vendredi 18 mai 2007

Code Name : Cougar (代号美洲豹)

Code Name : Cougar de Zhang Yimou, 1989
Avec Ge You, Gong Li

Des preneurs d’otages détournent un avion sur Manille afin d’obtenir la libération de leur leader. Hélas pour eux l’avion, en manque de carburant, va être amené à se poser dans la région de Pékin…

Avec Code Name : Cougar (代号美洲豹), Zhang Yimou (张艺谋) prend le risque d’adapter une histoire moderne sur un contexte géopolitique risqué. Jugez-en par vous-mêmes : un groupe de terroristes taiwanais détourne un avion de Taipei afin de réclamer la libération de leur leader. Manque de bol, l’avion n’a pas assez de carburant pour se rendre à Manille (la destination initialement prévue) et doit impérativement se poser…à Pékin !


On imagine sans mal que le
s forces chinoises et taiwanaises vont avoir toutes les peines du monde à se mettre d’accord sur une opération commune afin de sauver les otages. Et pourtant…et pourtant si, Code Name : Cougar nous rapporte la preuve que ces "meilleurs ennemis du monde" peuvent parfois trouver un terrain d’entente. Ici, ce sont donc les forces militaires chinoises et taiwanaises qui vont travailler la main dans la main, pour le bien de quelques otages.

Code Name : Cougar est donc un film ambitieux, au casting en béton (Ge You 葛优 , Gong Li 巩俐 ) et au rythme effréné. Et puis il y a Zhang Yimou derrière la caméra quand même, qui signe là son deuxième film après le remarquable Sorgho Rouge (红高粱). Et puis…et puis j’arrête là les affabulations car ce long métrage est une infamie sans nom. C’est clairement l'oeuvre d'un réalisateur très gauche (magnifiques plans au ras des pâquerettes ou encore à hauteur de portières parfois l’objectif se prend même ladite portière dans l’œil), le montage est complètement raté, le rythme est fracturé où l'on s’ennuie à mourir, les musiques sont inaudibles (fabuleuse chanson d’adieu à la fin du film sur une musique très enjouée alors qu’il y a eu une pléiade de décès quelques secondes auparavant), bref il n’y a rien du tout à sauver de ce furoncle cinématographique.

Zhang Yimou s’est exprimé à propos du film, à l’occasion du 25ème Festival International du Film de Hawaii, en 2005 : « J'avais voulu, à l'époque, tourner dans des décors plus urbains, pour trancher avec mon premier film. J'ai trouvé le financement, mais après avoir tout dépensé, le film n'était pas terminé. Ce long métrage n'avait pas encore de sens, je n'avais pas d'idées. J'ai songé à abandonner mais ce n'était pas responsable. Je l'ai donc fini en 27 jours, j'étais assez dépité, je ne parvenais même plus à me concentrer. »

Et on veut bien croire Zhang Yimou sur parole, puisque le traumatisme qu’engendra Code Name : Cougar vaccina visiblement l’intéressé aux intrigues contemporaines. En effet après ce film-ci, le réalisateur chinois enchaînera cinq longs métrages ruraux et historique avant de se replonger enfin dans la modernité avec Keep Cool (有话好好说), en 1997.

A voir donc comme une curiosité. A voir peut-être si vous êtes un aficionados de Gong Li (même si elle fait très potiche en petite infirmière en sueur ...mais elle devrait combler les attentes de certains). A voir surtout si vous n’avez rien d’autre de prévu, parce que tout peut paraitre plus urgent que voir cette hécatombe. A voir enfin pour jouer les fins connaisseurs de cinéma chinois dans les soirées mondaines, parce que ce Code Name : Cougar là, peu de monde peut se vanter de l’avoir vu (de grâce, heureusement) !

Olivier M.

Publié par damien à 22:29

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