jeudi 15 novembre 2007

The Secret In The Wind

The Secret in the Wind de Wang Yen-ni, 2006
Court Métrage

La jeune Chia est en manque ; en manque d'un père, décédé et dont la famille n'arrive guère à faire le deuil. Mais Chia a aussi de l'énergie à revendre...


Une jeune fille sort de l'école et se dirige immédiatement vers le bureau de tabac pour jouer à une loterie pour enfant. Elle s'appelle Chia et est adorable.
Elle aime inscrire des numéros sur le chemin lorsqu'elle rentre chez elle. Comme toutes les petites filles, c'est une vraie farceuse, mais se sent terriblement triste à la maison, comme si quelqu'un manquait. Et ce quelqu'un s'appelle papa, la laissant avec une mère dépressive et un grand frère absent. Chia, pense beaucoup à son père. Elle met encore ses chaussures à côté de celle de son père dot elle prend soin.
Lors des fêtes du réveillon, Chia ose décorer l'autel de son père, en lui mettant une barbe de père noël e des fusées à la place des bâtons d'encens. Entre cette cruelle absence paternelle et la personnalité sucrée de Chia, The Secret in The Wind, brasse la vie d'une famille taiwanaise peut-être comme les autres...

Auréolé d'un Golden Horse 2006 du meilleur court métrage, The Secret in The Wind est une comptine dont on déplore la courte durée tant le spectateur prend plaisir à suivre les aventures de la petite Chia. Il est terrible de perdre son père et plus particulière lorsqu'on encore qu'un enfant. Ce choc psychologique pousse parfois à des gestes irréfléchis, thérapie gestuelle et sentimentale pour une petite fille comme Chia. Il est à la fois sympathique et traumatisant de voir la jeune Chia cirer les vieilles chaussures poussiéreuses de son père, de lui mettre une barbe sur la photo de son autel et de risquer sa vie en se reposant dans le réfrigérateur en compagnie d'un des anciens costumes de son père.
Mais on comprend fort bien ce mal nécessaire, dans une famille éclatée par le deuil dont la mère ne semble pas encore remise. D'un autre côté, le cinéaste opère un virage bucolique et poétique, en ajoutant de nombreux moments de loisirs enfantins tels la marelle ou le cerf-volant, véritable dichotomie entre la mort à la maison et la vie à l'extérieur. Bien sûr, une fois n'est pas coutume, on se régale devant l’excellence graphique de nos amis taiwanais, qui, depuis toujours, ont une longueur d'avance sur la capacité à rendre leur environnement éminemment cinématographique. Un savoir-faire dont ils sont dépositaires.

Ainsi, la mignonne petite bouille de Chia et sa thématique sur le décès paternel jalonneront vos mémoires, signes d'un court métrage maîtrisé, d'une richesse et d'une qualité très encourageante pour le devenir du cinéaste Wang Yen-ni . Chapeau bas.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 13:34

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