dimanche 16 décembre 2007
Les Larmes du Yangzi
Les Larmes du Yangzide Cai Chuscheng & Zheng Junli, 1947
Avec Tao Jin, Bai Yang, Shu Xiuwen, Wu Yin
Monsieur Zhang s'engage pour le maquis face au Japon et laisse derrière lui sa femme et sa mère. Loin de Shanghai, cet homme devient un des responsables de la lutte armée à Chongqing. Mais un jour il perd tout : son honneur, son estime, sa famille. Et pour cause : la guerre se finit et il se consolera dans les bras d'une autre femme, oubliant les anciennes promesses faites à sa femme, à la lueur de la lune et du fleuve Yangzi...
Les larmes de Yangzi est un film-fleuve (ce n'est pas un jeu de mots). Avec plus de 3 h 30 au compteur, cela est rare, voir unique dans le cinéma d'antan.
Cependant, cette durée peut-elle se justifier par une qualité cinématographique exceptionnelle ? Malheureusement non...
Les Larmes du Yangzi, traduction erronée d'un poème de Li Yu, est une fresque jalonnant plusieurs années difficiles et sensibles de l'Histoire chinoise.
De 1937 où Shanghai est envahie (le 08.08.1937 : incident du Pont de Marco Polo) à quelques années plus tard où le Japon, défait, laisse sa place à une guerre fratricide entre le Parti Communiste et le Guomindang, le long métrage parcourt le chemin d'un homme pris au dépourvue, quand la bise sociale fut venue.
Zhang Zhongliang, homme de courage, s'engage dans la résistance et laisse sa famille dans la peine d'une séparation.
Alors qu'il devait revenir s'occuper des siens après quelques temps passé au front et au commande d'une troupe à Chongqing, Monsieur Zhang, comme on l'appelle, ne reviendra pas, car la providence, après de longs moments de déchéances, lui offre une nouvelle vie de notable auprès d'une nouvelle femme dont il est devenu l'amant.
Pendant l'aventure d'u
n homme en proie aux doutes des promesses tenues, sa femme, accompagnée de sa mère vivent des temps misérables sous l'occupation japonaise. L'oeuvre de Cai Cuisheng & Zheng Junli devient alors, à certains instants, un film entièrement dédié à l'occupation et à ses crimes les plus sauvages. Cet environnement renforce d’autant plus les différences entre Monsieur Zhang et sa femme. Cette dernière jamais cessée de croire encore au retour de son époux alors que ce dernier était déjà dans les bras de bien d'autres.
Une scène terrible et cruelle montre sa femme devenue servante de la famille de sa maîtresse. Ce constat amer du changement de Monsieur Zhang est d'une peine infinie, ravageant le coeur de nombreux spectateurs.
Mais alors que l’on s'attendait à un film critique sur son temps et ses valeurs sociales, on se retrouve nez à nez avec un développement étriqué par le pathos exacerbé de la femme de Monsieur Zhang, et par le peu d'évènements historiques e
xploités à leurs justes valeurs. Si le regard sur l'occupation nous arrache quelques larmes, la durée du film en fait de même avec nos bâillements. En cela, les Larmes du Yangzi pèche par un excès de bien faire et ne réussit guère à intensifier la relation du couple, comme le montre le dernier quart d'heure, apothéose dramatique dont on ne perçoit pas toute l'intensité faute du manque patent du développement psychologique du personnage, plus particulièrement autour de Monsieur Zhang et de ses promesses.
Le film est ainsi en deçà des espoirs et des superlatifs fondés à son sujet, mais reste d'un intérêt puissant pour ses références sur la ruralité, ses anecdotes sur la bande dessinée érotique « les dessous du pôle Sud », sa scène où l'enfant de Monsieur Zhang se détache de l'affection paternelle et bien entendu pour tous les actes de résistances de l’époque.
Monsieur Zhang s'engage pour le maquis face au Japon et laisse derrière lui sa femme et sa mère. Loin de Shanghai, cet homme devient un des responsables de la lutte armée à Chongqing. Mais un jour il perd tout : son honneur, son estime, sa famille. Et pour cause : la guerre se finit et il se consolera dans les bras d'une autre femme, oubliant les anciennes promesses faites à sa femme, à la lueur de la lune et du fleuve Yangzi...
Les larmes de Yangzi est un film-fleuve (ce n'est pas un jeu de mots). Avec plus de 3 h 30 au compteur, cela est rare, voir unique dans le cinéma d'antan.
Cependant, cette durée peut-elle se justifier par une qualité cinématographique exceptionnelle ? Malheureusement non...
Les Larmes du Yangzi, traduction erronée d'un poème de Li Yu, est une fresque jalonnant plusieurs années difficiles et sensibles de l'Histoire chinoise.
De 1937 où Shanghai est envahie (le 08.08.1937 : incident du Pont de Marco Polo) à quelques années plus tard où le Japon, défait, laisse sa place à une guerre fratricide entre le Parti Communiste et le Guomindang, le long métrage parcourt le chemin d'un homme pris au dépourvue, quand la bise sociale fut venue.Zhang Zhongliang, homme de courage, s'engage dans la résistance et laisse sa famille dans la peine d'une séparation.
Alors qu'il devait revenir s'occuper des siens après quelques temps passé au front et au commande d'une troupe à Chongqing, Monsieur Zhang, comme on l'appelle, ne reviendra pas, car la providence, après de longs moments de déchéances, lui offre une nouvelle vie de notable auprès d'une nouvelle femme dont il est devenu l'amant.
Pendant l'aventure d'u
n homme en proie aux doutes des promesses tenues, sa femme, accompagnée de sa mère vivent des temps misérables sous l'occupation japonaise. L'oeuvre de Cai Cuisheng & Zheng Junli devient alors, à certains instants, un film entièrement dédié à l'occupation et à ses crimes les plus sauvages. Cet environnement renforce d’autant plus les différences entre Monsieur Zhang et sa femme. Cette dernière jamais cessée de croire encore au retour de son époux alors que ce dernier était déjà dans les bras de bien d'autres.Une scène terrible et cruelle montre sa femme devenue servante de la famille de sa maîtresse. Ce constat amer du changement de Monsieur Zhang est d'une peine infinie, ravageant le coeur de nombreux spectateurs.
Mais alors que l’on s'attendait à un film critique sur son temps et ses valeurs sociales, on se retrouve nez à nez avec un développement étriqué par le pathos exacerbé de la femme de Monsieur Zhang, et par le peu d'évènements historiques e
xploités à leurs justes valeurs. Si le regard sur l'occupation nous arrache quelques larmes, la durée du film en fait de même avec nos bâillements. En cela, les Larmes du Yangzi pèche par un excès de bien faire et ne réussit guère à intensifier la relation du couple, comme le montre le dernier quart d'heure, apothéose dramatique dont on ne perçoit pas toute l'intensité faute du manque patent du développement psychologique du personnage, plus particulièrement autour de Monsieur Zhang et de ses promesses.Le film est ainsi en deçà des espoirs et des superlatifs fondés à son sujet, mais reste d'un intérêt puissant pour ses références sur la ruralité, ses anecdotes sur la bande dessinée érotique « les dessous du pôle Sud », sa scène où l'enfant de Monsieur Zhang se détache de l'affection paternelle et bien entendu pour tous les actes de résistances de l’époque.
Damien Paccellieri


















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