samedi 9 juin 2007

A Time To Love

A Time to Love de Huo Jianqi, 2005
Avec Vicky Zhao, Lu Yi

Romeo et Juliette de Shakespeare existe en Chine : Hou Jia et Qu Ran sont amis depuis leur enfance et de cette proximité jaillit un amour sous les yeux de leurs familles, terriblement ennemis. Hou Jia et Qu Ran pourront ils encore croire à l’amour ?

Huo Jianqi est un formidable cinéaste et peut être l’un de ceux que j’apprécie le plus. Déjà venu en France lors du festival du cinéma chinois de Strasbourg où siège l’un des consulats du pays, le réalisateur, orfèvre de l’exceptionnel Postmen in the Mountains (inédit en France) s’applique cette fois à transformer le mythe shakespearien en réalité chinoise.

A Time to Love est également inspiré par « les inconnus se sont croisés », des nouvelles de l’écrivain An Dun regroupant plusieurs petites histoires d’amour, d’amitiés, de haine et de vengeances. Il nous propose de suivre à partir des années 70, l’enfance, l’adolescence et l’entrée dans le monde adulte de Hou Jia et Qu Ran étroitement liés par une relation d’amitié tissée au fil des ans. Ces années les poussent jusqu’aux portes de l’université et de ses résultats d’entrées.

A la différence de la France, le système éducatif chinois sélectionne les étudiants dès l’entrée à l’université par le passage de concours. Selon les résultats obtenus et votre classement dans la liste des étudiants, du meilleur au plus mauvais, les chinois connaissent leurs possibilités d’admissions à certaines grandes écoles d’après leurs préférences préalablement déposées à l’administration. En France, nous ne préférons pas faire de sélection à l’université et laisser une partie de l’avenir de la nation échouée au bout de deux ans, trois ans, voir plus, sans diplômes.

Ainsi, comme les résultats déterminent le choix de l’université, les deux amis et néanmoins tourtereaux à l’abri de leurs familles respectives, savent qu’il y a de forte probabilité pour qu’ils ne fréquentent plus la même école. En parallèle à cette séquence, nous apprenons qu’entre les deux familles existent de fortes tensions et des sentiments de haine enracinés. En effet, la maman de Qu Ran (le garçon) est en chaise roulante et tient pour responsable la famille de Hou Jia dans le suicide de son mari. Le père de Hou Jia aurait dénoncé le père de Qu Ran qui mit fin à ses jours par la suite. Qu Ran qui ne connaissait pas toute cette histoire commence à repousser Hou Jia et à ne plus la fréquenter même si cela lui brise le cœur. Avec le temps Qu Ran prépare ses valises pour partir étudier loin de Hou Jia alors que les deux amoureux s’étaient promis de s’aimer pour l’éternité…

Même si Huo Jianqi ne fait pas partie de toute la tripotée des cinéastes d’auteurs actuels (le monsieur a quand même commencé sa carrière avant même la promotion de 1982), il lui est toutefois possible de réaliser des films interessants dans la cadre respecté du Bureau des Films.

Avec A time to Love, il ne signe pas de nouveaux chefs d’œuvre mais une œuvre sentimentale, empathique, sans avoir à transgresser la charte de bonne conduite étatique.
Il est d’ailleurs toujours étonnant de voir que les cinéastes tels Huo Jianqi, Huang Jianxin ou bien encore Feng Xiaoning, ne soient pas plus reconnus à leur juste valeur dans la représentation que nous nous faisons du ciném
a chinois.

Il n’y a pas que Jia Zhang-ke, je tiens à le rappeler à nos amis distributeurs, éditeurs et parfois même critique de presse.
Ce serait d’utilité publ
ique de rappeler que les cinéastes « d’Etat » financé par les studios et autres appareillages étatiques ne sont pas de piètre réalisateur, bien au contraire.

Mais refermons la parenthèse et continuons sur A Time to Love.
En effet malgré un scénario vu et revu, les acteurs tirent leurs épingles du jeux avec notamment une Vicky Zhao resplendissante et un Lu Yi très aimé du public chinois. Si cette faiblesse de fond semble parfois très évidente, le spectateur se laissera toutefois chavirer par cette histoire d’amour, certes naïves, mais si enviée.
Il y a parfois ce côté
trop illusoire, cette beauté illuminée ou ces rappels à l’œuvre écrite de William Shakespeare qui freinent la rythmique et la cohérence du long métrage mais Huo Jianqi est un bon capitaine et sait tenir la barre.

Enfin avec une superbe clôture, A Time to Love termine en beauté grâce à nos deux héros amoureux.
C’est donc une œuvre certes imparfaites mais follement généreuse que nous offre le cinéaste, loin de la reprise nerveuse de Baz Luhrmann ou urbaine d’Abel Ferrara. Ceux qui prendront à bras le corps ce long métrage se délecteront, à coup sûr, d’un amour sans fin.

Bonus : poster et images 1 - 2 - 3 - 4
Damien Paccellieri

Publié par damien à 13:04

Lire ou

Enregistrer un commentaire

Bonjour, je veux bien vous poser une question: aimez-vous ce film? J'ai déjà vu ce film aussi. Mais, je trouve que moyen, je veux bien écouter votre opinion, et votre critique pour ce film.

Publié par Blogger xin à 10 juin 2007 15:16 #
 

Bonjour, j'apprécie ce film même si il a beaucoup de défauts. Zhao Wei joue très bien et Huo Jianqi fait partie des réalisateurs chinois que j'aime beaucoup.
A très très très très bientôt, ^^

Publié par Blogger damien à 10 juin 2007 18:46 #
 

S'il vous plait Vicki c'est avec un i pas y! et c'est Zhao Wei ou Vicki Zhao!!et ce film j'aime beaucoup!! trop top acteur et actrice....

Publié par Blogger Kanita à 26 février 2008 00:29 #
 
<<< Revenir à la page d'accueil

Creative Commons License


 Souscrire à ce site