dimanche 23 septembre 2007
The missing gun
The Missing Gun de Lu Chuan, 2002Avec Jiang Wen, Ning Jing, Wu Yujuan
Un policier se réveille chez lui après une terrible cuite et ne retrouve plus son arme de service. C’est alors une terrible course contre la montre pour retrouver son bien et fermer ainsi la parenthèse d’une situation grave. Mais les villes de campagnes sont pleines de surprises…
Premier long métrage de Lu Chuan, réalisateur du superbe Ke Ke Xi Li et du prochain Nanjing Nanjing, The Missing Gun donne un bel aperçu du talent percutant et du culot cinématographique du jeune et prometteur cinéaste chinois.
Dans une ville de la campagne chinoise appelée Guiyang, dans la région de Guizhou, le long métrage, tiré de l’histoire « À la recherche du pistolet perdu » de Fan Yinping, nous divulgue l’histoire de Ma Shan, interprété par Jiang Wen, policier et père de famille, qui perd son arme de service. Il s’en rend compte lorsqu’il revêtit son uniforme et voit son pistolet manquer à sa ceinture.
Ma Shan le cherche alors partout, en vain. La peur lui inflige des sueurs froides car il connaît ce que lui réserve ses supérieurs si cette disparition s’ébruitait. Il va même jusqu’à soupçonner son propre fils par manque de sang froid. Ma Shan pense alors avoir laissé son arme dans son casier, mais ce ne qu’une désillusion de plus.
Se remémorant les dernier
s jours en sa possession, il pense immédiatement au mariage de sa sœur où il fut en tenu de service. Sans réfléchir un seul instant, il part immédiatement interroger et harceler sa sœur. Pour lui, ça ne peut être qu’une personne invitée au mariage…
Mais plus il avance dans ses recherches, plus le nombre de versions et d’interprétations des différents témoins le plonge dans la tourmente. Serait ce une ancienne conquête à l’origine de ce rapt ? Un collègue de travail ? Un ancien camarade militaire ? Les pistes se multiplient et Ma Shan se perd peu à peu….
Pour une première œuvre, Lu Chuan signe un coup d’éclat sur la forme, mais ne révolutionne en rien le fond, voir s’emmêle quelque fois les pinceaux.
En effet, les premiers instants nous marquent par leurs styles, à la fois jeunes, dynamiques, « mainstream » et recherchés visuellement. Que ce soit caméra à l’épaule, plans au sol ou grand angle en plan rapproché, Lu Chuan use de tous les eff
ets nécessaires pour dynamiser sa mise en scène, et ce, sans en faire trop, là où d’autres s’emploient dans des effets de manches peu inspirés.
Son regard sur la ruralité, la prédominance des tons gris et verts, les décors de vieilles ruelles et de village fantôme tout comme le fonctionnement de la police locale donnent une valeur ajoutée au long métrage vraiment intéressante.
Tout semble trouver sa place dans une charte graphique épatante qu’on a rarement l’occasion de voir dans un long métrage chinois si ce n’est dans Chicken Poets ou Dazzling.
Cependant à côté de cela et malgré la bonne interprétation de Jiang Wen, voir la beauté de Ning Jing, on se retrouve face à une histoire qui va de rebondissements en rebondissements sans que ceux là aboutissent à une stimulation scénaristique. The Missing Gun perd même de sa superbe au fil des minutes, jusqu’à se dissiper dans le dernier tiers
du film avec des imbroglios et excuses à n’en pas finir, éreintant le rythme général tenu par la mise en scène.
Peut être en demande t-on trop à Lu Chuan pour une première réalisation… Quoiqu’il en soit ce film donne un bel aperçu de l’étendu de sa créativité graphique et cinématographique, dont tout le monde s’est félicité pour Ke Ke Xi Li.
Ainsi The Missing Gun est à voir pour son enveloppe charnelle très séduisante, même s’il rate le coche dans son développement long et infructueux.
A noter: The Missing Gun est le premier film chinois à avoir été acheté par Columbia Picture USA avant même d’avoir été tourné. Evènement rare dans le cinéma chinois.
Un policier se réveille chez lui après une terrible cuite et ne retrouve plus son arme de service. C’est alors une terrible course contre la montre pour retrouver son bien et fermer ainsi la parenthèse d’une situation grave. Mais les villes de campagnes sont pleines de surprises…
Premier long métrage de Lu Chuan, réalisateur du superbe Ke Ke Xi Li et du prochain Nanjing Nanjing, The Missing Gun donne un bel aperçu du talent percutant et du culot cinématographique du jeune et prometteur cinéaste chinois.
Dans une ville de la campagne chinoise appelée Guiyang, dans la région de Guizhou, le long métrage, tiré de l’histoire « À la recherche du pistolet perdu » de Fan Yinping, nous divulgue l’histoire de Ma Shan, interprété par Jiang Wen, policier et père de famille, qui perd son arme de service. Il s’en rend compte lorsqu’il revêtit son uniforme et voit son pistolet manquer à sa ceinture.
Ma Shan le cherche alors partout, en vain. La peur lui inflige des sueurs froides car il connaît ce que lui réserve ses supérieurs si cette disparition s’ébruitait. Il va même jusqu’à soupçonner son propre fils par manque de sang froid. Ma Shan pense alors avoir laissé son arme dans son casier, mais ce ne qu’une désillusion de plus.
Se remémorant les dernier
s jours en sa possession, il pense immédiatement au mariage de sa sœur où il fut en tenu de service. Sans réfléchir un seul instant, il part immédiatement interroger et harceler sa sœur. Pour lui, ça ne peut être qu’une personne invitée au mariage…Mais plus il avance dans ses recherches, plus le nombre de versions et d’interprétations des différents témoins le plonge dans la tourmente. Serait ce une ancienne conquête à l’origine de ce rapt ? Un collègue de travail ? Un ancien camarade militaire ? Les pistes se multiplient et Ma Shan se perd peu à peu….
Pour une première œuvre, Lu Chuan signe un coup d’éclat sur la forme, mais ne révolutionne en rien le fond, voir s’emmêle quelque fois les pinceaux.
En effet, les premiers instants nous marquent par leurs styles, à la fois jeunes, dynamiques, « mainstream » et recherchés visuellement. Que ce soit caméra à l’épaule, plans au sol ou grand angle en plan rapproché, Lu Chuan use de tous les eff
ets nécessaires pour dynamiser sa mise en scène, et ce, sans en faire trop, là où d’autres s’emploient dans des effets de manches peu inspirés.Son regard sur la ruralité, la prédominance des tons gris et verts, les décors de vieilles ruelles et de village fantôme tout comme le fonctionnement de la police locale donnent une valeur ajoutée au long métrage vraiment intéressante.
Tout semble trouver sa place dans une charte graphique épatante qu’on a rarement l’occasion de voir dans un long métrage chinois si ce n’est dans Chicken Poets ou Dazzling.
Cependant à côté de cela et malgré la bonne interprétation de Jiang Wen, voir la beauté de Ning Jing, on se retrouve face à une histoire qui va de rebondissements en rebondissements sans que ceux là aboutissent à une stimulation scénaristique. The Missing Gun perd même de sa superbe au fil des minutes, jusqu’à se dissiper dans le dernier tiers
du film avec des imbroglios et excuses à n’en pas finir, éreintant le rythme général tenu par la mise en scène.Peut être en demande t-on trop à Lu Chuan pour une première réalisation… Quoiqu’il en soit ce film donne un bel aperçu de l’étendu de sa créativité graphique et cinématographique, dont tout le monde s’est félicité pour Ke Ke Xi Li.
Ainsi The Missing Gun est à voir pour son enveloppe charnelle très séduisante, même s’il rate le coche dans son développement long et infructueux.
A noter: The Missing Gun est le premier film chinois à avoir été acheté par Columbia Picture USA avant même d’avoir été tourné. Evènement rare dans le cinéma chinois.
Damien Paccellieri


















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