samedi 8 septembre 2007

Le Roi Singe

Le Roi Singe de Jeff Lau, 1997
Avec Stephen Chow, Athena Chu

Le roi Singe est interdit du paradis pour avoir tenté de manger le corps d’un moine. Quelques centaines d’années plus tard, réincarné en simple mortel pour punition, il fait la rencontre d’un jeune moine bouddhiste qu’il va aider dans sa quête.

Plus connu sous le nom de « Da Hua Xi You », Le Roi Singe fut un film miracle en son pays. Manque de chance ce fut aussi une sorte de Waterloo au box office et nombre de spectateurs se sont demandés si cette œuvre faisait bien partie de la
filmographie de Stephen Chow. Aujourd’hui quand on regarde ce long métrage on y prend encore un énorme plaisir malgré les années qui nous sépare de sa sortie.

Petite anecdote au passage, Le Roi Singe ne fut pas connu immédiatement à Hong Kong et en Chine continentale plus particulièrement, mais seulement deux années plus tard lorsque de nombreux individus se sont à nouveaux réunis dans les salles obscures pour y célébrer une deuxième sortie.
Tiré d’un roman traditionnel chinois de Wu Cheng-en connu à travers toute l’Asie, Le Roi Singe conte la vie d’un jeune bouddhiste, d’une foi inébranlable, qui compte aller au paradis des Bouddhas pour y trouver le livre sacré du bouddhisme. Afin d’accomplir cette tâche, il demande à un singe, un cochon, un diable et un cheval (qui est en fait un dragon blanc) de l’accompagner à passer 81 épreuves pour d’accéder au livre tant convoité.

Dans le roman de nombreux diablotins viennent semer des embûches à notre jeune homme. Mais le Roi Singe, son compagnon d’arme, d’apparence humaine (sa punition), courageux, vaillant et intelligent, le protège de leurs méfaits. C’est Stephen Chow, le héros de Kung Fu Hustle et Shaolin Soccer qui interprète le Roi Singe, avec comme caractéristique d’être un séducteur hors pair. Mais dans son rôle, l’amour n’est qu’une simple histoire de séduction. Cela se traduit avec une jolie fée qu’il arrive à séduire, ce qu’aucun simple mortel jusque là n’avait réussit à faire. Admirative de sa force et de son courage, la fée voit en ce bellâtre, l’homme de sa vie. Mais l’amour n’est pas un long fleuve tranquille ce n’est juste qu’un ravage sentimental éphémère.
Un démon Taureau vient alors jouer les troublions et s’empare de la fée de forte manière…

Le Roi Singe est un long métrage à part en Chine. Même s’il a été réalisé à Hong Kong, son influence sur le territoire chinois a été phénoménale. Cela provient notamment des paroles du long métrage, poétique quelque fois, absurde de temps à autre, mais toujours d’une extrême franchise.
Ainsi quand Stephen Chow parle à la fée, il va lui dire une phrase qui sera reprise par tous les jeunes chinois dans le cadre de leur romantisme absolu, ou devrait-on dire dans leur façon de draguer: « Avant j’avais un amour et c’était mon trésor, aujourd’hui je l’ai perdu et j’en suis triste. Si les dieux me donnaient une seconde chance je ne dirais qu’une seule chose à mon âme sœur : je t’aime. Et si cet amour doit durer, il durera cent mille ans ». Les garçons en ont profité pour faire les jolis cœurs devant les filles qui ne connaissaient pas encore le long métrage.

D’autres phrases ont irrémédiablement marqué l’esprit des spectateurs par leurs vulgarités toujours mêlées à cette sincérité.
Un exemple fort et dont on s’étonne à sa lecture : « je pourrais éjaculer jusqu’à la mort pour toi ». Formule obscène de prime abord, elle est malgré tout une formule maladroite de déclaration d’amour.
Le romantisme est à son paroxysme lorsque la fée déclare « qu’un jour, mon bel amoureux sur un nuage viendra me sauver des griffes des démons ». Pour les adolescentes chinoises et asiatiques en général, l’homme est vraiment perçu comme un prince charmant, un héros à marier. Mais les mœurs changent rapidement en Chine et cette image d’Epinal a sérieusement prise la poussière.

Ces quelques effets narratifs n’arrivent pas à cacher un déroulement harassant où le réalisateur semble parfois obstruer volontairement la bonne compréhension de son long métrage.

Il est encore plus dommageable pour ce film que certains détails ont été abandonnés comme ces costumes des différents figurants d’un mauvais goût certain. C’est simple : plus on y fait attention et plus on s’en dégoûte. Mais ne dit on pas que l’habit ne fait pas le moine (bouddhiste) ?
Au final, le Roi Singe en version sous titré française perd de par sa traduction un peu de son charme, mais il en reste un superbe conte chinois dont l’humour et l’amour seront vous enchanter d’autant plus que Stephen Chow, une fois encore, brille de mille feux.

Li Xin

Publié par damien à 11:15

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