lundi 19 novembre 2007
Taipei Story
Taipei Story d’Edward Yang, 1985Avec Hou Hsiao-hsien, Cao Qin
Chin est devenue l’assistante personnelle d’une femme d’affaires. Cette promotion l’incite à quitter le foyer familial et à s’installer dans un appartement bien à elle. A-long, son ami de longue date, n’a jamais fait grand-chose de bien dans sa vie. Il rêve de s’installer aux États-Unis. Il a tendance à vivre replié sur le passé et s’accroche à sa passion d’adolescent pour le base-ball. Suite au rachat de sa société par un grand groupe, Chin démissionne. Elle réalise à quel point il lui est difficile d’échanger avec A-long…
Présenté au festival de Vesoul en février 2006, Taipei Story est certainement l’une des œuvres taiwanaises les plus difficiles d’accès, mais dont les précieuses réponses valent la peine de s’y plonger avec intensité.
Taipei Story porte à bout de bras la vie d’A-long (Hou Hsiao-hsien) et de sa douce dont les nombreuses difficultés financières et sentimentales affectent leur quotidien.
Commerçant de profession, le père d’A-long est un mauvais payeur et se met en danger auprès de ses receleurs.
Son fils s’en soucie guère souhaite partir aux États-Unis où les perspectives de réussites sont plus avantageuses. Mais peut-il échapper à ses problèmes de familles et de couple ? En effet, sa femme entretient une ancienne relation avec un homme du bureau où elle travaille. A-long de son côté garde contact avec une ancienne conquête au Japon. Dans Taipei, ville de tous les espoirs, mais aussi de toutes les vicissitudes, l’avenir de la jeunesse tombe en désuétude. Sur son chemin de croix, A-long aide ses amis dans le besoin et s’éloigne de plus en plus de son rêve…
Taipei Story est en quelque sorte un film somme de toutes les aspirations citadines et réflexions urbaines que se pose Hou Hsiao-hsien
, mais aussi son comparse feu Edward Yang qu’on a laissé souvent au bord du chemin de la reconnaissance puisqu’alors que ce cinéaste a réalisé tout de même A Brighter Summer Day, une œuvre culte et l’un des sommets de la cinématographie asiatique.
Edward Yang adopte une méthodologie lente, implacable, silencieuse et dense afin de nous tenir en haleine.
Il choisit le meilleur angle social pour exposer les relations de couples comme extra conjugal dans une ville immense, électrique et mélancolique.
Dans cette composition, Hou Hsiao-hsien étonne par ses talents d’acteurs même si ceux-là sont nettement diminués par la reconnaissance internationale qu’il a acquise en tant que réalisateur. Le voir en acteur est très étrange quand on connaît l’homme. D’ailleurs, il ne s’en cache pas, car lors de l’après séance du film à Vesoul, Hou Hsiao-hsien est venue lui-même parler de son interprétation et a clairement exprimé son ennui à jouer les acteurs. En effet, si le réalisateur de Three Times fut dans l’équipe de Taipei Story ce n’était que pour prêter main-forte à Edward Ya
ng qui avait des difficultés financières à produire le film notamment dans le paiement du groupe d’acteurs. C’est peut être là l’une des clés de la réussite de cette œuvre et des grandes œuvres de cinéma : quand on a pas d’argent, la pression des producteurs et du talent cela conclut souvent à des films très intéressants comme l’a été par exemple Dode’s Kaden d’Akira Kurosawa.
Hou Hsiao-hsien réussit dans ce long métrage à incarner une génération taiwanaise et plus généralement asiatique au doux rêve de l’exil américain.
Edward Yang laisse entrevoir quelques-unes de ses grandes thématiques tout comme sa fameuse marque de fabrique qui n’est pas de vivre le carpe diem au jour le jour, mais de se constituer une histoire, un patrimoine avec le temps. L’instinct, si présent dans les cinématographies occidentales, n’est pas une caractéristique propre à la culture taiwanaise comme la montre une mort toute programmée où le héros est face à ses souvenirs d’enfance par le biais d’une télévision et où l’imaginaire
remplace le vide béant de l’écran.
Cette fin est à l’image du film, une mélopée urbaine, une réflexion sociale à haute valeur ajoutée.
Taipei Story est aussi une grande aventure dans la jungle des néons électriques de la capitale taiwanaise avec tous les ennuis quotidiens d’un couple et d’une famille ordinaire.
Ainsi et vous l’aurez compris, cette œuvre porte définitivement bien son nom.
Chin est devenue l’assistante personnelle d’une femme d’affaires. Cette promotion l’incite à quitter le foyer familial et à s’installer dans un appartement bien à elle. A-long, son ami de longue date, n’a jamais fait grand-chose de bien dans sa vie. Il rêve de s’installer aux États-Unis. Il a tendance à vivre replié sur le passé et s’accroche à sa passion d’adolescent pour le base-ball. Suite au rachat de sa société par un grand groupe, Chin démissionne. Elle réalise à quel point il lui est difficile d’échanger avec A-long…
Présenté au festival de Vesoul en février 2006, Taipei Story est certainement l’une des œuvres taiwanaises les plus difficiles d’accès, mais dont les précieuses réponses valent la peine de s’y plonger avec intensité.
Taipei Story porte à bout de bras la vie d’A-long (Hou Hsiao-hsien) et de sa douce dont les nombreuses difficultés financières et sentimentales affectent leur quotidien.
Commerçant de profession, le père d’A-long est un mauvais payeur et se met en danger auprès de ses receleurs.
Son fils s’en soucie guère souhaite partir aux États-Unis où les perspectives de réussites sont plus avantageuses. Mais peut-il échapper à ses problèmes de familles et de couple ? En effet, sa femme entretient une ancienne relation avec un homme du bureau où elle travaille. A-long de son côté garde contact avec une ancienne conquête au Japon. Dans Taipei, ville de tous les espoirs, mais aussi de toutes les vicissitudes, l’avenir de la jeunesse tombe en désuétude. Sur son chemin de croix, A-long aide ses amis dans le besoin et s’éloigne de plus en plus de son rêve…
Taipei Story est en quelque sorte un film somme de toutes les aspirations citadines et réflexions urbaines que se pose Hou Hsiao-hsien
, mais aussi son comparse feu Edward Yang qu’on a laissé souvent au bord du chemin de la reconnaissance puisqu’alors que ce cinéaste a réalisé tout de même A Brighter Summer Day, une œuvre culte et l’un des sommets de la cinématographie asiatique.Edward Yang adopte une méthodologie lente, implacable, silencieuse et dense afin de nous tenir en haleine.
Il choisit le meilleur angle social pour exposer les relations de couples comme extra conjugal dans une ville immense, électrique et mélancolique.
Dans cette composition, Hou Hsiao-hsien étonne par ses talents d’acteurs même si ceux-là sont nettement diminués par la reconnaissance internationale qu’il a acquise en tant que réalisateur. Le voir en acteur est très étrange quand on connaît l’homme. D’ailleurs, il ne s’en cache pas, car lors de l’après séance du film à Vesoul, Hou Hsiao-hsien est venue lui-même parler de son interprétation et a clairement exprimé son ennui à jouer les acteurs. En effet, si le réalisateur de Three Times fut dans l’équipe de Taipei Story ce n’était que pour prêter main-forte à Edward Ya
ng qui avait des difficultés financières à produire le film notamment dans le paiement du groupe d’acteurs. C’est peut être là l’une des clés de la réussite de cette œuvre et des grandes œuvres de cinéma : quand on a pas d’argent, la pression des producteurs et du talent cela conclut souvent à des films très intéressants comme l’a été par exemple Dode’s Kaden d’Akira Kurosawa.Hou Hsiao-hsien réussit dans ce long métrage à incarner une génération taiwanaise et plus généralement asiatique au doux rêve de l’exil américain.
Edward Yang laisse entrevoir quelques-unes de ses grandes thématiques tout comme sa fameuse marque de fabrique qui n’est pas de vivre le carpe diem au jour le jour, mais de se constituer une histoire, un patrimoine avec le temps. L’instinct, si présent dans les cinématographies occidentales, n’est pas une caractéristique propre à la culture taiwanaise comme la montre une mort toute programmée où le héros est face à ses souvenirs d’enfance par le biais d’une télévision et où l’imaginaire
remplace le vide béant de l’écran.
Cette fin est à l’image du film, une mélopée urbaine, une réflexion sociale à haute valeur ajoutée.Taipei Story est aussi une grande aventure dans la jungle des néons électriques de la capitale taiwanaise avec tous les ennuis quotidiens d’un couple et d’une famille ordinaire.
Ainsi et vous l’aurez compris, cette œuvre porte définitivement bien son nom.
Damien Paccellieri


















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Bonjour
A quand des éditions DVD françaises (chez MK2 ou Carlotta) de ces magnifiques films d’Edward Yang ( enfin surtout « A Brighter Summer Day »).
Bonjour, oui effectivement ça serait souhaitable. Malheureuresement, je ne crois pas que c'est le type de films qui intéressent les éditeurs. Buisness & culture ne vont pas très bien ensembles dans ce secteur si ce n'est pour les films co-financés par le CNC, etc..