vendredi 20 juillet 2007
Une Romance
Une Romance de Liu Te-kai , 2002 Avec Zhou Xun, Jeff Chang, Shun-ching Chiu
C'est en Chine, en 1945, que la jolie Ning-Jing va tomber amoureuse de son cousin Shuang-ruan. Mais elle va rapidement s'apercevoir que celui-ci est déjà fiancé. Embarrassés, les deux jeunes gens, de plus en plus épris l'un de l'autre, vont alors réaliser que leur amour est autant susceptible d'enfanter le bonheur qu'une véritable déferlante de douleurs…
Une Romance est la preuve que la Chine et Taiwan peuvent parfois s'entendre. Bénéficiant de capitaux essentiellement chinois, le taiwanais Liu Te-kai a également reçu l'autorisation de tourner en Chine (Shanghai en particulier).
Et pour un premier film, les réussites de Liu Te-kai ne se sont pas arrêtées là, puisque le jeune réalisateur a aussi bénéficié d'une star chinoise de renom, en la personne de Zhou Xun. Pour lui donner la réplique il fait appel à une autre star : Jeff Chang. Ce taiwanais, chanteur aujourd'hui établi en Chine (où il vit confortablement de son travail), est aussi l'interprète de la chanson du générique de fin et y parait plus à l'aise que dans le cinéma, malheureusement.
Mais revenons au réalisateu
r. En effet, Liu Te-kai a pris son temps avant de se lancer dans le grand bain des cinéastes. Producteur, scénariste, acteur, Liu Te-kai avait plus d'une corde à son arc et, avec Une Romance, il n' a pas hésité à toucher à tous les métiers du cinéma : assistant réalisateur dans un premier temps, il est ensuite passé à la production, avant d'étoffer son expérience aux Etats-Unis puis de revenir à Taiwan pour offrir ses services à la télévision locale.
Et voilà qu'enfin, après avoir véritablement fait ses preuves, Liu Te-kai se lance dans la réalisation et adapte une nouvelle de Zhong Xiaoyang pour le grand écran. Ce long métrage semble s'inscrire, dès ses premières minutes, comme le digne héritier d'un certain classicisme cinématographique chinois. Alors que d'autres réalisateurs de sa génération tentent aujourd'hui de briser les codes et d'immerger leurs caméras dans un désordre urbain beaucoup plus contemporain (Lou Ye, Jia Zhang-ke), Liu Te-kai nous livre ici un film comme il en fleurissait tant il y a dix ou quinze ans. L'époque choisie par le réalisateur renforce encore ce sentiment, car même si l'intéressé n'a pas souhaité illustrer les troubles historiques chinois, Liu Te-kai donne un point de vue finalement quelque peu critique vis-à-vis de certaines coutumes chinoises qui frisaient alors parfois l'immobilisme et condamnaient des jeunes à s'aimer malgré eux.
Car voilà tout le mal qui ronge notre couple d'amoureux : le mariage arrangé, la bague au doigt imposée…
Shuang-Ruan a ainsi été fia
ncé à l'âge de 14 ans. A cet âge immature il fit une promesse et prit un engagement vis-à-vis d'une jeune fille et de sa famille, en accord avec un pan culturel étouffant. Aujourd'hui il découvre enfin l'amour, le vrai, celui que l'on ne choisit pas toujours. Mais il réalise aussi qu'il est peut-être déjà trop tard. Ainsi tiraillés entre leurs obligations et leur passion, entre le vouloir et le devoir, Shuang-ruan et Ning-jing vont malgré tout essayer de s'aimer ...
C'est avec ce schéma classique et un "amour impossible " que Liu Te-kai tisse l'intrigue de son film. Peut-être trop classique d'ailleurs, puisque Une Romance peine à véritablement surprendre et émouvoir, surtout dans sa première partie, manquant sérieusement de rythme et d'envergure. La prestation assez calamiteuse de Jeff Chang dans le rôle du cousin a sans aucun doute contribué à cette difficulté de s'investir durablement dans cette oeuvre. Jamais bien accordé, Jeff Chang fait perdre beaucoup de crédibilité au couple que le réalisateur tente d'imposer à l'écran. Car si Zhou Xun est bien évidemment parfaite, le manque de charisme de son amant et l'approximation dont il fait preuve dans son jeu transforme la belle histoire d'amour en une idylle improbable.
Heureusement, dans la seconde partie du long métrage les choses rentrent plus ou moins dans l'ordre : peut-être s'habitue-t-on à la présence nonchalante de Jeff Chang, peut-être apprécie-t-on tout simplement la tournure tragique du film (même si elle était annoncée) et le jeu si touchant de Zhou Xun qui finalement, et on ne s'en rend compte que maintenant, est le principal atout du film de Liu Te-kai.
Une Romance est la preuve que la Chine et Taiwan peuvent parfois s'entendre. Bénéficiant de capitaux essentiellement chinois, le taiwanais Liu Te-kai a également reçu l'autorisation de tourner en Chine (Shanghai en particulier).
Et pour un premier film, les réussites de Liu Te-kai ne se sont pas arrêtées là, puisque le jeune réalisateur a aussi bénéficié d'une star chinoise de renom, en la personne de Zhou Xun. Pour lui donner la réplique il fait appel à une autre star : Jeff Chang. Ce taiwanais, chanteur aujourd'hui établi en Chine (où il vit confortablement de son travail), est aussi l'interprète de la chanson du générique de fin et y parait plus à l'aise que dans le cinéma, malheureusement.
Mais revenons au réalisateu
r. En effet, Liu Te-kai a pris son temps avant de se lancer dans le grand bain des cinéastes. Producteur, scénariste, acteur, Liu Te-kai avait plus d'une corde à son arc et, avec Une Romance, il n' a pas hésité à toucher à tous les métiers du cinéma : assistant réalisateur dans un premier temps, il est ensuite passé à la production, avant d'étoffer son expérience aux Etats-Unis puis de revenir à Taiwan pour offrir ses services à la télévision locale.Et voilà qu'enfin, après avoir véritablement fait ses preuves, Liu Te-kai se lance dans la réalisation et adapte une nouvelle de Zhong Xiaoyang pour le grand écran. Ce long métrage semble s'inscrire, dès ses premières minutes, comme le digne héritier d'un certain classicisme cinématographique chinois. Alors que d'autres réalisateurs de sa génération tentent aujourd'hui de briser les codes et d'immerger leurs caméras dans un désordre urbain beaucoup plus contemporain (Lou Ye, Jia Zhang-ke), Liu Te-kai nous livre ici un film comme il en fleurissait tant il y a dix ou quinze ans. L'époque choisie par le réalisateur renforce encore ce sentiment, car même si l'intéressé n'a pas souhaité illustrer les troubles historiques chinois, Liu Te-kai donne un point de vue finalement quelque peu critique vis-à-vis de certaines coutumes chinoises qui frisaient alors parfois l'immobilisme et condamnaient des jeunes à s'aimer malgré eux.
Car voilà tout le mal qui ronge notre couple d'amoureux : le mariage arrangé, la bague au doigt imposée…
Shuang-Ruan a ainsi été fia
ncé à l'âge de 14 ans. A cet âge immature il fit une promesse et prit un engagement vis-à-vis d'une jeune fille et de sa famille, en accord avec un pan culturel étouffant. Aujourd'hui il découvre enfin l'amour, le vrai, celui que l'on ne choisit pas toujours. Mais il réalise aussi qu'il est peut-être déjà trop tard. Ainsi tiraillés entre leurs obligations et leur passion, entre le vouloir et le devoir, Shuang-ruan et Ning-jing vont malgré tout essayer de s'aimer ... C'est avec ce schéma classique et un "amour impossible " que Liu Te-kai tisse l'intrigue de son film. Peut-être trop classique d'ailleurs, puisque Une Romance peine à véritablement surprendre et émouvoir, surtout dans sa première partie, manquant sérieusement de rythme et d'envergure. La prestation assez calamiteuse de Jeff Chang dans le rôle du cousin a sans aucun doute contribué à cette difficulté de s'investir durablement dans cette oeuvre. Jamais bien accordé, Jeff Chang fait perdre beaucoup de crédibilité au couple que le réalisateur tente d'imposer à l'écran. Car si Zhou Xun est bien évidemment parfaite, le manque de charisme de son amant et l'approximation dont il fait preuve dans son jeu transforme la belle histoire d'amour en une idylle improbable.
Heureusement, dans la seconde partie du long métrage les choses rentrent plus ou moins dans l'ordre : peut-être s'habitue-t-on à la présence nonchalante de Jeff Chang, peut-être apprécie-t-on tout simplement la tournure tragique du film (même si elle était annoncée) et le jeu si touchant de Zhou Xun qui finalement, et on ne s'en rend compte que maintenant, est le principal atout du film de Liu Te-kai.Olivier M.


















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Le film a de jolies images de la ravissante actrice et des paysages mais l'ensemble est malheureusement un peu fade.