vendredi 7 décembre 2007
Crazy Stone
Crazy Stone de Ning Hao, 2006Avec Guo Tao, Liu Hua, Xu Zheng
Ning Hao, déjà réalisateur de Mongolian Ping Pong (distribué en France), se révèle avec Crazy Stone comme l’un des cinéastes chinois à suivre. Son long métrage a littéralement enflammé le box-office. Produit avec peu de moyens (et par la société de Andy Lau), Crazy Stone a rapporté un sacré pactole.
Chongqing, ville d’accueil de cette comédie et municipalité la plus peuplée de Chine (en comptant son agglomération), est sans doute une des cités chinoises où l’on peut voir vraiment les évolutions de la société. Toujours en construction voir en destruction, la chaleur régionale, les pavés de la ville et sa jeunesse underground, semblent avoir forgé l’un des repères artistiques chinois de demain.
Avec ce film, le cinéaste nous conte la délirante épopée d’une sacrée famille de personnages.
Le long métrage s’ouvre sur deux scènes conjointes annonçant la couleur et nous préparant aux meilleurs déluges humoristiques.
Dès lors, toute votre attention se concentrera sur votre écran, car la suite est un ensemblier de nombreuses scènes vues sous un angle différent, des yeux d’un protagoniste à ceux d’un autre.
Un simple accident de voiture prend des proportions inimaginables avec une cascade d’interactions. Le frein à main d’une voiture lâche, la bouteille de coca tombe d’un téléphérique de la ville et s’écrase sur une autre voiture. En route vers l’inévitable !
Dans toute cette mascarade où les principaux acteurs du film se rencontrent fortuitement, la course à la pierre précieuse est lancée lorsque la radio passe un message expliquant la découverte d’un jade énorme au prix inestimable.
Bao, employé dans une manufacture de statue, semble voué à quitter son emploi si la société ne fait pas plus de profits.
Il organise alors une
exposition autour du jade retrouvé dans le but d’attirer une forte population et relancer les affaires. Mais ne voulez pas que sa petite mise en scène soit perturbée par une poignée de voleurs amateurs souhaitant s’emparer de la pierre ?
Bien entendu, un professionnel de la tire averti par les journaux locaux ainsi que le fils du patron de la manufacture y voient une formidable opportunité pour plier bagage sous les cocotiers. Et Bao, au milieu de tout cela, régente les hostilités…
Avec une fresque mongole pour premier film, puis une comédie loufoque, on se demande ce que nous mijote Ning Hao pour sa troisième œuvre, tant il étonne par son hétérogénéité cinématographique.
Crazy Stone, qui a déjà acheté par Europa Corp (Luc Besson) pour une probable exploitation française est un signe avant-coureur d’un cinéma chinois inventif malgré les fauches de la censure.
Avec une pléiade de personnages acidulés, le cinéaste ne garde pas moins sous le couvert de se boyauter, une trame sociale importante.
Il surexpose le microsystème urbain d’une ville en devenir dont les projets économiques en font l’une des futures grandes puissances géographiques chinoises.
Ning Hao dresse également le portrait d’une ville aux multiples combines et faux-semblants. Cette thématique s’immisce par de petites allusions poétiques ou par des remarques des héros sous l’emprise de leurs propres démons.
Cette ingénue manière de donner naissance à la matière sociale ne cache cependant pas la première mission du film : faire rire.
Et sur ce point, Crazy Stone est sévèrement armé pour réussir.
On ne peut s’empêcher de penser immédiatement à Snatch ou Arnaques Crimes et Botanique de l’anglais Guy Ritchie, réalisateur innovant par sa capacité à jumeler la comédie à l’accent local et au milieu social populaire « so british ».
Le développement narratif, basé sur plusieurs points de vues de la même scène, auquel s’ajoutent quelques effets de surenchère donne à Crazy Stone une enveloppe charnelle des plus séduisantes.
Le cocktail des personnages déconcertants n’est pas innocent à cette drague cinématographique.
Avec un voleur professionnel tout droit sorti des films de Johnnie To, des brigands de bas étage et leurs arnaques à la canette, sans parler de Bao qui cherche le meilleur moyen de mettre un peu d’essence dans ses économies, Crazy Stone arrive à nous subtiliser des sourires bien mérités.
Là où souvent la comédie chinoise reste coincée dans les vieilles jupes de la tradition, Crazy Stone défriche le terrain et fait peau neuve, tout en étant assez caustique pour rester objectif et analytique d’une certaine démesure chinoise.
En comparaison, de nombreuses comédies tournées sous l’étendard des studios d’État ne proposent aucune démarche intelligible si ce n’est de montrer les sempiternelles vertus d’un modèle qui depuis, éclate en petits morceaux (complexification des relations sociales, politique et économie en constante évolution…). Ainsi, Ning Hao fixe le cap d’une nouvelle donne humoristique qui, fort de son succès dans les salles obscures, est devenue une référence en Chine.
Ning Hao, déjà réalisateur de Mongolian Ping Pong (distribué en France), se révèle avec Crazy Stone comme l’un des cinéastes chinois à suivre. Son long métrage a littéralement enflammé le box-office. Produit avec peu de moyens (et par la société de Andy Lau), Crazy Stone a rapporté un sacré pactole.
Chongqing, ville d’accueil de cette comédie et municipalité la plus peuplée de Chine (en comptant son agglomération), est sans doute une des cités chinoises où l’on peut voir vraiment les évolutions de la société. Toujours en construction voir en destruction, la chaleur régionale, les pavés de la ville et sa jeunesse underground, semblent avoir forgé l’un des repères artistiques chinois de demain.
Avec ce film, le cinéaste nous conte la délirante épopée d’une sacrée famille de personnages.
Le long métrage s’ouvre sur deux scènes conjointes annonçant la couleur et nous préparant aux meilleurs déluges humoristiques.
Dès lors, toute votre attention se concentrera sur votre écran, car la suite est un ensemblier de nombreuses scènes vues sous un angle différent, des yeux d’un protagoniste à ceux d’un autre.
Un simple accident de voiture prend des proportions inimaginables avec une cascade d’interactions. Le frein à main d’une voiture lâche, la bouteille de coca tombe d’un téléphérique de la ville et s’écrase sur une autre voiture. En route vers l’inévitable !
Dans toute cette mascarade où les principaux acteurs du film se rencontrent fortuitement, la course à la pierre précieuse est lancée lorsque la radio passe un message expliquant la découverte d’un jade énorme au prix inestimable.
Bao, employé dans une manufacture de statue, semble voué à quitter son emploi si la société ne fait pas plus de profits.
Il organise alors une
exposition autour du jade retrouvé dans le but d’attirer une forte population et relancer les affaires. Mais ne voulez pas que sa petite mise en scène soit perturbée par une poignée de voleurs amateurs souhaitant s’emparer de la pierre ? Bien entendu, un professionnel de la tire averti par les journaux locaux ainsi que le fils du patron de la manufacture y voient une formidable opportunité pour plier bagage sous les cocotiers. Et Bao, au milieu de tout cela, régente les hostilités…
Avec une fresque mongole pour premier film, puis une comédie loufoque, on se demande ce que nous mijote Ning Hao pour sa troisième œuvre, tant il étonne par son hétérogénéité cinématographique.
Crazy Stone, qui a déjà acheté par Europa Corp (Luc Besson) pour une probable exploitation française est un signe avant-coureur d’un cinéma chinois inventif malgré les fauches de la censure.
Avec une pléiade de personnages acidulés, le cinéaste ne garde pas moins sous le couvert de se boyauter, une trame sociale importante.
Il surexpose le microsystème urbain d’une ville en devenir dont les projets économiques en font l’une des futures grandes puissances géographiques chinoises.Ning Hao dresse également le portrait d’une ville aux multiples combines et faux-semblants. Cette thématique s’immisce par de petites allusions poétiques ou par des remarques des héros sous l’emprise de leurs propres démons.
Cette ingénue manière de donner naissance à la matière sociale ne cache cependant pas la première mission du film : faire rire.
Et sur ce point, Crazy Stone est sévèrement armé pour réussir.
On ne peut s’empêcher de penser immédiatement à Snatch ou Arnaques Crimes et Botanique de l’anglais Guy Ritchie, réalisateur innovant par sa capacité à jumeler la comédie à l’accent local et au milieu social populaire « so british ».
Le développement narratif, basé sur plusieurs points de vues de la même scène, auquel s’ajoutent quelques effets de surenchère donne à Crazy Stone une enveloppe charnelle des plus séduisantes.
Le cocktail des personnages déconcertants n’est pas innocent à cette drague cinématographique.
Avec un voleur professionnel tout droit sorti des films de Johnnie To, des brigands de bas étage et leurs arnaques à la canette, sans parler de Bao qui cherche le meilleur moyen de mettre un peu d’essence dans ses économies, Crazy Stone arrive à nous subtiliser des sourires bien mérités.
Là où souvent la comédie chinoise reste coincée dans les vieilles jupes de la tradition, Crazy Stone défriche le terrain et fait peau neuve, tout en étant assez caustique pour rester objectif et analytique d’une certaine démesure chinoise.
En comparaison, de nombreuses comédies tournées sous l’étendard des studios d’État ne proposent aucune démarche intelligible si ce n’est de montrer les sempiternelles vertus d’un modèle qui depuis, éclate en petits morceaux (complexification des relations sociales, politique et économie en constante évolution…). Ainsi, Ning Hao fixe le cap d’une nouvelle donne humoristique qui, fort de son succès dans les salles obscures, est devenue une référence en Chine.Damien Paccellieri


















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