samedi 17 novembre 2007

Twenty Something Taipei

Twenty Something in Taipei de Leon Dai, 2002
Avec Stanley Huang, Vivi Wang, Rebecca Chiang

Twenty Something Taipei ou
la vie tumultueuse de Xiao Ma, Eva, Ben, Cola, Cindy, Vivi, Iden et Hitomi, des jeunes adultes de la capitale taiwanaise, à la découverte de leur sexualité, mais aussi de la société qui les mine un peu plus, jour après jour…








Voilà un long métrage qui avait tout pour réussir sur le papier et qui se révèle être une véritable bérézina cinématographique pour post-adolescent. Classé film pour adulte dès sa sortie en salle, Twenty Something in Taipei fit grand bruit sur l'île de Formose, particulièrement auprès des jeunes. En effet, vendu comme une oeuvre à la mode et sur le mode de vie des jeunes — sexualité et soirées technos — Twenty Something in Taipei devait être le nouveau Millennium Mambo, valeur étalon du cinéma taiwanais sur la condition des jeunes urbains.

Avec en toile de fond de nombreuses relations sentimentales et sexuelles agrégé d'un parti prit pour l'homosexualité, le long métrage se ruine à ne présenter seulement qu'une vaste série de rencontres et de vivre ensemble « d'adulescents » en pleine déliquescence, dans un hédonisme prononcé. Alors qu'on s'attendait à franchir une étape supplémentaire après le chef d'oeuvre d'Hou Hsiao-hsien, on ne voit rien, mais alors rien qui puisse rivaliser à sa réflexion, sa mise en scène et à ce sentiment de perte de repères. Le réalisateur préfère s'acharner sur des portraits de jeunes certes sympathiques, mais dont on ne peut prendre les valeurs comme référentiels, même pour une certaine tranche de la population noctambule taiwanaise.

C'est en quelque sorte un long métrage trompe-l'oeil sur des valeurs de
carpe diem, de sentiments pour le même sexe et de décalage social que l'on connaît fort bien déjà. Le film, atteint du syndrome de la coquille vide remporte la mise sur les apparences, mais perd le tapis par son exécrable scénario. Alors bien sûr, les amateurs de bonnes chairs, d'ambiance technoïde et d'une (homo) sexualité à fleur de peau prendront peut-être du plaisir, mais ce n'est guère assez pour se sustenter. On se demande comment Leon Dai a pu si bien saborder son long métrage, tant les sujets comme l’homosexualité, sont excellemment bien traités dans le cinéma taiwanais.

Cependant, il subsiste une petite lueur de qualité en la présense de l'excellente bande originale, ambassadrice de la vitalité musicale taiwanaise et plus particulièrement de sa scène électronique. C’est un véritable régal, sans que Lim Giong, d’habitude commis d’office lorsqu’on parle de musique électro made in Taiwan, se soit invité dans la tracklist. À elle seule, elle vous exonère de l’achat DVD direction celui du CD. Ainsi, Twenty Something in Taipei, légitime successeur sur le papier du brillant Millennium Mambo, n’en a que la forme et s’abîme sur le fond. Dommage pour ce long métrage à l’univers musical séducteur.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 16:00

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