mardi 13 novembre 2007
Zhou Yu's Train
Zhou Yu's Train de Sun Zhou, 2002Avec Gong Li, Tony Leung Ka-fai, Sun Honglei
Zhou Yu, une jeune femme peintre sur porcelaine, s'amourache du poète Chen Ching après qu'il lui écrivit un poème d'amour. Chaque semaine, elle rejoint, après un long trajet en train, la vieille bibliothèque où son amoureux de poète passe ses jours parmi des rayons de livres jaunis au fil du temps.
Balançant entre les rythmes de la poésie et les cahotements du train, le récit non conformiste frôle les limites entre réalité et imagination.
Zhou Yu (Gong Li) est une enfant, une adolescente et une femme, à la fois. Un personnage qui incarne les traits de la candeur, de la jeunesse qui se fane au gré des rêves, en attendant que l'homme de ses rêv
es vienne lui redonner vie. Tel un papillon dans son cocon, cet homme qu'elle rencontrera lors d'un énième voyage, lui permettra de prendre ses vraies couleurs, radieuse de sentir battre son cœur, donnant sens à ce long périple en train qu'est la vie. C'est une fille amoureuse d'un rêve, d'une vie, à la quête d'un quai, d'une gare où poser pied, et dont l'esprit hante le train qui semble lui appartenir, tant ses doutes et ses espoirs (son esprit) résonnent dans les wagons du train, occultant même le bruit de celui-ci qui file dans la nuit opaque, vers la lumière, avec à son bord des papillons aux sentiments éphémères. Elle voyage et elle voyage « sans arrêt », à la recherche de ce quelqu'un ou de ce quelque chose qui pourrait changer sa vie, redéfinir son existence. Cet être qu'est Chen Ching (Tony Leung Ka-Fai), elle va le trouver au travers de quelque chose qui lui parle intiment, qui la rend heureuse. Ce quelque chose est un poème, symbole du reflet de l'âme et comparable au miroir, à la surface placide d'un lac où l’on se confond.
« Pour atteindre ton cœur dans mon exil
Parfois ma voix se fait fragile
Une douce brise caresse tes traits glacés
Lac Céleste, le céladon enchanté
Fondant dans mes douces mains comme ta frêle peau
Tu te déverses dans mon Lac Céleste aussitôt
Pour le remplir entièrement
Remplir entièrement »
Elle partira même à la recherche de ce lac, avec lequel Chen Ching la compare et dont il s'est inspiré pour écrire son fameux poème.
Cette quête du lac est une quête de soi, en soi, tout comme la volonté de voir réussir l'autre dans sa démarche de publication de ses textes poétiques. Et c’est ce qui pousse Chen Ching à lui demander si elle l'aime ou si c'est plutôt ses textes.
Comment ne pas être sous le charme de Zhou Yu ? (incarné à merveille par Gong Li, plus belle que jamais) ? Il suffit de la regarder un instant, lors d'une danse, laissant entrevoir quelques secondes ses cuisses pour qu'une sensation étrange, mêlant désir et rêve, vous prenne sans que vous réussissiez à résister et réagir.
Tous ceux, qui croisent
ou qui ont croisé sa route, tombent immédiatement sous son charme. Le contrôleur du train, tout comme les amis du Dr. Zhang (Sun Honglei), un vétérinaire qui la rencontre dans le train, s'éprennent d'elle à l'instant où ils la voit.
Le film jouant subtilement sur de nombreux « jeux de miroirs », le Dr. Zhang tombe amoureux de Zhou Yu grâce à un vase qu'elle peint pour son amant, tout comme elle est tombée amoureuse de Chen Ching par son poème.
Ce film fascine par sa poésie. Entendons le mot au sens large du terme. Oui, le film baigne dans une poésie qu'il faut avoir lue, parcourue, pour en saisir toute l'essence et tous les sens.
Comme le disait Baudelaire dans un poème des Fleurs du mal, « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». La photographie est sans reproche, rappelant le travail minutieux d'un Wong Kar-wai dans ses heures inspirées.
La prestation des acteurs est aussi très inspirée. On est subjugué par leur talent de Gong Li qui nous offre une composition époustouflante rarement offerte par une actrice asiatique. Elle a su incarner son personnage avec justesse, conférant au film toute sa dimension d'œuvre unique et surtout magique, dans le sens où l'on en revient pas, encore sous l'ém
otion, une fois que le train qu'elle a marqué de son empreinte, de son être, s'éloigne de vous… au travers du générique de fin. Comment pourrait-on finir, sans parler de bande originale ? Parfaite aussi, tant les mélodies classiques collent au film, aux sentiments des personnages. Elles nous bercent et nous transportent davantage dans cet onirisme susurré à nos rêves tant l'émotion est grande et unique. En somme, nous avons affaire là à un très grand film, à ne rater sous aucun prétexte pour les amoureux.
Zhou Yu, une jeune femme peintre sur porcelaine, s'amourache du poète Chen Ching après qu'il lui écrivit un poème d'amour. Chaque semaine, elle rejoint, après un long trajet en train, la vieille bibliothèque où son amoureux de poète passe ses jours parmi des rayons de livres jaunis au fil du temps.
Balançant entre les rythmes de la poésie et les cahotements du train, le récit non conformiste frôle les limites entre réalité et imagination.
Un train de vie
Zhou Yu (Gong Li) est une enfant, une adolescente et une femme, à la fois. Un personnage qui incarne les traits de la candeur, de la jeunesse qui se fane au gré des rêves, en attendant que l'homme de ses rêv
es vienne lui redonner vie. Tel un papillon dans son cocon, cet homme qu'elle rencontrera lors d'un énième voyage, lui permettra de prendre ses vraies couleurs, radieuse de sentir battre son cœur, donnant sens à ce long périple en train qu'est la vie. C'est une fille amoureuse d'un rêve, d'une vie, à la quête d'un quai, d'une gare où poser pied, et dont l'esprit hante le train qui semble lui appartenir, tant ses doutes et ses espoirs (son esprit) résonnent dans les wagons du train, occultant même le bruit de celui-ci qui file dans la nuit opaque, vers la lumière, avec à son bord des papillons aux sentiments éphémères. Elle voyage et elle voyage « sans arrêt », à la recherche de ce quelqu'un ou de ce quelque chose qui pourrait changer sa vie, redéfinir son existence. Cet être qu'est Chen Ching (Tony Leung Ka-Fai), elle va le trouver au travers de quelque chose qui lui parle intiment, qui la rend heureuse. Ce quelque chose est un poème, symbole du reflet de l'âme et comparable au miroir, à la surface placide d'un lac où l’on se confond.« Pour atteindre ton cœur dans mon exil
Parfois ma voix se fait fragile
Une douce brise caresse tes traits glacés
Lac Céleste, le céladon enchanté
Fondant dans mes douces mains comme ta frêle peau
Tu te déverses dans mon Lac Céleste aussitôt
Pour le remplir entièrement
Remplir entièrement »
Elle partira même à la recherche de ce lac, avec lequel Chen Ching la compare et dont il s'est inspiré pour écrire son fameux poème.
Cette quête du lac est une quête de soi, en soi, tout comme la volonté de voir réussir l'autre dans sa démarche de publication de ses textes poétiques. Et c’est ce qui pousse Chen Ching à lui demander si elle l'aime ou si c'est plutôt ses textes.
Un train nommé désir
Comment ne pas être sous le charme de Zhou Yu ? (incarné à merveille par Gong Li, plus belle que jamais) ? Il suffit de la regarder un instant, lors d'une danse, laissant entrevoir quelques secondes ses cuisses pour qu'une sensation étrange, mêlant désir et rêve, vous prenne sans que vous réussissiez à résister et réagir.
Tous ceux, qui croisent
ou qui ont croisé sa route, tombent immédiatement sous son charme. Le contrôleur du train, tout comme les amis du Dr. Zhang (Sun Honglei), un vétérinaire qui la rencontre dans le train, s'éprennent d'elle à l'instant où ils la voit.Le film jouant subtilement sur de nombreux « jeux de miroirs », le Dr. Zhang tombe amoureux de Zhou Yu grâce à un vase qu'elle peint pour son amant, tout comme elle est tombée amoureuse de Chen Ching par son poème.
Un train pas comme les autres
Ce film fascine par sa poésie. Entendons le mot au sens large du terme. Oui, le film baigne dans une poésie qu'il faut avoir lue, parcourue, pour en saisir toute l'essence et tous les sens.
Comme le disait Baudelaire dans un poème des Fleurs du mal, « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». La photographie est sans reproche, rappelant le travail minutieux d'un Wong Kar-wai dans ses heures inspirées.
La prestation des acteurs est aussi très inspirée. On est subjugué par leur talent de Gong Li qui nous offre une composition époustouflante rarement offerte par une actrice asiatique. Elle a su incarner son personnage avec justesse, conférant au film toute sa dimension d'œuvre unique et surtout magique, dans le sens où l'on en revient pas, encore sous l'ém
otion, une fois que le train qu'elle a marqué de son empreinte, de son être, s'éloigne de vous… au travers du générique de fin. Comment pourrait-on finir, sans parler de bande originale ? Parfaite aussi, tant les mélodies classiques collent au film, aux sentiments des personnages. Elles nous bercent et nous transportent davantage dans cet onirisme susurré à nos rêves tant l'émotion est grande et unique. En somme, nous avons affaire là à un très grand film, à ne rater sous aucun prétexte pour les amoureux.Mohamed T.


















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