jeudi 12 juillet 2007
Printemps dans une petite ville
Printemps dans une petite ville de Fei Mu, 1948Avec Yu Shi, Wei Wei
Printemps dans une petite ville est un film phare de l’histoire du cinéma chinois. Il est réalisé en 1948, en pleine guerre civile entre nationaliste et communiste, alors que le cinéma chinois connaît une renaissance après l’occupation japonaise. L’année précédente, Fei Mu, qui commença a réalisé des films dans les années 30 avec notamment Piété filiale et La Bataille de la montagne aux loups, a réalisé le premier film chinois en couleurs, Regrets éternels (avec le fameux acteur d’opéra Mei Lanfang).
l'affiche originale du film
Printemps dans une petite ville sort en 1948 mais l’actualité politique, la prise du pouvoir par les communistes, abrège la carr
ière du film. Entre 1949 et le début des années 80, Printemps dans une petite ville tombe dans les oubliettes de l’histoire du cinéma chinois car il ne correspond pas à l’idéologie communiste. Il est redécouvert au début des années 80 grâce à la cinémathèque chinoise et est considéré depuis par les critiques chinoises et françaises comme l’un des plus beaux films chinois. En 2004, Tian Zhuangzhuang (le réalisateur du Voleur de chevaux), après une décennie de silence à cause de la censure, réalise un remake-hommage du Printemps dans une petite ville qui fut distribué en France.
L’histoire de Printemps dans une petite ville est universelle : une femme, son mari, son amant. Yuwen (la femme, interprétée par la magnifique Wei Wei) et le mari (Dai Liyan) vivent dans une maison en ruine avec la sœur de Dai Liyan et un vieux serviteur. Un jeune docteur (Zhang Zhishen, l’amant) arrive après un long voyage à travers la Chine pour revoir son ancien camarade de classe sans se douter que celui-ci, très malade, est marié à son amour de jeunesse.
Le mariage entre Yuwen et Liyan n’est pas au beau fixe. Il est très malade et ne semble pas rendre heureuse sa femme. L’arrivée du jeune docteur va tout bouleverser dans la maison. L’amour entre Yuwen et Zhishen va renaître mais les deux amants éprouvent des sentiments contradictoires. Ils ne savent pas quoi faire de leurs sentiments, ils s’attirent e
t se repoussent, n’osant pas aller contre la morale. Elle hésite entre fidélité à son mari et désirs pour son amant. Il est lié d’amitié au mari et qui plus est le soigne de sa maladie. Les tourments sentimentaux des deux amants, et le désespoir du mari qui a vite tout compris, sont magnifiquement mises en scène par Fei Mu dans des longs plans séquences, lors des promenades et dans les chambres, où les corps s’attirent et se repoussent, suivant les élans des cœurs, où les mains des deux amants se touchent à de nombreuses reprises, alors qu’ils sont à côté du mari.
La mise en scène de Fei Mu est du début à la fin du film en état de grâce. Chaque plan, chaque geste, chaque dialogue dévoilent l’invisible : l’âme des personnages, leur état intérieur, leurs désirs et leurs désespoir.
Mais Printemps dans une petite ville est plus qu’un film sur les tourments amoureux, même si cela en fait déjà un grand film. Tout dans ce film est symbolique. La maison en ruine symbolise la Chine, en proie à la guerre civile et en ruine après la guerre contre les japonais. Le mari malade, toujours habillé en costume traditionnel et appartenant à une famille noble,
représente la Chine traditionnelle, la culture chinoise malade et en déliquescence depuis le milieu de 19ème siècle. Le jeune docteur habillé à l’occidentale, représente lui la modernité. Et la femme qui hésite entre la fidélité à son mari et son désir pour son amant, entre tradition et modernité, représente les intellectuels chinois et les chinois eux-même à la veille d’un événement qui va marquer l’histoire de la Chine.
Tout cela fait de Printemps dans une petite ville un des chefs-d’œuvre du cinéma chinois à voir absolument.
Printemps dans une petite ville est un film phare de l’histoire du cinéma chinois. Il est réalisé en 1948, en pleine guerre civile entre nationaliste et communiste, alors que le cinéma chinois connaît une renaissance après l’occupation japonaise. L’année précédente, Fei Mu, qui commença a réalisé des films dans les années 30 avec notamment Piété filiale et La Bataille de la montagne aux loups, a réalisé le premier film chinois en couleurs, Regrets éternels (avec le fameux acteur d’opéra Mei Lanfang).
l'affiche originale du film
Printemps dans une petite ville sort en 1948 mais l’actualité politique, la prise du pouvoir par les communistes, abrège la carr
ière du film. Entre 1949 et le début des années 80, Printemps dans une petite ville tombe dans les oubliettes de l’histoire du cinéma chinois car il ne correspond pas à l’idéologie communiste. Il est redécouvert au début des années 80 grâce à la cinémathèque chinoise et est considéré depuis par les critiques chinoises et françaises comme l’un des plus beaux films chinois. En 2004, Tian Zhuangzhuang (le réalisateur du Voleur de chevaux), après une décennie de silence à cause de la censure, réalise un remake-hommage du Printemps dans une petite ville qui fut distribué en France.L’histoire de Printemps dans une petite ville est universelle : une femme, son mari, son amant. Yuwen (la femme, interprétée par la magnifique Wei Wei) et le mari (Dai Liyan) vivent dans une maison en ruine avec la sœur de Dai Liyan et un vieux serviteur. Un jeune docteur (Zhang Zhishen, l’amant) arrive après un long voyage à travers la Chine pour revoir son ancien camarade de classe sans se douter que celui-ci, très malade, est marié à son amour de jeunesse.
Le mariage entre Yuwen et Liyan n’est pas au beau fixe. Il est très malade et ne semble pas rendre heureuse sa femme. L’arrivée du jeune docteur va tout bouleverser dans la maison. L’amour entre Yuwen et Zhishen va renaître mais les deux amants éprouvent des sentiments contradictoires. Ils ne savent pas quoi faire de leurs sentiments, ils s’attirent e
t se repoussent, n’osant pas aller contre la morale. Elle hésite entre fidélité à son mari et désirs pour son amant. Il est lié d’amitié au mari et qui plus est le soigne de sa maladie. Les tourments sentimentaux des deux amants, et le désespoir du mari qui a vite tout compris, sont magnifiquement mises en scène par Fei Mu dans des longs plans séquences, lors des promenades et dans les chambres, où les corps s’attirent et se repoussent, suivant les élans des cœurs, où les mains des deux amants se touchent à de nombreuses reprises, alors qu’ils sont à côté du mari. La mise en scène de Fei Mu est du début à la fin du film en état de grâce. Chaque plan, chaque geste, chaque dialogue dévoilent l’invisible : l’âme des personnages, leur état intérieur, leurs désirs et leurs désespoir.
Mais Printemps dans une petite ville est plus qu’un film sur les tourments amoureux, même si cela en fait déjà un grand film. Tout dans ce film est symbolique. La maison en ruine symbolise la Chine, en proie à la guerre civile et en ruine après la guerre contre les japonais. Le mari malade, toujours habillé en costume traditionnel et appartenant à une famille noble,
représente la Chine traditionnelle, la culture chinoise malade et en déliquescence depuis le milieu de 19ème siècle. Le jeune docteur habillé à l’occidentale, représente lui la modernité. Et la femme qui hésite entre la fidélité à son mari et son désir pour son amant, entre tradition et modernité, représente les intellectuels chinois et les chinois eux-même à la veille d’un événement qui va marquer l’histoire de la Chine.Tout cela fait de Printemps dans une petite ville un des chefs-d’œuvre du cinéma chinois à voir absolument.
Christophe Falin


















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