mercredi 4 juillet 2007

Ming Ming

Ming Ming de Susie Ho, 2005
Avec Zhou Xun, Daniel Wu

Ming Ming, un film d'action à la double identité où Zhou Xun interprète Ming Ming et Nana, deux femmes à l'étrange ressemblance...

Visuellement inclassable, Ming Ming, le premier long-métrage de fiction de Susie Au est à la frontière entre le film d’art martiaux, le polar et la romance. Il débute par un clip-séquence effréné qui laisse le spectateur s’interroger sur la possibilité de suivre ce film de bout en bout sans s’essouffler. Puis progressivement le film reprend son souffle comme les personnages qui se remettent de cette ouverture haletante .

Ming Ming est une jeune femme moderne, gothique et terriblement amoureuse de D, un combattant mystérieux à qui elle a promis de rassembler les 5 millions de dollars nécessaires pour aller à Harbin. D est sûr d’avoir déjà vu Ming Ming quelque part. Peu importe, les 5 millions subtilisés à Brother Cat avec une mystérieuse boîte de Pandore, Ming Ming s’enfuit non sans laisser au passage l’argent à un homme de passage qui court plus vite que ses poursuivants.
Lui prend Nana pour Ming Ming et l’embarque dans sa folle course-poursuite. S’ensuit alors un road-movie qui les entraîne de Hong-Kong à Shanghai puis Harbin, leur destination ultime.

On ne doit pas chercher dans Ming Ming la rationalité dont nos yeux ont besoin pour croire aux histoires qu’on nous raconte. Ici il faut se plonger dans un univers onirique, baroque et démentiel où la réalité n’a de frontières que celles que veut bien lui donner notre imagination. Et Susie Au réussit son pari de nous entraîner dans ces histoires d’amour croisées entre deux couples, l’un noir et mystérieux, l’autre comique et coloré. La réalisation est efficace et emprunte aux précédents vidéo-clips de la réalisatrice. On ne s’étonnera pas en disant que Ming Ming est un film hongkongais même si aujourd’hui il est politiquement correct de parler de film chinois. Le style est reconnaissable entre tous. Cette école du film d’action lui sert dans les moments les plus trépidants du film. Et son inspiration occidentale puise dans les thrillers psychologiques européens. Elle revendique même une influence des films français dans la façon de traiter les périodes de tension entre les personnages et dans cette voix-off qui donne au film une épaisseur supplémentaire.

Il faut aller voir Ming Ming pour le spectacle visuel qu’il représente, pour la performance d’actrice de Zhou Xun, une nouvelle fois sublime et surprenante. Elle interprète à merveille les deux rôles antagonistes, les deux facettes de son personnage : l’une froide et forte Ming Ming, l’autre, chaleureuse et fragile, Nana. Une nouvelle performance qui devrait lui valoir la reconnaissance du métier. On regrettera un dénouement spécieux qui n’a pas grand-chose à voir avec le reste du film même si les flashes-back de D nous permettent d’y voir les blessures de son passé.

Mais le scénario tient tout de même bien la route au bout du compte et on pardonnera aux auteurs, cet écart de dernière minute. Voir le trailer

Vianney Meunier
(2007)

Publié par damien à 19:18

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