vendredi 4 mai 2007

20 30 40

20 30 40 de Sylvia Chang, 2004
Avec Sylvia Chang, Rene Liu, Angelica Lee

20 ans. Xiao Jie arrive de Malaisie à Taipei en rêvant de devenir une pop star. 30 ans. Xiang Xiang hôtesse de l'air partage difficilement son temps libre entre un jeune amant et un homme marié sans trop savoir comment s'en sortir. 40 ans. Lily Zhao, fleuriste, divorce en apprenant que son mari mène une double vie et essaie de reconstruire sa vie.

Lorsqu'on a 20 ans, on aimerait saisir la vie à bras le corps, lui donner une bonne claque pour repartir de plus belle, conquérir un coeur, une amie, le monde. Lorsqu'on en a 30, on hésite entre se poser ou continuer à voler, de fleurs en fleurs, de taxis en aéroports, de relation instable en histoire banale.


A 40 ans, le choix est déjà plus cornélien. Soit on a déjà fait sa vie, on voudrait la refaire, soit il est grand temps de se caser si on ne veut pas la rater. 20 30 40 brosse les portraits de trois générations de femme qui en sont au carrefour de leur vie, au moment de prendre des décisions, qui pourraient influencer si ce n'est le restant de leurs jours, au moins la future décennie. Et c'est long dix ans! Suffisamment pour oublier à trente ans, qu'on en a eu vingt, à quarante qu'on s'est posé ces mêmes questions...existentielles. Et puis ce n'est pas si long. A peine le temps de se retourner, de réaliser les enjeux d'une histoire et les préoccupations communes qui animent le parcours d'une femme..


Sylvia Chang (张艾嘉) qui joue ici le rôle de Lily, une fleuriste de la quarantaine qui court désespérément après LE bon choix, le moins pire toujours, nous offre ici une bluette sentimentale agréable. Partant des destinées croisées de ces trois femmes archétypiques de leurs générations, la réalisatrice met l'accent sur leurs vies sentimentales également perturbées et l'impossibilité à quelque âge que ce soit de nouer la relation idéale.

Ce film qui part d'abord sur de bons rails tient d'abord sa force aux origines hétéroclites des protagonistes. Co-production Chine/Taïwan/Hong-Kong, il est aussi le creuset de cultures proches mais essentiellement différentes. C'est le mélange surprenant mais désormais naturel de ces cultures qui confère un intérêt au film dans ses premières séquences. Malheureusement, faute de véritable fil conducteur et d'une histoire qu'on aurait suivie vraiment, le scénario se perd en longueurs.

I
l faut reconnaître néanmoins que l'auteur donne une fin à ses histoires.
Une fin en points de suspension qui laisse la porte ouverte aux relations naissantes ou inachevées. Une porte ouverte sur une fin heureuse ou inattendue. Renforcé par un montage parallèle, ces histoires se reflètent l'une dans l'autre sans pour autant jamais se répondre. Au final ces trois femmes ne se seront jamais rencontrées que par relation interposée. Et c'est là l'extrême solitude, la douleur la plus forte qui ressort de ce film.

Ainsi 20 30 40 apparaît comme un tableau cinématographique résolument social et bien pensé qui touchera assurément la gente féminine.

Vianney Meunier
(2004)

Publié par damien à 19:37

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