dimanche 9 décembre 2007
One Summer With You
Avec Tao Xu, Yan Jiang
Sun Hongwei, un jeune facteur, tombe amoureux de la douce Li Mingxin. Cette dernière, admise à l’Université de Pékin, ne le saura pourtant pas. En effet, son cher et tendre ne peut imaginer vivre sans elle…
Bien que distribué par October Pictures Limited à Hong Kong, One Summer with You est un film continental avant tout. Produit par la Jiangsu Huawei Film & Television Art Company et filmé dans cette même province, le film possède d’abord une indéniable identité chinoise. Le réalisateur Dong Xie a grandi dans les dernières années de Mao et boucla ses études à la Beijing Film Academy.
La patte de l’École pékinoise est reconnaissable, mais à l’opposé de films chinois minimalistes vus du moment, One Summer with You dépeint de manière très classique une romance adolescente sur fond d’ouverture de la Chine populaire au monde occidental. C’est la bière, la musique occidentale à la radio ou sur cassettes qui font leur entrée dans les mœurs.
À une époque coincée entre
la première tournée d’un Occidental – Jean-Michel Jarre dans les grandes métropoles chinoises que sont Shanghai et Beijing – et les manifestations matées dans le sang, cette campagne du milieu des années 80 est encore bien traditionnelle, attachée aux valeurs vertueuses des femmes, à l’idéologie communiste brandie à coup de slogan sur panneaux et dans la cour des écoles. Les bavardages vont bon train dans le voisinage.
C’est une époque où il ne fait pas bon sortir du rang.
Pourtant, un jeune homme le fait au début du film et la société respire un parfum de liberté. Sur fond de propagande, aussi présente dans les chansons, Sun Hongwei tombe amoureux de Li Mingxin. Renvoyé de l’é
cole pour avoir porté outrage à un professeur et l’avoir fièrement revendiqué, Sun Hongwei devient facteur comme son père. Dès lors, il va s’attacher à porter avec diligence le courrier à la belle Li Mingxin, première de sa promotion et fille de coiffeuse, en passe de partir pour Pékin. Mais la jeunesse est éprise de liberté et Hongwei se sait bloqué en province à cause de son attitude frondeuse. Il va donc cacher à Li sa lettre d’admission à l’Université de Pékin, attendue comme une bonne nouvelle émancipatrice et signe d’un avenir prometteur.
Loin d’être originale, la thématique de l’œuvre reste très bien menée. Pas trop de longueurs, le rythme d’une romance sur fond de chronique sociale ; l’évanescence d’une Chine en mutation et les aspirations d’une jeunesse en mal d’envies. Un ressort tragique ouvre le film et fait durer le suspens (ou du moins ce que nous croyons qu’il en reste) jusqu’à la fin de l’œuvre ; à moins qu’elle ne soit la rêverie douloureuse d’un Hongwei fou d’amour.
Cette manœuvre subversive que certains qualifieraient de vicieuse est en fait un piège subtil où il fait bon se laisser prendre et pour cela,
le film réclame une attention particulière. On ne peut adhérer complètement au personnage de Hongwei qui, par amour, « ruine » la carrière de Mingxin ; mais on peut expliquer ce geste : la peur du vide, de l’absence, lorsqu’on a trouvé l’amour est sinon pardonnable du moins compréhensible. Ambivalence du personnage effrayé d’avoir perdu ce cachet censé sceller son destin, maladresse de l’amoureux qui tend cette lettre comme un aveu, le film sait marier les genres avec audace.
Vers la fin du long métrage, un plan d’ensemble sur la ville nous montre une Chine prématurément vieillie, exsangue d’une exploitation industrielle anarchique et d’un grand bond en arrière laissé en seul héritage à cette jeunesse qui vibre au diapason de l’Occident. Un rêve qu’ils n’étaient pas les seuls à partager, un désir saillant, mais illusoire. Par ses rayons lumineux, One Summer with You bercera le cœur de nombreux spectateurs.
Sun Hongwei, un jeune facteur, tombe amoureux de la douce Li Mingxin. Cette dernière, admise à l’Université de Pékin, ne le saura pourtant pas. En effet, son cher et tendre ne peut imaginer vivre sans elle…
Bien que distribué par October Pictures Limited à Hong Kong, One Summer with You est un film continental avant tout. Produit par la Jiangsu Huawei Film & Television Art Company et filmé dans cette même province, le film possède d’abord une indéniable identité chinoise. Le réalisateur Dong Xie a grandi dans les dernières années de Mao et boucla ses études à la Beijing Film Academy.
La patte de l’École pékinoise est reconnaissable, mais à l’opposé de films chinois minimalistes vus du moment, One Summer with You dépeint de manière très classique une romance adolescente sur fond d’ouverture de la Chine populaire au monde occidental. C’est la bière, la musique occidentale à la radio ou sur cassettes qui font leur entrée dans les mœurs.
À une époque coincée entre
la première tournée d’un Occidental – Jean-Michel Jarre dans les grandes métropoles chinoises que sont Shanghai et Beijing – et les manifestations matées dans le sang, cette campagne du milieu des années 80 est encore bien traditionnelle, attachée aux valeurs vertueuses des femmes, à l’idéologie communiste brandie à coup de slogan sur panneaux et dans la cour des écoles. Les bavardages vont bon train dans le voisinage.C’est une époque où il ne fait pas bon sortir du rang.
Pourtant, un jeune homme le fait au début du film et la société respire un parfum de liberté. Sur fond de propagande, aussi présente dans les chansons, Sun Hongwei tombe amoureux de Li Mingxin. Renvoyé de l’é
cole pour avoir porté outrage à un professeur et l’avoir fièrement revendiqué, Sun Hongwei devient facteur comme son père. Dès lors, il va s’attacher à porter avec diligence le courrier à la belle Li Mingxin, première de sa promotion et fille de coiffeuse, en passe de partir pour Pékin. Mais la jeunesse est éprise de liberté et Hongwei se sait bloqué en province à cause de son attitude frondeuse. Il va donc cacher à Li sa lettre d’admission à l’Université de Pékin, attendue comme une bonne nouvelle émancipatrice et signe d’un avenir prometteur.Loin d’être originale, la thématique de l’œuvre reste très bien menée. Pas trop de longueurs, le rythme d’une romance sur fond de chronique sociale ; l’évanescence d’une Chine en mutation et les aspirations d’une jeunesse en mal d’envies. Un ressort tragique ouvre le film et fait durer le suspens (ou du moins ce que nous croyons qu’il en reste) jusqu’à la fin de l’œuvre ; à moins qu’elle ne soit la rêverie douloureuse d’un Hongwei fou d’amour.
Cette manœuvre subversive que certains qualifieraient de vicieuse est en fait un piège subtil où il fait bon se laisser prendre et pour cela,
le film réclame une attention particulière. On ne peut adhérer complètement au personnage de Hongwei qui, par amour, « ruine » la carrière de Mingxin ; mais on peut expliquer ce geste : la peur du vide, de l’absence, lorsqu’on a trouvé l’amour est sinon pardonnable du moins compréhensible. Ambivalence du personnage effrayé d’avoir perdu ce cachet censé sceller son destin, maladresse de l’amoureux qui tend cette lettre comme un aveu, le film sait marier les genres avec audace.Vers la fin du long métrage, un plan d’ensemble sur la ville nous montre une Chine prématurément vieillie, exsangue d’une exploitation industrielle anarchique et d’un grand bond en arrière laissé en seul héritage à cette jeunesse qui vibre au diapason de l’Occident. Un rêve qu’ils n’étaient pas les seuls à partager, un désir saillant, mais illusoire. Par ses rayons lumineux, One Summer with You bercera le cœur de nombreux spectateurs.
Vianney Meunier
(2006)
(2006)



















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