samedi 30 juin 2007
A Great Wall
A Great Wall de Peter Wang, 1985 Avec Peter Wang, Li Qin Qin, Shen Guanglan
De nombreuses œuvres sino-américaines ont ensemencée les années 80 et 90 avec comme réalisateurs phares Wayne Wang ou bien encore un certain taiwanais oscarisé il y a peu pour Brokeback Mountain.
De son côté Peter Wang a su marquer de son empreinte les années 80 où les multiples Chinatown, déjà fortement développées aux Etats-Unis, se sont révélés être des villes dans la ville, établissant peu à peu une économie prospère et parfois parallèle.
Notre cinéaste a voulu sortir de cette standardisation et porter sa recherche vers les origines de ses habitants, qui furent dès leurs plus jeunes âges déracinés à leurs terres natales.
Le long métrage s’ouvre donc sur une Chine des années 80 où la foule, semble traversée par une certaine quiétude confucéenne. Lili, une jeune adolescente, habite avec ses parents dans le quartier des hutongs dans une maison à cour carré (siheyuan). Elle vient de recevoir un courrier de son oncle Leo des Etats-Unis qui souhaitent passer quelques jours heureux en Chine pour revoir sa famille.
Cet oncle vit déjà depuis plus de trente ans aux Etats-Unis à San Francisco où son fils apprend le chinois avec la plus grande des négligences. D’un destin et d’une famille à l’autre, Peter Wang alterne habilement les situations des deux pays éveillant la curiosité des chinois pour leurs camarades sino-américains et vice versa.
Du côté communiste, les jeunes chinois apprennent l’anglais, preuve irréfutable d’une ouverture sur le monde, certes encore difficile, mais assumée.
Leo quant à lui devait être promu au siège de directeur d’une nouvelle branche de son agence mais le comité de direction choisit un homme aux origines WASP (White Anglo Saxon Protestant) plutôt que de mettre un « bridé » à la tête de cet
ambitieux développement. Ce racisme insidieux le pousse à prendre du recul et quelques jours de congés mérités. Mais il restera outré sur ces manières peu éthiques et très ethniques de la société américaine dont il pensait faire partie.
Au bout du compte chacun rêve de l’autre : les chinois s’abreuvent de contes américains, et les sino-américains rêvent d’un retour aux sources.
Il est très étonnant et fort appréciable de voir Pékin figé dans les années 80 et ce, à travers les yeux de ces chinois vivant aux Etats-Unis, étrangers à leurs lointaines racines.
Les chinois eux-mêmes s’en délectent en leur disant : « les 2/3 de la famille ne parlent même plus chinois, pourtant vous savez tous tenir des baguettes »
Quoi de plus vrai que cela ? Ils ne sont peut être pas chinois de langue ou de territoire mais ils le sont de cœur et de culture.
L’oncle Léo et sa sœur se souviennent parfois de leur père décédé lors de la révolution culturelle.
Est-ce un constat cinglant du réalisateur ou tout simplement un message autobiographique qui désignerait l’une des causes de son départ aux Etats-Unis ? Il y a probablement du vrai dans ces deux pensées.
Lors d’une séance de tennis de table, les chinois tiennent leurs raquettes différemment des américains, et cela se reproduit dans la manière de faire de la course à pied, autre symbolique forte du long métrage pour exacerber les différences entre deux modes de vie. Le souvenir le plus impérissable de ce film restera cette partie de rugby américain sur la grande muraille, dont je vous laisse comprendre la encore la symbolique entre ce sport américain et ce lieu typiquement chinois.
Les petits détails de la vie sont aussi la source de grandes différences entre ces deux cultures comme le côté vestimentaire plus libertaire du point de vue américain, mais également dans les habitudes quotidiennes, la musique écoutée, la façon de danser, etc.. Les deux familles se distinguent par de nombreuses caractéristiques mais ce n’est que pour mieux se retrouver autour de leurs origines chinoises.
Ainsi Peter Wang est un excellent portraitiste social, loin d’un Wayne Wang parfois trop caricatural à son insu. Malgré un degré de naïveté parfois supérieur à la normale, le cinéaste nous gratifie d’un regard croisé
essentiel sur la situation des chinois de des deux pays et surtout, à ce moment de l’Histoire. Ce témoignage poignant prend toute son ampleur à la croisée des destinées des jeunes chinois mais aussi des plus vieux comme la fameuse pékinoise Lo Yusheng nous récitant ses poèmes sur de la musique traditionnelle (Jing Yun Da Gu ). Avec A Great Wall Peter Wang dépose les remparts de la grande muraille aux Etats-Unis et réalise avec talent l’un des meilleurs films sino-américains.
De nombreuses œuvres sino-américaines ont ensemencée les années 80 et 90 avec comme réalisateurs phares Wayne Wang ou bien encore un certain taiwanais oscarisé il y a peu pour Brokeback Mountain.
De son côté Peter Wang a su marquer de son empreinte les années 80 où les multiples Chinatown, déjà fortement développées aux Etats-Unis, se sont révélés être des villes dans la ville, établissant peu à peu une économie prospère et parfois parallèle.
Notre cinéaste a voulu sortir de cette standardisation et porter sa recherche vers les origines de ses habitants, qui furent dès leurs plus jeunes âges déracinés à leurs terres natales.
Le long métrage s’ouvre donc sur une Chine des années 80 où la foule, semble traversée par une certaine quiétude confucéenne. Lili, une jeune adolescente, habite avec ses parents dans le quartier des hutongs dans une maison à cour carré (siheyuan). Elle vient de recevoir un courrier de son oncle Leo des Etats-Unis qui souhaitent passer quelques jours heureux en Chine pour revoir sa famille.
Cet oncle vit déjà depuis plus de trente ans aux Etats-Unis à San Francisco où son fils apprend le chinois avec la plus grande des négligences. D’un destin et d’une famille à l’autre, Peter Wang alterne habilement les situations des deux pays éveillant la curiosité des chinois pour leurs camarades sino-américains et vice versa.
Du côté communiste, les jeunes chinois apprennent l’anglais, preuve irréfutable d’une ouverture sur le monde, certes encore difficile, mais assumée.
Leo quant à lui devait être promu au siège de directeur d’une nouvelle branche de son agence mais le comité de direction choisit un homme aux origines WASP (White Anglo Saxon Protestant) plutôt que de mettre un « bridé » à la tête de cet
ambitieux développement. Ce racisme insidieux le pousse à prendre du recul et quelques jours de congés mérités. Mais il restera outré sur ces manières peu éthiques et très ethniques de la société américaine dont il pensait faire partie.Au bout du compte chacun rêve de l’autre : les chinois s’abreuvent de contes américains, et les sino-américains rêvent d’un retour aux sources.
Il est très étonnant et fort appréciable de voir Pékin figé dans les années 80 et ce, à travers les yeux de ces chinois vivant aux Etats-Unis, étrangers à leurs lointaines racines.
Les chinois eux-mêmes s’en délectent en leur disant : « les 2/3 de la famille ne parlent même plus chinois, pourtant vous savez tous tenir des baguettes »
Quoi de plus vrai que cela ? Ils ne sont peut être pas chinois de langue ou de territoire mais ils le sont de cœur et de culture.
L’oncle Léo et sa sœur se souviennent parfois de leur père décédé lors de la révolution culturelle.
Est-ce un constat cinglant du réalisateur ou tout simplement un message autobiographique qui désignerait l’une des causes de son départ aux Etats-Unis ? Il y a probablement du vrai dans ces deux pensées.
Lors d’une séance de tennis de table, les chinois tiennent leurs raquettes différemment des américains, et cela se reproduit dans la manière de faire de la course à pied, autre symbolique forte du long métrage pour exacerber les différences entre deux modes de vie. Le souvenir le plus impérissable de ce film restera cette partie de rugby américain sur la grande muraille, dont je vous laisse comprendre la encore la symbolique entre ce sport américain et ce lieu typiquement chinois.
Les petits détails de la vie sont aussi la source de grandes différences entre ces deux cultures comme le côté vestimentaire plus libertaire du point de vue américain, mais également dans les habitudes quotidiennes, la musique écoutée, la façon de danser, etc.. Les deux familles se distinguent par de nombreuses caractéristiques mais ce n’est que pour mieux se retrouver autour de leurs origines chinoises.Ainsi Peter Wang est un excellent portraitiste social, loin d’un Wayne Wang parfois trop caricatural à son insu. Malgré un degré de naïveté parfois supérieur à la normale, le cinéaste nous gratifie d’un regard croisé
essentiel sur la situation des chinois de des deux pays et surtout, à ce moment de l’Histoire. Ce témoignage poignant prend toute son ampleur à la croisée des destinées des jeunes chinois mais aussi des plus vieux comme la fameuse pékinoise Lo Yusheng nous récitant ses poèmes sur de la musique traditionnelle (Jing Yun Da Gu ). Avec A Great Wall Peter Wang dépose les remparts de la grande muraille aux Etats-Unis et réalise avec talent l’un des meilleurs films sino-américains.Damien Paccellieri


















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