mercredi 16 mai 2007

Realisateur : King Hu

King Hu, l'art chinois et le bouddhisme (1931-1997)

King Hu, de son vrai nom Hu Jinquan, est considéré en Chine comme en Occident comme l’un des plus grands cinéastes chinois, sinon comme le plus grand.
Il est en tout cas l’un de ceux qui représente le mieux la Chine, par sa trajectoire : il est né à Pékin en 1932 et a réalisé des films à Hong Kong et à Taiwan, mais aussi et surtout par les références aux arts chinois et au bouddhisme dans ses films. King Hu est en quelque sorte le plus chinois des réalisateurs chinois.

Avant d’être réalisateur, King Hu a commencé au début des années 50 comme dessinateur d’affiches de films puis décorateur pour la compagnie Hong Kongaise Great Wall.


Il a ensuite entamé une carrière d’acteur qui dura plus de dix ans, entre 1953 dans Laughter and Tears et 1965 dans Sons of the Good Earth, son dernier rôle dans ce qui est aussi son premier film en tant que réalisateur.
Durant cette période de 12 ans, il joue plus d’une trentaine de rôles dans des films comme The Golden Phenix (1955), The Deformed ou The Long narrow.
En 1958, King Hu intègre la Shaw Brother en tant qu’acteur et il joue dans des films adaptés de l’opéra Huang mei xi : The Kingdom and the Beauty (1959) dans lequel il interprète un aubergiste et dans The Love Eterne ( 1963).

Il interprète toutes sortes de rôles avant de devenir scénariste de The Mix up (The Bride Naping) en 1962, un film en costume fortement inspiré de ce même opéra Huang mei xi.
King Hu devient ensuite co-réalisateur en 1963 de The Love Eterne, dont il partage la direction avec Li Hanxiang. Ce film connaît un succès phénoménal en Asie.
Il devient ensuite réalisateur à part entière du film Sons of the Good Earth en 1965, un film sur la résistance des Chinois contre les Japonais pendant la guerre. Ce film rencontre des problèmes de censure en Asie à cause de ce thème anti-japonais. Il est retiré du marché de Singapour peu après sa sortie. Cette mésaventure cause un premier désaccord avec la Shaw Brother pour qui le marché asiatique est primordiale. La Shaw Brother retire ainsi à King Hu la réalisation de son deuxième film qu’il commençait à réaliser sur le même thème.

Cela ne l’empêche pas de tourner l’année suivante son premier film d’arts martiaux, L’Hirondelle d’or qui lance le phénomène des « nouveaux films d’arts martiaux », c’est-à-dire des films d’arts martiaux réalisés avec des moyens conséquents en décors, costumes et avec une mise en scène et des chorégraphies soignées et qui va être suivi par d’autres réalisateurs de la Shaw Brother comme Chang Cheh ou Chu Yuan. Par la suite King Hu réalisera essentiellement des films d’arts martiaux.
L’Hirondelle d’or rencontre un succès considérable mais n’empêche pas King Hu de quitter la Shaw Brother avec laquelle il est en désaccord profond sur les méthodes de travail. King Hu aime en effet travailler lentement et contrôler tous les aspects du film alors que les dirigeants de la Shaw Brother veulent tout contrôler et travailler très rapidement.
King Hu part alors à Taiwan réalisé ses deux films suivant, entre 1967 et 1972, L’Auberge du dragon et Touch of Zen qu’il contrôle entièrement. Pour Touch of Zen, il est à la fois scénariste, réalisateur, directeur artistique et monteur. Le premier est un succès commercial tandis que le second, dont le tournage dure plusieurs années, est un échec commercial cuisant sans doute dû à la longueur du film (3 heures dans la version souhaitée par le réalisateur) et à sa narration particulière. Le producteur sort d’ailleurs une version plus courte du film (2 heures) pour tenter d’attirer le public mais sans succès. Paradoxalement Touch of Zen sera pour King Hu le film qui lui apportera la reconnaissance international en remportant un prix au festival de Cannes.
Puis il retourne à Hong Kong en 1973 pour tourner L’Auberge du printemps (The Fate of Lee Khan, produit par sa propre compagnie) et ses films suivant.
Il poursuit ensuite sa carrière mais elle décline après Raining in the Mountain et Legend of the Mountain réalisé tous les deux en Corée en 1979, les films d’arts martiaux perdant de leur attrait auprès du public.

Il tente un retour aux sources en 1990 avec Swordsman produit par Tsui Hark, mais ne s’entend pas avec lui et ne terminera pas le film.
A la fin de sa carrière il s’installe aux Etats-Unis où il tente de mettre en route un film sur les chinois ayant émigré aux Etats-Unis pour construire les chemins de fer, mais il meurt avant d’avoir mener à terme son projet, en 1997.
Entre 1963 et 1992, il réalise ou co-réalise 16 films.
La plupart sont des films d’arts martiaux auquel il donne ses lettres de noblesse par des recherches esthétiques et par des références constantes aux arts chinois et au bouddhisme. Tous ses films sont en costumes et sont situés sous différentes dynasties, de la dynastie Yuan (1279-1368) dans L’auberge du printemps à la dynastie Ming (1368-1644) dans la plupart de ses films.
Il s’agit souvent d’affrontements, de luttes ou de complots opposant des bandits, des pirates ou des hors la loi et des agents du gouvernement impérial entre lesquels s’interposent des personnages de moines bouddhistes parfois du côté des bandits, parfois du côté des agents de gouvernement impérial.

Dans L’Hirondelle d’or, la fille d’un gouverneur affronte des bandits qui ont enlever son frère et le retienne dans un temple, dans L’auberge du dragon, des rebelles tentent d’échapper aux hommes d’un eunuque et de rejoindre l’auberge du dragon, dans Touch of Zen, une jeune femme hors la loi est poursuivie aussi par les agents d’un eunuque et se réfugie dans un temple, protégée par un moine aux pouvoirs surnaturels, dans L’auberge du printemps, des rebelles patriotiques tentent d’assassiner un gouverneur appartenant à une dynastie étrangère, enfin dans Pirates et guerriers, des agents du gouvernement impérial affrontent des pirates sur une île.
Dans ces intrigues les hommes du gouvernement impérial, surtout lorsqu’il s’agit de fidèles des eunuques, ne sont pas toujours du bon côté. Dans L’auberge du dragon et Touch of Zen King Hu se situe clairement du côté des rebelles.
Ce genre d’intrigue permet de développer de nombreuses scènes de combats chorégraphiés par Han Yingjie qui travaillent sur tout les principaux films de King Hu et qui interprète souvent un rôle, souvent celui d’un méchant. Han Yingjie, qui vient de l’opéra de Pékin est un célèbre directeur de chorégraphie qui collaborera par la suite avec Bruce Lee notamment dans The Big Boss dans lequel il joue le rôle du Big Boss.

Dans ces films, King Hu fait des références constantes aux arts chinois, à la littérature, la peinture, l’opéra, et au bouddhisme.
Le premier des arts chinois présent dans les films de King Hu est la littérature. Même s’il n’a pas adapté beaucoup d’œuvres littéraires, seul Touch of Zen est adapté d’une nouvelle de Pu Songling, King Hu fait constamment référence à la littérature d’arts martiaux à travers le Jianghu.
Le monde du Jiang Hu (littéralement les rivières et les lacs) est le monde des romans d’arts martiaux comme Au bord de l’eau ou plus récemment des romans de Jin Yong (La légende du héros chasseur d’aigle, l’un des très rares romans d’arts martiaux récents à être traduit en français chez You Feng).
Ce monde n’est pas un lieu géographique précis, il se situe partout où la loi ne règne pas, où l’autorité de l’empire est défiée. Il se caractérise aussi par son mode de vie fait d’errances et d’aventures.
Ce monde du Jiang Hu se reconnaît par les personnages qui le peuplent : voleurs, moines, gardes du corps, prostituées, soldats professionnels, mendiants, bandits de grand chemin mais aussi agents secrets, étudiants, peintres et calligraphes, officiels au service du gouvernement impérial… Dans le Jiang Hu, tout ce monde forme une société régie pas des codes.

Dans les films de King Hu, tous ces personnages se retrouvent dans des auberges, l’un des lieux les plus important du Jiang Hu.
Ces auberges sont le lieu où les héros montrent leur courage et leurs talents, où les forces du bien et du mal, les agents du gouvernement impérial et les bandits, s’affrontent.
Les films de King Hu se déroulant en partie ou entièrement dans des auberges sont nombreux.
Dans L’Hirondelle d’or, l’héroïne s’installe dans une auberge pour affronter les bandits qui ont enlevé son frère. Dans L’Auberge du Dragon les hors-la-loi trouvent refuge dans une auberge. Enfin L’Auberge du printemps si situe presque entièrement dans une auberge dans laquelle se prépare un assassinat.

Dans L’Hirondelle d’or la première scène dans l’auberge est ainsi remarquable et résume tout l’univers du Jiang Hu. L’hirondelle d’or entre dans l’auberge déguisée en lettré alors que l’attendent des bandits qui ont kidnappé son frère et le retiennent en otage. Très vite les bandits s’aperçoivent de sa véritable identité avant de lui faire subir une série d’épreuves pour tester ses capacités.
Cette scène a été réalisée au tout début du tournage du film et a nécessité une longue période de temps. King Hu cherchait en effet à obtenir une mise en scène « parfaite », ce qu’il a obtenu mais au pris de dépassement de tournage et de brouille avec les producteurs.
On retrouve l’univers du Jiang Hu dans L’Auberge du printemps (1973), notamment au début du film ou de nombreux personnages entrent dans l’auberge au fur et à mesure, s’y asseoient, boient, mangent, jouent, se détendent. Mais tous ces personnages sont des énigmes, on ne sait pas vraiment qui ils sont, à quel camp ils appartiennent, et quel est leur but. Il y a des espions du gouvernement impérial en reconnaissance, des rebelles qui préparent un assassinat, un chanteur, un lettré, des quidams, et chacun porte un masque qui nous est dévoilé petit à petit. Tout ce petit monde est vivant et drôle mais derrière se cache un complot visant le gouverneur de la région annoncé prochainement dans l’auberge.

On retrouve aussi dans les films de King Hu des références à l’opéra chinois, et elles sont nombreuses. L’intérêt de King Hu pour l’opéra commence avant sa carrière de cinéma puisque avant d’être acteur puis réalisateur, il travaillait à la radio où il s’occupait d’émissions dédiées à l’opéra de Pékin et du Fujian. Il choisissait les opéras et faisait appel à des acteurs qui interprétaient les rôles pour la radio.
Par la suite il interprète lui même des rôles dans des films adaptés de l’opéra Huang mei xi comme The Kingdom and the Beauty (Li Hanxiang, 1959), dans lequel il chante, et The Love Eterne qu’il co-réalise avec Li hanxiang en 1963.

Le Huang mei xi, est l’opéra de la province de l’Anhui. Ses spécificités sont des intrigues et des chansons, en mandarin, simples par rapport à l’opéra de Shanghai et à l’opéra de Pékin. Il s’agit souvent de romance qui se termine mal, d’amour impossible, comme par exemple dans The Kingdom and the Beauty entre une serveuse d’auberge et un empereur, dans The Love Eterne entre un pauvre lettré et la fille d’une riche famille ou dans The Maid from even entre un mortel et une déesse. Comme dans l’opéra de Shanghai et au contraire de l’opéra de Pékin, les personnages masculins et féminins du Huang mei xi sont interprétés par des femmes.
Dans le Huang mei xi, les chansons sont très importantes, elles sont alternées entre les personnages masculins et féminins. Cette spécificité facilite les intrigues amoureuses, la passion, qui sont la particularité du Huang mei xi.

Les films adaptés du Huang mei xi sont un genre à part entière du cinéma chinois. Il y en a en Chine continentale : Tian Xianpei en 1955 de Shi Hui (le réalisateur de Ma Vie, 1950) mais surtout à Hong Kong avec des productions de la Shaw Brother : en 1959 The Kingdom and the Beauty lance le phénomène dont Li Hanxiang se fait une spécialité. C’est le premier succès de la Shaw Brother, le premier film en couleur et musical. Par la suite, on peut noter The Love Eterne (1963) qui reçoit un accueil phénoménale à Taiwan où la légende dit que certaines personnes ont vu le film plus de cent fois, mais aussi A Maid from Heaven (Ho Menghua et Chen Yixin 1964), The Pearl Phoenix (Yang Fan 1964), The Lotus Lamp (Ho Menghua, avec Zheng Peipei, 1965 )…
Quand il devient réalisateur à part entière, King Hu n’adapte plus d’opéra Huang mei xi mais des opéras de Pékin. Cependant on retrouve l’influence du Huang mei xi dans The Mix Up dont il écrit le scénario en 1962, à travers les travestissements et la romance entre un peintre-calligraphe et une jeune femme appartenant à une grande famille.

Les liens de King Hu avec l’opéra de Pékin sont plus connus. L’Hirondelle d’or est adapté de l’opéra Le héros ivre ( Da sui xia, le titre original du film), Colère est adapté de l’opéra San Cha kou (1970), et L’Auberge du printemps est aussi adapté d’un opéra de Pékin.
Hormis dans ces adaptations, on retrouve aussi l’influence de l’opéra de Pékin dans la narration de ses autres films faits pour la plupart d’intrigues et de complots, et dans les chorégraphies qui empruntent à l’opéra de Pékin les mouvements et les poses des personnages. Par exemple les déplacements des personnages dans le temple de Raining in the Mountain, les chorégraphies des combats appartenant à l’école du Nord (Han Yingjie chorégraphe) et les sauts au trempoline dans la scène de Bambou de Touch of zen et dans la scène finale de Pirates et guerriers.

L’influence de la peinture dans les films de King Hu se voit à travers la façon dont il filme la nature et principalement par l’utilisation de la brume et des nuages pour représenter le vide.
Le vide dans la peinture comme dans la pensée chinoise est fondamental. Il ne s’agit pas d’un espace neutre où rien ne se passe mais au contraire le vide est traversé par les souffles vitaux. C’est le vide qui permet à toutes choses d’atteindre la vraie plénitude. Dans la peinture, le vide intervient à tous les niveaux, depuis les traits de base jusqu’à la composition d’ensemble. Il assure au système pictural son efficacité et son unité. . L’espace vide peut parfois occuper le tiers du tableau.

Dans la peinture chinoise le vide est représenté de deux façons : par l’espace non-peint et par les brumes et les nuages
Pour King Hu, dans le cinéma, il n’existe qu’un seul moyen de représenter le vide, comme il le dit lui-même : « J’emploie beaucoup de brouillards, de fumées, c’est le vide. Au cinéma, pas moyen d’avoir du vide sans cela, tous ces procédés tendent à créer le vide »
Dans les films de King Hu la brume et les nuages, le vide, interviennent souvent dans la nature, dans la forêt de Bambous de A Touch of Zen, dans la montagne ou au bord d‘un lac dans Raining in the Mountain.
Comme dans les peintures chinoises, la brume et les nuages dans les films de King Hu sont le lien, l’attraction dynamique, entre la montagne et l’eau, les deux éléments essentiels de la peinture de paysage, c’est aussi par les nuages et la brume que s’expriment les humeurs changeantes du temps. La nature, les montagnes et l’eau sont souvent scindées par des brumes. Les brumes et les nuages sont aussi l’expression d’un mystère. C’est ce côté mystérieux que l’on retrouve aussi dans les films de King Hu, notamment dans l’extrait de Raining in the Mountain que nous allons voir.

On retrouve aussi dans la plupart des films de King Hu des éléments du bouddhisme sous plusieurs aspects : les personnages de moines, les temples, les intrigues et le désir.
Certains films, comme Raining in the Mountain et Legend of the Mountain, sont même entièrement des sujets bouddhistes. Il s’agit dans le premier d’une course entre plusieurs personnages dont un général et un homme riche, qui se déroule entièrement dans un temple, pour obtenir un précieux sutra, un texte contenant les enseignements de Bouddha, et organiser la succession du maître.
Dans Legend of the Mountain deux femmes fantômes cherchent à obtenir un sutra afin de se réincarner.
Dans ces deux films, tout tourne donc autour du bouddhisme, autour des enseignements du Bouddha et du pouvoir des textes sacrés, notamment le pouvoir pour les êtres maléfiques de se réincarner en homme.
Il y a beaucoup de moines dans les films de King Hu. Dès son premier scénario The Mix Up, le personnage du moine bouddhiste apparaît comme un personnage fort, celui qui par sa force colossale démêle la situation et sauve la jeune fille en danger.

Dans les films suivant de King Hu, le moine devient un personnage récurrent et il y tient souvent le même rôle. Dans A Touch of zen c’est un moine d’une force presque surnaturelle qui protège la jeune fille des agents du gouvernement impérial qui veulent l’éliminer, dans Legend of the Mountain c’est un moine qui combat les démons et sauve le lettré et le sutra qu’il recopie.
Mais dans d’autres films de King Hu, les moines tiennent le rôle d’assassins ou sont associés à des bandits. C’est le cas dans L’Hirondelle d’or où un moine cache les bandits dans son temple mais aussi dans Pirates et guerriers où le moine est du côté des pirates japonais face aux hommes de l’empereur.
Nous avons vu plus haut que les auberges occupaient une place importante dans le cinéma de King Hu. Il existe un deuxième lieu important, les temples bouddhistes qui servent soit de repère à des bandits, soit de refuge, soit sont le théâtre de complots visant à obtenir le pouvoir.
Dans L’hirondelle d’or, les bandits ont établie leur quartier général dans un temple et y retiennent leur otage, dans Touch of Zen, la jeune femme se réfugie dans un temple pour échapper aux hommes d’un eunuque, et surtout Raining in the Mountain se déroule entièrement dans un temple dans lequel des hommes luttent pour organiser la succession du maître.

Enfin, les bouddhistes se sont beaucoup penchés sur le problème des désirs humains. Dans le bouddhisme, « il ne doit pas y avoir de sentiment : pas de colère, pas de sexe, pas de goût des couleurs ou de parfum, car tout cela est lié au désir, et le désir vous conduira à accomplir de mauvaises choses » . Cette citation de King Hu date de 1975, elle prend tout son sens quatre ans plus tard dans une scène de Raining in the Mountain dans laquelle les moines sont invités par leur maître à méditer au bord d’un lac où des jeunes femmes se baignent très légèrement vêtues. Pour le maître, il s’agit de mettre à l’épreuve ses disciples, mais tous les moines sont fortement troublés dans leur méditation et jettent des coups d’œil furtifs en direction des jeunes femmes. Dans cette scène, King Hu pose le problème du désir dans le bouddhisme d’une façon très humoristique et très érotique. Il s’agit sans doute de la scène la plus érotique des films de King Hu.

Enfin, King Hu était aussi directeur artistique de certains de ses films comme Raining in the Mountain et A Touch of Zen. Il était très soucieux de l’architecture et des costumes, allant jusqu’à les dessiner lui-même pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’anachronisme avec l’histoire racontée. Par exemple, il a fait construire le décor de A Touch of Zen dans un studio à ciel ouvert, puis il l’a fait brûlé pour qu’il ait vraiment l’air en ruine et il a attendu qu’il pleuve pour que le décor ait la couleur qu’il souhaitait. Pendant tout ce temps, il écrivait le scénario en s’inspirant des décors.
Il s’attachait aussi beaucoup à l’authenticité des costumes (le costume de Lee Khan est authentique) et accordait une place importante à la calligraphie qui est présente dans les génériques de la plupart de ses films. King Hu parle même de calligraphie, de trait de pinceau, pour évoquer les mouvements des personnages dans les scènes de combats.

King Hu est l’un des rares réalisateurs chinois dont les films font autant référence à la culture chinoise traditionnelle à la fois à la littérature, à la peinture, à l’opéra, à l’architecture et à la calligraphie ainsi qu’au bouddhisme. Il y a bien sûr de nombreux réalisateurs chinois qui font appel à la culture chinoise traditionnelle dans leurs films comme Fei Mu, Li Hanxiang ou Tsui Hark mais aucune des œuvres de ceux-ci n’a la cohérence que l’on retrouve dans le cinéma de King Hu. Dans les films de King Hu, tous les arts chinois classiques se rejoignent.


Filmographie

1963 - The Love Eterne
1965 - Sons of the Good Earth
1966 - L’Hirondelle d’or
1967 - L’Auberge du dragon
1970 - Colère (court métrage)
1971 - Touch of Zen
1973 - L’Auberge du printemps
1975 - Pirates et guerriers
1979 - Legend of the Mountain
1979 - Raining in the Mountain
1981 - The Juvenizer (1981)
1982 - All The King's Men
1983 - The Wheel of Life
1990 - Swordman
1992 - The Painted Skin

Christophe Falin

Publié par damien à 20:26

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Tu connais très bien la culture chinoise

Publié par Blogger xin à 17 mai 2007 22:38 #
 
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