dimanche 6 mai 2007
Blue Gate Crossing (蓝色大门)
Avec Guey Lun-mei, Chen Bo-lin, Liang Shu-hui
Kerou a 17 ans, elle est lycéenne. Comme d'autres jeunes filles de son âge, elle se cherche. Rêveuse, elle doute d'elle même et regrette l'insouciance de l'enfance. Shihao est un jeune garçon séduisant et un peu rebelle: les filles l'adorent. Yuezhen, la meilleure amie de Kerou, en est folle amoureuse. Si Shihao pense surtout à gagner les championnats de nation de l'école, il est aussi attiré par Kerou. Un jour, Kerou le rejoint à l'entrainement et elle se décide à lui parler. Ce qu'elle lui révèle va le bouleverser et les deux adolescents vont ensemble goûter à l'âge adulte.
Voir le clip musical du film par l'artiste Cher Cheen
Blue Gate Crossing (蓝色大门) est… comment dire… un enchantement. Sans doute le mot est-il trop fort, sans doute que certains vont trouver le terme ici déplacé, en tout état de cause, peut-être galvaudé. Car on me rétorquera que la trame du film est d'une simplicité enfantine, que la réalisation est douce mais nullement géniale, que d'un coté l'aspect dramatique du long métrage n'est pas assez poussé pour en faire un mélo et bouleverser, et qu' enfin les petites touches d'humour sont bien trop rares et espacées pour faire rire et divertir. Et alors ? Oui l'histoire est simple, oui la réalisation est bonne mais ne cherche pas à épater, non les personnages ne connaissent pas de dr
ame ni de douleurs propres à faire pleurer le plus sensible des spectateurs… et pourtant, Blue Gate Crossing est un film qui enchante, on ne voit, ni les secondes, ni les minutes passer. On a l'impression de se retrouver à Taipei, aux cotés de ses citoyens, ses adolescents, en prenant du plaisir à les écouter, en éprouvant de la compassion, parfois un brin de douleur, lorsque certains révèlent leurs plaies secrètes.Transformer le temps qui passe en divertissant bien-être n'est pas chose aisée pour un réalisateur, surtout lorsque celui-ci propose une histoire à priori sans surprises. Il faut savoir faire preuve de talent, pouvoir s'effacer et mettre ses personnages en avant. Chin-yen Yee réussit avec Blue Gate Crossing ce tour de passe-passe loin d'être évident. Il parvient à passionner son audience pour des destins presque communs…
Il sera question ici de la découverte de la sexualité, de passions si dévorantes qui peuvent handicaper bien des rêves de jeunes adolescentes, mais aussi d 'amitié, de tolérance, de louables interrogations également. Loin de tous les stéréotypes en la matière, ce film-ci n'est pas un simple long métrage d'ados supplémentaire. Il est en effet si habilement ciselé, ses personnages tellement profonds et vrais, qu'il devrait inévitablement vous toucher.Comment ne pas se prendre d'affection pour la jeune Meng Kerou ? Intronisée " entremetteuse " malgré elle par sa meilleure amie (les classes à Taiwan ne sont pas mixtes, ce qui ne rend pas la communication facile entre les garçons et les filles), la petite Meng Kerou va devoir prendre sur elle et son apparente fragilité pour lancer et relancer un garçon dont elle n'a à priori rien à faire… mais pour faire plaisir à son amie, Meng Kerou est prête à tout.
Que va-t-elle alors décider lorsque le garçon tombera finalement amoureux d'elle et non pas de son amie ? Finira-t-elle par craquer, elle qui s'interroge encore sur sa sexualité, ignorant toujours si son attirance pour sa meilleure amie a aujourd'hui dépassé les fragiles frontières de la simple amitié ? Loin de l'histoire banale en forme de triangle amoureux, ce film dévoile des personnages à cœur ouvert.Un voyage doux et enjôleur qui n'est pas sans connaître quelques touches certaines d'acidité. Car l'apprentissage de la vie n'est pas chose aisée, même pour de simples lycéens de Taipei…
Olivier M.



















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