même jusqu’à soupçonner son propre fils par manque de sang froid. Ma Shan pense alors avoir laissé son arme dans son casier, mais ce ne qu’une désillusion de plus.
Se remémorant les dernier
s jours en sa possession, il pense immédiatement au mariage de sa sœur où il fut en tenu de service. Sans réfléchir un seul instant, il part immédiatement interroger et harceler sa sœur. Pour lui, ça ne peut être qu’une personne invitée au mariage…
Mais plus il avance dans ses recherches, plus le nombre de versions et d’interprétations des différents témoins le plonge dans la tourmente. Serait ce une ancienne conquête à l’origine de ce rapt ? Un collègue de travail ? Un ancien camarade militaire ? Les pistes se multiplient et Ma Shan se perd peu à peu….
Pour une première œuvre, Lu Chuan signe un coup d’éclat sur la forme, mais ne révolutionne en rien le fond, voir s’emmêle quelque fois les pinceaux.
En effet, les premiers instants nous marquent par leurs styles, à la fois jeunes, dynamiques, « mainstream » et recherchés visuellement. Que ce soit caméra à l’épaule, plans au sol ou grand angle en plan rapproché, Lu Chuan use de tous les eff
ets nécessaires pour dynamiser sa mise en scène, et ce, sans en faire trop, là où d’autres s’emploient dans des effets de manches peu inspirés.
Son regard sur la ruralité, la prédominance des tons gris et verts, les décors de vieilles ruelles et de village fantôme tout comme le fonctionnement de la police locale donnent une valeur ajoutée au long métrage vraiment intéressante.
Tout semble trouver sa place dans une charte graphique épatante qu’on a rarement l’occasion de voir dans un long métrage chinois si ce n’est dans Chicken Poets ou Dazzling.
Cependant à côté de cela et malgré la bonne interprétation de Jiang Wen, voir la beauté de Ning Jing, on se retrouve face à une histoire qui va de rebondissements en rebondissements sans que ceux là aboutissent à une stimulation scénaristique. The Missing Gun perd même de sa superbe au fil des minutes, jusqu’à se dissiper dans le dernier tiers
du film avec des imbroglios et excuses à n’en pas finir, éreintant le rythme général tenu par la mise en scène.
Peut être en demande t-on trop à Lu Chuan pour une première réalisation… Quoiqu’il en soit ce film donne un bel aperçu de l’étendu de sa créativité graphique et cinématographique, dont tout le monde s’est félicité pour Ke Ke Xi Li.
Ainsi The Missing Gun est à voir pour son enveloppe charnelle très séduisante, même s’il rate le coche dans son développement long et infructueux.
A noter: The Missing Gun est le premier film chinois à avoir été acheté par Columbia Picture USA avant même d’avoir été tourné. Evènement rare dans le cinéma chinois.
Un policier se réveille chez lui après une terrible cuite et ne retrouve plus son arme de service. C’est alors une terrible course contre la montre pour retrouver son bien et fermer ainsi la parenthèse d’une situation grave. Mais les villes de campagnes sont pleines de surprises…
Premier long métrage de Lu Chuan, réalisateur du superbe Ke Ke Xi Li et du prochain Nanjing Nanjing, The Missing Gun donne un bel aperçu du talent percutant et du culot cinématographique du jeune et prometteur cinéaste chinois.
Dans une ville de la campagne chinoise appelée Guiyang, dans la région de Guizhou, le long métrage, tiré de l’histoire « À la recherche du pistolet perdu » de Fan Yinping, nous divulgue l’histoire de Ma Shan, interprété par Jiang Wen, policier et père de famille, qui perd son arme de service. Il s’en rend compte lorsqu’il revêtit son uniforme et voit son pistolet manquer à sa ceinture.
Ma Shan le cherche alors partout, en vain. La peur lui inflige des sueurs froides car il connaît ce que lui réserve ses supérieurs si cette disparition s’ébruitait. Il va même jusqu’à soupçonner son propre fils par manque de sang froid. Ma Shan pense alors avoir laissé son arme dans son casier, mais ce ne qu’une désillusion de plus.
Se remémorant les dernier
s jours en sa possession, il pense immédiatement au mariage de sa sœur où il fut en tenu de service. Sans réfléchir un seul instant, il part immédiatement interroger et harceler sa sœur. Pour lui, ça ne peut être qu’une personne invitée au mariage…Mais plus il avance dans ses recherches, plus le nombre de versions et d’interprétations des différents témoins le plonge dans la tourmente. Serait ce une ancienne conquête à l’origine de ce rapt ? Un collègue de travail ? Un ancien camarade militaire ? Les pistes se multiplient et Ma Shan se perd peu à peu….
Pour une première œuvre, Lu Chuan signe un coup d’éclat sur la forme, mais ne révolutionne en rien le fond, voir s’emmêle quelque fois les pinceaux.
En effet, les premiers instants nous marquent par leurs styles, à la fois jeunes, dynamiques, « mainstream » et recherchés visuellement. Que ce soit caméra à l’épaule, plans au sol ou grand angle en plan rapproché, Lu Chuan use de tous les eff
ets nécessaires pour dynamiser sa mise en scène, et ce, sans en faire trop, là où d’autres s’emploient dans des effets de manches peu inspirés.Son regard sur la ruralité, la prédominance des tons gris et verts, les décors de vieilles ruelles et de village fantôme tout comme le fonctionnement de la police locale donnent une valeur ajoutée au long métrage vraiment intéressante.
Tout semble trouver sa place dans une charte graphique épatante qu’on a rarement l’occasion de voir dans un long métrage chinois si ce n’est dans Chicken Poets ou Dazzling.
Cependant à côté de cela et malgré la bonne interprétation de Jiang Wen, voir la beauté de Ning Jing, on se retrouve face à une histoire qui va de rebondissements en rebondissements sans que ceux là aboutissent à une stimulation scénaristique. The Missing Gun perd même de sa superbe au fil des minutes, jusqu’à se dissiper dans le dernier tiers
du film avec des imbroglios et excuses à n’en pas finir, éreintant le rythme général tenu par la mise en scène.Peut être en demande t-on trop à Lu Chuan pour une première réalisation… Quoiqu’il en soit ce film donne un bel aperçu de l’étendu de sa créativité graphique et cinématographique, dont tout le monde s’est félicité pour Ke Ke Xi Li.
Ainsi The Missing Gun est à voir pour son enveloppe charnelle très séduisante, même s’il rate le coche dans son développement long et infructueux.
A noter: The Missing Gun est le premier film chinois à avoir été acheté par Columbia Picture USA avant même d’avoir été tourné. Evènement rare dans le cinéma chinois.
Damien Paccellieri
vendredi 21 septembre 2007
Riding Alone
Riding Alone de Zhang Yimou, 2005 Avec Ken Takakura, Küchi Nakai, Shinobu Terajima
Alors que son fils Kenichi est mourant et qu’il refuse de le voir, Takata, son père, va parcourir des milliers de kilomètres et tout mettre en œuvre pour exaucer son dernier rêve…
Hôpital de Shinjuku, Japon. Un dénommé Kenichi est en phase terminale d’un cancer. En froid depuis des années avec son père, il ne souhaite pas le voir. La femme de Kenichi lui donne alors une cassette vidéo dans laquelle est exposée les arts populaires chinois de la région du Yunnan. Ces arts sont le violon d’Ingres de son fils mourant. Takata réfléchit alors longuement à ce qu’il pourrait faire pour son fils dans ses derniers instants de vie.
Sur la cassette vidéo Kenichi avait promis à un acteur de théâtre de revenir l’année d’après pour filmer sa pièce intitulé « Parcourir seul un millier de kilomètre » référence à l’époque des Trois Royaumes et à un personnage en particulier : le célèbre Guan Yu. Takata pensant qu’il s’agit là d’une occasion unique pour faire plaisir à son fils, il décide de partir pour la Chine direction le Yunnan. Accompagné d’un interprète, Takata sillonne la région et s’engage vers la petite ville de Lijiang où fut tournée le film de son fils.
Il retrouve par chance les lieux de la pièce de théâtre mais est confronté malheureusement a une difficulté qui semble être au-dessus de ses moyens : l’acteur Li Jiamin qui incarnait le seigneur Guan est passé par la case prison pour avoir trop bu et engagé sa responsabilité. Or Li Jiamin est un talent unique, sa voix, son incarnation du personnage sont bien au-delà de toutes les performances de ses collègues de théâtre. Takata ne veut donc que lui, ce qui semble compromis. Le père de Kenichi se sent impuissant dans un pays dont il ne connaît rien et dont il
ne parle pas la langue. Il va tout faire pour avoir les faveurs de Li Jiamin, même si celui-ci croupit en cellule. Mais tourner un film pour son fils dans une prison chinoise n’est pas chose facile. Humble et enfouissant ses sentiments derrière sa culture japonaise il ne peut cependant s’empêcher de fondre en larmes devant les autorités chinoises, sa seule chance de rendre une dernière fois son fils heureux avant son voyage vers les aïeux… Miracle ! Oui, il s’agit bien d’un miracle, je dirais même plus : il s’agit d’un film de Zhang Yimou. Ce dernier que l’on croyait définitivement perdu dans les blockbusters commerciaux comme Hero ou la Cité Interdite, ressurgit dans le domaine du social pour nous surprendre avec Riding Alone. Même s’il ne s’agit que d’une parenthèse (puisque le cinéaste n’en a cure depuis pour le social et préfère les grandes fresques reluisantes), Zhang Yimou nous rassure quelque peu sur ses compétences cinématographiques.
En voyage au Yunnan, province comptant plus de 25 ethnies différentes et facilement plus de 40 millions d’habitants, le Spielberg chinois, comme il aime se faire appeler, nous mène sur les traces d’un homme à la recherche de soi, à la recherche de sa famille, et qui, de surcroît, est de nationalité japonaise. Rares sont les films chinois avec un premier rôle nippon. On peut facilement imaginer qu’avec les relations tendues entre ces deux pays, il est difficile pour l’un comme pour l’autre de faire la politique de la main tendue. Alors que se prépare une batterie de longs métrages sur Nanjing et Harbin, deux villes martyres des atrocités japonaises de l’époque, Zhang Yimou, l’homme à qui l’on ne refuse rien, prend le risque de mettre l’excellent Ken Takata aux avants postes. Il profite de cette occasion pour brosser par de petits détails le portrait des différences culturelles qui séparent la Chine et le Japon.
Par exemple au Japon, il n’est pas possible pour un homme de montrer ses sentiments. L’épopée de Takata en Chine montrera à ce japona
is que les chinois n’ont pas peur de pleurer face aux autres, voir même d’exposer leurs faiblesses. Il dira de lui-même que cette capacité à se montrer sans masque est une composante essentielle de la dignité humaine, et porte ici une petite estocade à un peuple nippon qui a su souffrir sans le dire et qui cache encore aujourd’hui la plupart de ces plus grandes douleurs, génératrice d’une évanescence de la véritable pensée enfouit sous une politesse sans égale. D’ailleurs lorsque Takata versera de chaudes larmes face à la caméra, le cinéphile se doute bien de tout l’effort, de tout le poids de cet acte. Zhang Yimou laisse aussi apercevoir le milieu carcéral chinois même si l’on se doute bien de l’embellissement du domaine. Malgré cela, l’essentiel est là, dans un des moments les plus lacrymaux du long métrage où Li Jiamin revêtit ses habits de théâtre en pensant à son fils, loin de lui. C’est à partir de cette scène qu’on comprend que Zhang Yimou s’essaye à une triple lecture des relations père/fils entre Takata et sa progéniture, Li Jiamin et la sienne, et enfin entre Takata et le fils de Li Jiamin.
Ce contact privilégié avec les chinois laisse à Takata une doucereuse sensation, celle de la chaleur humaine qu’il ne connaissait pas et qu’il découvre lors d’un banquet organisé pour sa venue. Le réalisateur exploite alors les différences entre les niveaux de vie des deux pays pour accroître les disparités entre Takata et le petit diable de Li Jiamin. Cependant on reste quelque peu perplexe face à toute une complaisance niaise présente au long du film. En effet, les autorités locales sont montrés comme sensibles et accueillantes, la prison comme un bel hôtel (ou presque), les relations sino-japonaises au beau fixe, avec toujours un côté affectif renforçant le pathos déjà surexposé.
En définitive, même si Rid
ing Alone donne une image consensuelle de la Chine (la positive attitude ?), Zhang Yimou redonne de la prestance à sa filmographie. Mais pour combien de temps ? A la vue de la Cité Interdite et de son court métrage pour les 60 ans de Cannes, le cinéaste de la cinquième génération nous a bien berné. Cependant ce film étaye la nécessité aux chinois et aux japonais de se constituer un avenir commun. En cela, c’est déjà un bon point. Damien Paccellieri
Fin du concours pour le cycle shanghai annees 30 et 40
Félicitations aux gagnants des 8 places offertes par chinacinema.fr pour le cycle shanghai années 30 et 40 à la Cinémathèque française. Le concours est désormais terminé.Les bonnes réponses aux questions (faciles) étaient:
1) 13 films seront projetés
2) Dix mille Foyers de lumière de Shen Fu
Damien Paccellieri
soiree d'ouverture du cycle shanghai annee 30 et 40
Avec comme projection d'ouverture Dix mille foyers de Lumière, la Cinémathèque a ouvert le bal de son cycle en présence de son directeur Serge Toubiana et de la délégation chinoise. Plus d'une semaine de projections à ne pas manquer.
Ci dessous un florilège de photos de la soirée... (cliquez sur les photos pour les agrandir)
Ci dessous un florilège de photos de la soirée... (cliquez sur les photos pour les agrandir)
Damien Paccellieri
mardi 18 septembre 2007
soiree de gala du festival du cinema chinois de paris
Hier soir, dans les superbes salons de la Mairie de Paris, le Festival du cinéma chinois a réiterer ses ambitions, pour sa troisième édition, d'être l'un des fleurons du partage culturel entre la France et l'Empire du Milieu.
Vous trouverez ci dessous un florilège des meilleurs moments de la soirée (cliquez sur les photos pour les agrandir).
Vous trouverez ci dessous un florilège des meilleurs moments de la soirée (cliquez sur les photos pour les agrandir).
Damien Paccellieri
dimanche 16 septembre 2007
Flash Info : festival du cinema chinois de Paris
Festival du cinéma chinois de Paris (3eme édition) du 19 au 25 septembre au cinéma Max LinderCa y est c'est reparti ! Le festial de cinéma chinois de Paris revient après une très bonne programmation en 2006. Cette fois ci le festival s'est concentré sur les nouveaux films chinois laissant à la Cinémathèque française la programmation d'un cycle sur les longs métrages plus anciens, à savoir ceux de Shanghai des années 30 et 40.
Pour plus d'informations voici la programmation en pdf mais aussi une présentation écrite des objectifs de ce festival.
A noter que certains films sont véritablement inédits comme les longs métrages éthniques qui apportent un regard différent sur la Chine...
Voir le site internet du festival.
samedi 15 septembre 2007
Sortie cinema : le mariage de Tuya
Le Mariage de Tuya de Wang Quan'an Ours d'or à au festival de Berlin 2007
Sortie le 19 septembre 2007
Au coeur de la Mongolie chinoise, Tuya se bat pour faire vivre ses enfants et son premier mari blessé suite à un accident. Afin de résoudre ses problèmes, elle décide de divorcer et de trouver un nouveau mari. A la seule condition que celui-ci accepte de supporter toute sa famille, y compris son premier époux.
Un film présenté il y a quelques mois à Paris Cinéma, qui va enfin pouvoir profiter d'une sortie dans les salles obscures. Merci Pretty Pictures ! A ne pas manquer.
vendredi 14 septembre 2007
Flash Info: Mad Detective a Toronto
Le dernier film de notre Johnnie (To), Mad Detective, a été présenté chez nos amis canadiens au festival du film international de Toronto et Chinacinema.fr vous en rapporte les premières images de qualité (vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir). Après Triangle, Mad Detective semble être destiné à une belle carrière dans le secteur des polars made in HK, mais pas encore de sortie officielle annoncée.
Le synopsis (in english of course):
A missing police pistol is connected to a series of recent heists and murders. Its owner, Wong, vanished while pursuing suspects in the mountains, yet his partner, Chi-Wai, miraculously returned unharmed. Hotshot inspector Ho (Andy On) is in charge of the investigation, but Ho knows his only chance of cracking the case lies in enlisting the help of Bun (Lau Ching Wan), the reclusive yet gifted mad detective.
Le synopsis (in english of course):
A missing police pistol is connected to a series of recent heists and murders. Its owner, Wong, vanished while pursuing suspects in the mountains, yet his partner, Chi-Wai, miraculously returned unharmed. Hotshot inspector Ho (Andy On) is in charge of the investigation, but Ho knows his only chance of cracking the case lies in enlisting the help of Bun (Lau Ching Wan), the reclusive yet gifted mad detective.




jeudi 13 septembre 2007
Gagnez 8 places pour le cycle shanghai annees 30 et 40

Pour gagner, il suffit de répondre à ces deux questions :
1) Combien de films seront présentés à la Cinémathèque française pour ce cycle sur Shanghai des années 30 et 40 ?
2) Quel film sera projeté à l'ouverture du cycle le jeudi 20 septembre 2007 ?
1) Combien de films seront présentés à la Cinémathèque française pour ce cycle sur Shanghai des années 30 et 40 ?
2) Quel film sera projeté à l'ouverture du cycle le jeudi 20 septembre 2007 ?
Pour vous aider à repondre, lisez ceci
Les 8 premières réponses gagneront une place de cinéma pour le film de leur choix du cycle sur le cinéma de Shanghai des années 30 et 40.
Damien Paccellieri
cinematheque shanghai annees 30 et 40
Septembre s'annonce comme une belle aventure chinoise avec un cycle sur le cinéma de Shanghai des années 30 et 40 à la Cinémathèque française du 20 au 30 septembre, entièrement sous titrés en français, avec lequel chinacinema.fr est associé.

La Programmation
Les Anges du boulevard de Yuan Muzhi, 1937
Avec Zhao Dan, Wei Heling, Zhou Xuan, Zhao Huishen, Chen Yiting.
Un jeune trompettiste et sa bande d’amis décident d’aider une jeune émigrée et sa sœur à échapper à la pègre.
Ven 21 septembre 17h00 Salle GF
Amour lointain de Liting Chen, 1947
Avec Zhao Dan, Qin Yi, Wu Yin, Lü En.
Ven 21 septembre 21h45 Salle GF Mer 26 septembre 17h00 Salle GF
Corbeaux et Moineaux de Zheng Junli, 1949
Avec Shangguan Yunzhu, Sun Daolin, Wei Heling, Zhao Dan.
À Shanghai, des locataires menacés d’expulsion essaient de racheter leur immeuble.
Mer 26 septembre 19h30 Salle GF
Dix mille foyers de lumière de Shen Fu, 1948
Avec Lan Ma, Shangguan Yunzhu, Wu Yin, Shen Yang, Qi Heng.
Hu, fils aîné d’une famille de paysans, mène à la ville une vie misérable. Sa mère et son frère arrivent un jour pour s’installer chez lui.
Jeu 20 septembre 20h Salle HL Ouverture de la rétrospective Shanghai années 30 et 40. Mer 26 septembre 21h30 Salle GF
Fragilité, ton nom est femme de Hong Shen et Zheng Xiaoqiu, 1948
Avec Shu Xiuwen, Zhu Lin, Shu Shi, Diao Guangtan, Liang Ming, Dai Yun.
Fortement dépendante de son mari, Li Fen perd ses repères à la mort de celui-ci. Très vite, elle tombe dans le piège de Zi Ang qui l’épouse pour usurper son argent.
Dim 23 septembre 19h30 Salle GF Dim 30 septembre 17h00 Salle GF
Le jour se lève de Yue Feng, 1938
Avec Yuan Meiyun, Mei Xi, Lu Luming, Zhang Zhizhi, Xia Xia.
Une femme se laisse entretenir par un patron de banque pour pouvoir mener une vie aisée. Son ami d’enfance vient un jour la chercher pour l’épouser.
Jeu 27 septembre 21h30 Salle GF Dim 30 septembre 21h45 Salle GF
Les Larmes du Yangzi de Cai Chusheng et Zheng Junli, 1947
Avec Bai Yang, Tao Jin, Shu Xiuwen, Zhou Boxu, Shangguan Yunzhu, Wu Yin, Cao Zheng.
Film en deux parties. Alors que le Japon envahit la Chine, le jeune enseignant Zang part pour le front laissant derrière lui sa famille, mais, égaré et misérable, il se laisse tomber dans les bras d’une riche femme et se fait embaucher par le père adoptif de celle-ci, profiteur de guerre.
Dim 23 septembre 21h30 Salle GF Sam 29 septembre 21h30 Salle GF
Lumière maternelle de Bu Wancang, 1933
Avec Jin Yan, Chen Yanyan, Li Zhuozhuo, Lu Shi, He Feiguang, Tan Ying.
Abandonnée, au comble de la tristesse, une mère a pris la résolution d'élever avec toute son énergie sa fille, sur laquelle elle reporte tous ses espoirs. Bien des années après, celle-ci, devenue chanteuse à Shanghai, épouse un homme riche et part en lune de miel à Singapour. Elle y apprend l’histoire de ses parents.
Ven 21 septembre 19h30 Salle GF Sam 29 septembre 17h30 Salle GF
La Montre de Huang Zuo Lin, 1949
Avec Zhao Qiansun, Cheng Zhi, Yu Zhongying, Li Chunxiao.
Sans famille, sans foyer, trois enfants vivent au jour le jour. Affamé, l’un des trois dérobe une montre en or et laisse accuser le grand père de son amie.
Sam 22 septembre 17h30 Salle GF Dim 30 septembre 19h30 Salle GF
San Mao, Le petit vagabond de Zhao Ming et Yan Gong, 1947
Avec Wang Longji, Lin Zhen, Guan Hongda, Huang Chen, Mo Chou.
Dans le Shanghai de 1947, un jeune orphelin vivant dans les rues rencontre une bande de gamins miséreux.
Dim 23 septembre 15h00 Salle GF Séance cinéma en famille Sam 29 septembre 19h30 Salle GF
Shanghai d’hier et d’aujourd’hui de Cheng Bugao, 1936
Avec Shu Siuwen, Wang Xianzhai, Huang Naishuang, Gong Qiuxia, Zhu Qiuhen.
La vie quotidienne des petites gens d’un immeuble de Shanghai : un chômeur qui essaie de ne pas perdre la face en cachant la perte de son emploi, une chanteuse sans public, un chauffeur, un instituteur, mais aussi le propriétaire de l’immeuble et son fils prodigue.
Dim 23 septembre 17h00 Salle GF Jeu 27 septembre 19h30 Salle GF
Trois Destinées de Chen Liting, 1949
Avec Zhao Dan, Huang Zongying, Sha Li, Shangguan Yunzhu, Zhang Yi, Lan Ma.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la vie de trois femmes de milieux sociaux et de caractère différents.
Sam 22 septembre 19h45 Salle GF Jeu 27 septembre 17h00 Salle HL
Un rêve rose de Cai Chusheng, 1932
Avec Gao Zhanfei, Tan Ying, Xue Lingxian, Zheng Junli.
Luo Wen, écrivain, abandonne sa famille pour se jeter dans les bras de la frivole Huilan. Alors que Luo est tout à son bonheur, Huilan voit secrètement un autre homme.
Sam 22 septembre 21h45 Salle GF Ven 28 septembre 17h00 Salle GF
dimanche 9 septembre 2007
Flash Info : Venise aime ang lee
Le Lion d'Or du festival de Venise a été attribué à Ang Lee pour son dernier film Lust Caution après l'avoir reçu deux ans auparavant pour Brokeback Mountain. Il fait donc partie désormais des rares primés à avoir reçu deux fois le Lion d'Or tel Zhang Yimou avec Qiu Ju et Pas un de Moins.
C'est aussi la troisième année consécutive qu'un réalisateur de langue chinoise se voir décerner la plus haute récompense du festival, avec qui plus est cette fois une présidence chinoise incarnée par Zhang Yimou.
Si celà montre actuellement une rare vitalité du cinéma de langue chinoise, cela commence toutefois à peser sur la sincérité de l'attribution des prix. Marco Muller, grand homme pour le cinéma chinois, n'en ferait il pas un peu trop ?
Jia Zhang-ke lui aussi ne repart pas les mains vides puisqu'avec son documentaire Inutile il remporte le prix Horizons du meilleur documentaire.
samedi 8 septembre 2007
Flash Info : Help Me Eros
Une fois n'est pas coutume, Lee Kang-sheng, l'acteur fétiche de Tsai Ming-liang revient nous voir avec Help Me Eros son nouveau film, réalisé par ses soins. Il n'en faut pas plus pour montrer ses fesses et se vouer à conter l'histoire d'Ah Jie, un homme qui perd toutes ses économies dans un crack boursier. Il passe alors sa vie dans un appartement minable, à fumer de la marijuana et à regarder les jours passer devant lui.Dans un moment de solitude, il appelle une plateforme d'écoute pour ceux qui souhaitent se suicider et fait la connaissance de la voix de Chyi qu'il souhaite connaître d'avantage mais dont elle refuse toutes les avances. Il rencontre alors Shin, une vendeuse de Betelnut, et projette sur elle tous ses fantasmes concernant Chyi...
Le trailer
Le Roi Singe
Le Roi Singe de Jeff Lau, 1997Avec Stephen Chow, Athena Chu
Le roi Singe est interdit du paradis pour avoir tenté de manger le corps d’un moine. Quelques centaines d’années plus tard, réincarné en simple mortel pour punition, il fait la rencontre d’un jeune moine bouddhiste qu’il va aider dans sa quête.
Plus connu sous le nom de « Da Hua Xi You », Le Roi Singe fut un film miracle en son pays. Manque de chance ce fut aussi une sorte de Waterloo au box office et nombre de spectateurs se sont demandés si cette œuvre faisait bien partie de la filmographie de Stephen Chow. Aujourd’hui quand on regarde ce long métrage on y prend encore un énorme plaisir malgré les années qui nous sépare de sa sortie.
Petite anecdote au passage, Le Roi Singe ne fut pas connu immédiatement à Hong Kong et en Chine continentale plus particulièrement, mais seulement deux années plus tard lorsque de nombreux individus se sont à nouveaux réunis dans les salles obscures pour y célébrer une deuxième sortie.
Tiré d’un roman traditionnel chinois de Wu Cheng-en connu à travers toute l’Asie, Le Roi Singe conte la vie d’un jeune bouddhiste, d’une foi inébranlable, qui compte aller au paradis des Bouddhas pour y trouver le livre sacré du bouddhisme. Afin d’accomplir cette tâche, il demande à un singe, un cochon, un diable et un cheval (qui est en fait un dragon blanc) de l’accompagner à passer 81 épreuves pour d’accéder au livre tant convoité.
Dans le roman de nombreux diablotins viennent semer des embûches à notre jeune homme. Mais le Roi Singe, son compagnon d’arme, d’apparence humaine (sa punition), courageux, vaillant et intelligent, le protège de leurs méfaits. C’est Stephen Chow, le héros de Kung Fu Hustle et Shaolin Soccer qui interprète le Roi Singe, avec comme caractéristiqu
e d’être un séducteur hors pair. Mais dans son rôle, l’amour n’est qu’une simple histoire de séduction. Cela se traduit avec une jolie fée qu’il arrive à séduire, ce qu’aucun simple mortel jusque là n’avait réussit à faire. Admirative de sa force et de son courage, la fée voit en ce bellâtre, l’homme de sa vie. Mais l’amour n’est pas un long fleuve tranquille ce n’est juste qu’un ravage sentimental éphémère.
Un démon Taureau vient alors jouer les troublions et s’empare de la fée de forte manière…
Le Roi Singe est un long métrage à part en Chine. Même s’il a été réalisé à Hong Kong, son influence sur le territoire chinois a été phénoménale. Cela provient notamment des paroles du long métrage, poétique quelque fois, absurde de temps à autre, mais toujours d’une extrême franchise.
Ainsi quand Stephen Ch
ow parle à la fée, il va lui dire une phrase qui sera reprise par tous les jeunes chinois dans le cadre de leur romantisme absolu, ou devrait-on dire dans leur façon de draguer: « Avant j’avais un amour et c’était mon trésor, aujourd’hui je l’ai perdu et j’en suis triste. Si les dieux me donnaient une seconde chance je ne dirais qu’une seule chose à mon âme sœur : je t’aime. Et si cet amour doit durer, il durera cent mille ans ». Les garçons en ont profité pour faire les jolis cœurs devant les filles qui ne connaissaient pas encore le long métrage.
D’autres phrases ont irrémédiablement marqué l’esprit des spectateurs par leurs vulgarités toujours mêlées à cette sincérité.
Un exemple fort et dont on s’étonne à sa lecture : « je pourrais éjaculer jusqu’à la mort pour toi ». Formule obscène de prime abord, elle est malgré tout une formule maladroite de déclaration d’amour.
Le romantisme est à son paroxysme lorsque la fée déclare « qu’un jour, mon bel amoureux sur un nuage viendra me sauver des griffes des démons ». Pour les adolescentes chinoises et asiatiques en général, l’homme est vraiment perçu comme un prince charmant, un héros à marier. Mais les mœurs changent rapidement en Chine et cette image d’Epinal a sérieusement prise la poussière.
Ces quelques effets narratifs n’arrivent pas à cacher un déroulement harassant où le réalisateur semble parfois obstruer volontairement la bonne compréhension de son long métrage.
Il est encore plus do
mmageable pour ce film que certains détails ont été abandonnés comme ces costumes des différents figurants d’un mauvais goût certain. C’est simple : plus on y fait attention et plus on s’en dégoûte. Mais ne dit on pas que l’habit ne fait pas le moine (bouddhiste) ?
Au final, le Roi Singe en version sous titré française perd de par sa traduction un peu de son charme, mais il en reste un superbe conte chinois dont l’humour et l’amour seront vous enchanter d’autant plus que Stephen Chow, une fois encore, brille de mille feux.
Plus connu sous le nom de « Da Hua Xi You », Le Roi Singe fut un film miracle en son pays. Manque de chance ce fut aussi une sorte de Waterloo au box office et nombre de spectateurs se sont demandés si cette œuvre faisait bien partie de la filmographie de Stephen Chow. Aujourd’hui quand on regarde ce long métrage on y prend encore un énorme plaisir malgré les années qui nous sépare de sa sortie.
Petite anecdote au passage, Le Roi Singe ne fut pas connu immédiatement à Hong Kong et en Chine continentale plus particulièrement, mais seulement deux années plus tard lorsque de nombreux individus se sont à nouveaux réunis dans les salles obscures pour y célébrer une deuxième sortie.
Tiré d’un roman traditionnel chinois de Wu Cheng-en connu à travers toute l’Asie, Le Roi Singe conte la vie d’un jeune bouddhiste, d’une foi inébranlable, qui compte aller au paradis des Bouddhas pour y trouver le livre sacré du bouddhisme. Afin d’accomplir cette tâche, il demande à un singe, un cochon, un diable et un cheval (qui est en fait un dragon blanc) de l’accompagner à passer 81 épreuves pour d’accéder au livre tant convoité.
Dans le roman de nombreux diablotins viennent semer des embûches à notre jeune homme. Mais le Roi Singe, son compagnon d’arme, d’apparence humaine (sa punition), courageux, vaillant et intelligent, le protège de leurs méfaits. C’est Stephen Chow, le héros de Kung Fu Hustle et Shaolin Soccer qui interprète le Roi Singe, avec comme caractéristiqu
e d’être un séducteur hors pair. Mais dans son rôle, l’amour n’est qu’une simple histoire de séduction. Cela se traduit avec une jolie fée qu’il arrive à séduire, ce qu’aucun simple mortel jusque là n’avait réussit à faire. Admirative de sa force et de son courage, la fée voit en ce bellâtre, l’homme de sa vie. Mais l’amour n’est pas un long fleuve tranquille ce n’est juste qu’un ravage sentimental éphémère.Un démon Taureau vient alors jouer les troublions et s’empare de la fée de forte manière…
Le Roi Singe est un long métrage à part en Chine. Même s’il a été réalisé à Hong Kong, son influence sur le territoire chinois a été phénoménale. Cela provient notamment des paroles du long métrage, poétique quelque fois, absurde de temps à autre, mais toujours d’une extrême franchise.
Ainsi quand Stephen Ch
ow parle à la fée, il va lui dire une phrase qui sera reprise par tous les jeunes chinois dans le cadre de leur romantisme absolu, ou devrait-on dire dans leur façon de draguer: « Avant j’avais un amour et c’était mon trésor, aujourd’hui je l’ai perdu et j’en suis triste. Si les dieux me donnaient une seconde chance je ne dirais qu’une seule chose à mon âme sœur : je t’aime. Et si cet amour doit durer, il durera cent mille ans ». Les garçons en ont profité pour faire les jolis cœurs devant les filles qui ne connaissaient pas encore le long métrage.D’autres phrases ont irrémédiablement marqué l’esprit des spectateurs par leurs vulgarités toujours mêlées à cette sincérité.
Un exemple fort et dont on s’étonne à sa lecture : « je pourrais éjaculer jusqu’à la mort pour toi ». Formule obscène de prime abord, elle est malgré tout une formule maladroite de déclaration d’amour.
Le romantisme est à son paroxysme lorsque la fée déclare « qu’un jour, mon bel amoureux sur un nuage viendra me sauver des griffes des démons ». Pour les adolescentes chinoises et asiatiques en général, l’homme est vraiment perçu comme un prince charmant, un héros à marier. Mais les mœurs changent rapidement en Chine et cette image d’Epinal a sérieusement prise la poussière.
Ces quelques effets narratifs n’arrivent pas à cacher un déroulement harassant où le réalisateur semble parfois obstruer volontairement la bonne compréhension de son long métrage.
Il est encore plus do
mmageable pour ce film que certains détails ont été abandonnés comme ces costumes des différents figurants d’un mauvais goût certain. C’est simple : plus on y fait attention et plus on s’en dégoûte. Mais ne dit on pas que l’habit ne fait pas le moine (bouddhiste) ?Au final, le Roi Singe en version sous titré française perd de par sa traduction un peu de son charme, mais il en reste un superbe conte chinois dont l’humour et l’amour seront vous enchanter d’autant plus que Stephen Chow, une fois encore, brille de mille feux.
Li Xin
vendredi 7 septembre 2007
Flash Info : un regard sur Hou Hsiao-hsien
Le 22 septembre 2007 est à noter dans vos agendas surbookés.En effet, dès 20h au Divan du Monde, vous pourrez rencontrer Chu Tien-wen, la scénariste de Hou Hsiao-hsien, mais aussi Lim Giong, son compositeur fétiche, qui reprendra dans cette soirée ciné-concert certaines des musiques qui ont fait chavirer nos coeurs de cinéphiles (celles de Millennium Mambo notamment).
Puis ceux qui souhaitent continuer un bout de chemin avec Hou Hsiao-hsien pourront se délecter de nombreuses oeuvres du maître taiwanais présentées au cinéma Champo pour une nuit entière à partir de minuit et qui les portera jusqu'au petit déjeuner.
Deux rendez vous à ne pas manquer...
Flash info : Inutile de Jia Zhang-ke
Jia Zhang-ke n'en finit pas et n'en finira jamais avec tous ses projets. Le chef de file de la sixième génération, dont on attend toujours les nouvelles fournées, a terminé cet été son documentaire intitulé "Inutile" et le présente à Venise 2007. Jia Zhang-ke se penche sur la styliste chinoise Ma Ke dont certaines créations sortent véritablement de l'ordinaire. Ce projet nous permettra aussi de découvrir l'envers du décors de la mode chinoise avec son lot de portraits tels ces confectionneurs travaillant dans les usines ou bien encore ces défilés dans les plus grandes capitales de la mode.Des rumeurs disent que le prochain film du jeune maître serait commercial... quel sera donc le prochain cinéaste phare à défendre le septième art indépendant chinois ?
jeudi 6 septembre 2007
Flash info : Wong Kar-wai pour philips
Wong Kar-wai est arrivé à vendre à Philips, célèbre marque de produit technologique, ce qu'il sait faire le mieux, à savoir le style In The Mood For Love.Depuis ce long métrage avec lequel le réalisateur est devenu en quelques mois la nouvelle coqueluche du cinéma mondial, Wong Kar-wai n'a plus rien apporté au cinéma, si ce n'est à chaque fois les mêmes ambiances, les mêmes désirs.mercredi 5 septembre 2007
Edito de Septembre 2007
Après avoir embrassé pendant plus d'un mois le soleil chinois et ses 30 à 35°C journaliers, voici venu le temps de reprendre du service en France et ses 10 à 15 °C ! Cependant Paris, notre si belle capitale, nous réchauffera de sa programmation cinématographique en fin septembre avec le festival du cinéma chinois 2007 mais aussi la projection de films rares de Shanghai des années 30 et 40 organisée par la Cinémathèque Française à laquelle chinacinema s'associe de toute part.
Alors trêve de bavardage, j'ai quelques news et articles à faire en urgence pour rattraper le temps perdu ;)
Damien Paccellieri

















