mardi 24 juillet 2007
Butterfly
Butterfly de Yan-yan Mak, 2004 Avec Josie Ho, Tian Yuan, Eric Kot, Isabelle Chan
Bié (Flavia), professeur de littérature chinoise, est une jeune femme de trente ans, heureuse en ménage, mère d'une adorable petite fille. Sa rencontre avec Yip, une jeune fille, va lui remémorer sa liaison avec une camarade de classe, et l'inciter à remettre sa vie en question.
Butterfly est un film plus complexe que ne le laisse prévoir le scénario, ou même un premier visionnage. En effet, la réalisatrice use de nombreux stratagèmes pour orienter le spectateur vers des voies qu'il n'aurait peut-être pas suivi de sa propre initiative.
Un extrait du film...
Le long métrage se construit en un double récit parallèle: d’une part les conséquences de la rencontre de Bié (son nom signifiant papillon en Chinois...) avec une jeune fille, Yip (Tian Yuan), et d’autre part chaque évènements, chaque sentiment est ensuite mis en perspective avec une autre période de la vie de Bié quand elle n’était encore qu’une étudiante. Ce choix de double narration est très bien maîtrisé, à aucun moment le spectateur ne s'impatiente de ces incessants flash-back, les deux récits s'imbriquant parfaitement l'un dans l'autre, le deuxième éclairant les hésitations, les blessures et les sentiments de Bié.
Butterfly c'est l'histoire d'
une femme de trente ans, mariée heureuse, qui cache un amour de jeunesse. Une rencontre « provoquée », va bousculer sa vie bien rangée. Bié est la parfaite jeune femme de bonne famille ; professeur de littérature chinoise dans un lycée de jeunes filles, mère comblée au sein d'un ménage moderne et heureux, tenues vestimentaires très classiques. Une jeune femme bien sous tout rapport donc, mais peut être pas autant que cela.
Jin, son amour de jeunesse, comme Yip, sous le charme de qui elle tombe, sont des personnes marginales; elles sont indépendantes, libres de tout lien familial. Elles ne sont soumises qu'à leurs propres décisions, leurs propres désirs, contrairement à Bié subissant de nombreuses pressions extérieures.
Le problème de Bié, ce sont les autres, mais pas n’importe lesquels. Ceux qu’elle aime. Sa mère et son époux Ming, qui pratiquent de concert le chantage affectif à son encontre non pas par bêtise mais par amour...D’un autre côté ce que Yip offre à Bié, c'est la liberté de choix. Et pour choisir, la jeune femme est obligée de faire face à la réalité, elle ne peut plus se mentir à elle-même. Le choix est d'autant plus dur que Bié mène une vie de famille très harmonieuse, avec un mari dévoué et bon père de famille.
La liberté...le cadeau de Yip à Bié ; être comme elle le souhaite, faire comme elle le sent, ne subir aucunes pressions, aucunes critiques. Vivre la vie qu'elle souhaite vivre, ne pas subir les préceptes qu'impose la société, qui l’assène de « vous pouvez faire ça, vous ne pouvez pas faire ça ».
Ce n'est pas Yip qui dit cela, c'est une jeune leader politique de Hong-Kong au moment des événements de Tian an Men en 1989...
Il est impossible lorsque l’on regarde attentivement Butterfly de passer sous silence les références politiques du film.
Dès le début, Bié fait étudier à ses élèves « The weith of the thirty years » de Qiuyu, l'histoire d'un homme retrouvant un de ses professeurs victime de la révolution culturelle. Dans le récit de jeunesse de Bié, les événements de Tian an me
n sont très présents; son amie Jin suit de très près les évènements. Elle assiste à la téléivsion à l'arrivée des étudiants sur la place et à « l'évacuation » de celle-ci. Dans la rue les manifestants scandent le nom de deux célèbres dissidents politique Wei Jingsheng auteur de « Dazibao » en faveur de la démocratie (incarcéré en 1979) et Wang Dan, leader étudiant lors des événement de 1989. Enfin alors que le couple Bié -Ming est en pleine crise, Ming regarde à la télévision un reportage sur Lenny Kwok, chanteur engagé hong-kongais.
Le film est-il en somme un pamphlet politique ? Peut-être, en tout cas ces événements servent l'histoire de Bié et sa prise de conscience, ils invitent à résister aux pressions extérieures d'autant plus que si Ming n'a rien à se reprocher, la mère de Bié et sa famille ne suivent pas les modèles moraux qu'ils prêchent.
Politique ou non, le message dessiné est qu'il ne faut pas abandonner son destin ou sa pensée aux autres . Tian an men a été un échec, la première histoire d'amour de Bié également. S’installe alors le silence et la résignation, prêts à être bousculés…
Butterfly est servi par une excellente distribution ; Josie Ho (Bié) et Eric Kot (Ming) incarnent à la perfection leurs personnages tout en émotion et en retenu. Tian Yuan dont c'est le premier rôle, est une bonne surprise bien que Yip soit certainement très proche de qui elle est réellement (elle est entre autre leader d'un groupe de rock depuis l'âge de 16 ans).
Seul bémol ; la présence d'accès de pudeurs assez inattendus ou/et peu naturels dans certaines scènes, pourtant parfois très sensuelles, qui nuisent au sérieux de la situation.
Butterfly est donc un film très intéressant doté de plusieurs grilles de lecture, qui a en plus le talent d’offrir une histoire filmée avec beaucoup de sensibilité et d'intelligence.
Bié (Flavia), professeur de littérature chinoise, est une jeune femme de trente ans, heureuse en ménage, mère d'une adorable petite fille. Sa rencontre avec Yip, une jeune fille, va lui remémorer sa liaison avec une camarade de classe, et l'inciter à remettre sa vie en question.
Butterfly est un film plus complexe que ne le laisse prévoir le scénario, ou même un premier visionnage. En effet, la réalisatrice use de nombreux stratagèmes pour orienter le spectateur vers des voies qu'il n'aurait peut-être pas suivi de sa propre initiative.
Un extrait du film...
Le long métrage se construit en un double récit parallèle: d’une part les conséquences de la rencontre de Bié (son nom signifiant papillon en Chinois...) avec une jeune fille, Yip (Tian Yuan), et d’autre part chaque évènements, chaque sentiment est ensuite mis en perspective avec une autre période de la vie de Bié quand elle n’était encore qu’une étudiante. Ce choix de double narration est très bien maîtrisé, à aucun moment le spectateur ne s'impatiente de ces incessants flash-back, les deux récits s'imbriquant parfaitement l'un dans l'autre, le deuxième éclairant les hésitations, les blessures et les sentiments de Bié.
Butterfly c'est l'histoire d'
une femme de trente ans, mariée heureuse, qui cache un amour de jeunesse. Une rencontre « provoquée », va bousculer sa vie bien rangée. Bié est la parfaite jeune femme de bonne famille ; professeur de littérature chinoise dans un lycée de jeunes filles, mère comblée au sein d'un ménage moderne et heureux, tenues vestimentaires très classiques. Une jeune femme bien sous tout rapport donc, mais peut être pas autant que cela.Jin, son amour de jeunesse, comme Yip, sous le charme de qui elle tombe, sont des personnes marginales; elles sont indépendantes, libres de tout lien familial. Elles ne sont soumises qu'à leurs propres décisions, leurs propres désirs, contrairement à Bié subissant de nombreuses pressions extérieures.
Le problème de Bié, ce sont les autres, mais pas n’importe lesquels. Ceux qu’elle aime. Sa mère et son époux Ming, qui pratiquent de concert le chantage affectif à son encontre non pas par bêtise mais par amour...D’un autre côté ce que Yip offre à Bié, c'est la liberté de choix. Et pour choisir, la jeune femme est obligée de faire face à la réalité, elle ne peut plus se mentir à elle-même. Le choix est d'autant plus dur que Bié mène une vie de famille très harmonieuse, avec un mari dévoué et bon père de famille.
La liberté...le cadeau de Yip à Bié ; être comme elle le souhaite, faire comme elle le sent, ne subir aucunes pressions, aucunes critiques. Vivre la vie qu'elle souhaite vivre, ne pas subir les préceptes qu'impose la société, qui l’assène de « vous pouvez faire ça, vous ne pouvez pas faire ça ».
Ce n'est pas Yip qui dit cela, c'est une jeune leader politique de Hong-Kong au moment des événements de Tian an Men en 1989...
Il est impossible lorsque l’on regarde attentivement Butterfly de passer sous silence les références politiques du film.
Dès le début, Bié fait étudier à ses élèves « The weith of the thirty years » de Qiuyu, l'histoire d'un homme retrouvant un de ses professeurs victime de la révolution culturelle. Dans le récit de jeunesse de Bié, les événements de Tian an me
n sont très présents; son amie Jin suit de très près les évènements. Elle assiste à la téléivsion à l'arrivée des étudiants sur la place et à « l'évacuation » de celle-ci. Dans la rue les manifestants scandent le nom de deux célèbres dissidents politique Wei Jingsheng auteur de « Dazibao » en faveur de la démocratie (incarcéré en 1979) et Wang Dan, leader étudiant lors des événement de 1989. Enfin alors que le couple Bié -Ming est en pleine crise, Ming regarde à la télévision un reportage sur Lenny Kwok, chanteur engagé hong-kongais.Le film est-il en somme un pamphlet politique ? Peut-être, en tout cas ces événements servent l'histoire de Bié et sa prise de conscience, ils invitent à résister aux pressions extérieures d'autant plus que si Ming n'a rien à se reprocher, la mère de Bié et sa famille ne suivent pas les modèles moraux qu'ils prêchent.
Politique ou non, le message dessiné est qu'il ne faut pas abandonner son destin ou sa pensée aux autres . Tian an men a été un échec, la première histoire d'amour de Bié également. S’installe alors le silence et la résignation, prêts à être bousculés…
Butterfly est servi par une excellente distribution ; Josie Ho (Bié) et Eric Kot (Ming) incarnent à la perfection leurs personnages tout en émotion et en retenu. Tian Yuan dont c'est le premier rôle, est une bonne surprise bien que Yip soit certainement très proche de qui elle est réellement (elle est entre autre leader d'un groupe de rock depuis l'âge de 16 ans).
Seul bémol ; la présence d'accès de pudeurs assez inattendus ou/et peu naturels dans certaines scènes, pourtant parfois très sensuelles, qui nuisent au sérieux de la situation.Butterfly est donc un film très intéressant doté de plusieurs grilles de lecture, qui a en plus le talent d’offrir une histoire filmée avec beaucoup de sensibilité et d'intelligence.
Anne Grosbon


















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