jeudi 26 avril 2007
La Main (爱神 )
La Main de Wong Kar-wai, 2005Moyen métrage
Hong Kong 1963. Chang, un jeune tailleur, s'est éprit de la séduisante courtisane Mademoiselle Hua le jour où il la rencontra et découvrait ses formes sensuelles en prenant ses mesures. Les années passèrent et Chang lui resta fidèle sans attendre ou espérer d'être aimé en retour. Mais Mademoiselle Hua connaît des temps difficiles et Chang la voit se décomposer...
La Main de Wong Kar-wai (王家卫) est tirée du projet cinématographique Eros (爱神 ) insufflé par Michelangelo Antonioni auquel participe également Steven Sondenbergh.
Le président du jury de Cannes 2006 se permit ainsi une petite parenthèse lors du tournage de 2046 car la crise du SRAS l’empêchait de produire ce long métrage comme il le souhaitait.
Pour résumer brièvement Eros, on pourrait dire que Wong Kar Wai sauve généreusement le projet de la débandade. En effet, le maitre Antonioni dans son âge avancé n’a pas su tirer profit de son expérience pour sa partie Le périlleux enchainement des choses en nous gratifiant malheureusement d’une naïveté insolente.
Cela peut être irrévérencieux de juger un tel cinéaste qui s’était constitué une carrière longue de soixante années, mais il fait bon dire la vérité et aller au-delà du simple courbement d’échine.
Le moyen métrage de Steven Sondenbergh est quant à lui pourvu d’une très bonne mise en scène mais souffre d’un désintérêt croissant. Cependant, malgré cet essoufflement, sa participation au projet est une brise cinématographique appréciable.
Nous en venons alors à notre cinéaste chinois, mis à l’honneur l'année dernière par le plus grand festival de cinéma du monde et qui réussit une fois de plus à nous subjuguer, en seulement 39 minutes, à nous subjuguer par cet univers du vieux Hong Kong des années 60. A vrai dire, le cinéaste s’est inspiré d’un roman où les évènements se passaient dans le Shanghai des années 30, mais pour des raisons de mobilité artistique, le réalisateur transposa le tout dans sa ville de prédilection.
L’homme aux lunettes noires, doté d’un talent exceptionnel de la mise en scène, ne s’en est pas privé pour le mettre à notre service et nous plonger dans les conditions de l’époque, dans cette beauté d’antan qui, je crois, nous passionnera encore et toujours.
On se retrouve en quelques minutes entre InThe Mood For Love (花样年华) et 2046 tout en apportant une nouvelle dimension à son sujet. En effet, la sexualité et la sensualité sont ici présentées sans pudeur par la main et le toucher de Mademoiselle Hua.
Cette partie du corps si précieuse apparaît tel un obscur objet du désir pour le tailleur qui souhaite tellement réaliser de belles robes à celle dont son cœur s’est amouraché.
Affaiblie par la prostitution, Mademoiselle Hua s’aperçoit que seul Chang lui est dévouée véritablement même si elle séduira dans un dernier soubresaut un homme fortuné oubliant derrière elle le bel et fidèle tailleur.Les deux interprétations peuvent se targuer d’être tout simplement parfaite mis à part un moment de naïveté sur la relation au sexe qu’aura Chang de manière totalement déconvenue face à Mademoiselle Hua.
Gong Li (巩俐) est à tomber raide tant sa beauté, telle une veuve noire, prend le pouvoir sur la caméra. On ne l’a jamais vu aussi désira
ble si ce n’est dans le long métrage Zhou Yu’s Train (周渔的火车).
Chang Chen (张震) réalise de son côté une excellente prestation entre une jeunesse hésitante et une maturité délivrée à la seule Mademoiselle Hua. Il va sans dire que cet acteur fait partie des meilleurs de sa génération. Au final Wong Kar-wai, sans oublier sa voluptueuse musique, arrive une fois de plus à nous envoûter et à dresser un portrait charnel du toucher dont il est le seul actuellement à en être capable. Mais attention, la redite n'et plus très loin...
La Main de Wong Kar-wai (王家卫) est tirée du projet cinématographique Eros (爱神 ) insufflé par Michelangelo Antonioni auquel participe également Steven Sondenbergh.
Le président du jury de Cannes 2006 se permit ainsi une petite parenthèse lors du tournage de 2046 car la crise du SRAS l’empêchait de produire ce long métrage comme il le souhaitait.
Pour résumer brièvement Eros, on pourrait dire que Wong Kar Wai sauve généreusement le projet de la débandade. En effet, le maitre Antonioni dans son âge avancé n’a pas su tirer profit de son expérience pour sa partie Le périlleux enchainement des choses en nous gratifiant malheureusement d’une naïveté insolente.
Cela peut être irrévérencieux de juger un tel cinéaste qui s’était constitué une carrière longue de soixante années, mais il fait bon dire la vérité et aller au-delà du simple courbement d’échine.
Le moyen métrage de Steven Sondenbergh est quant à lui pourvu d’une très bonne mise en scène mais souffre d’un désintérêt croissant. Cependant, malgré cet essoufflement, sa participation au projet est une brise cinématographique appréciable.
Nous en venons alors à notre cinéaste chinois, mis à l’honneur l'année dernière par le plus grand festival de cinéma du monde et qui réussit une fois de plus à nous subjuguer, en seulement 39 minutes, à nous subjuguer par cet univers du vieux Hong Kong des années 60. A vrai dire, le cinéaste s’est inspiré d’un roman où les évènements se passaient dans le Shanghai des années 30, mais pour des raisons de mobilité artistique, le réalisateur transposa le tout dans sa ville de prédilection.
L’homme aux lunettes noires, doté d’un talent exceptionnel de la mise en scène, ne s’en est pas privé pour le mettre à notre service et nous plonger dans les conditions de l’époque, dans cette beauté d’antan qui, je crois, nous passionnera encore et toujours.
On se retrouve en quelques minutes entre InThe Mood For Love (花样年华) et 2046 tout en apportant une nouvelle dimension à son sujet. En effet, la sexualité et la sensualité sont ici présentées sans pudeur par la main et le toucher de Mademoiselle Hua.Cette partie du corps si précieuse apparaît tel un obscur objet du désir pour le tailleur qui souhaite tellement réaliser de belles robes à celle dont son cœur s’est amouraché.
Affaiblie par la prostitution, Mademoiselle Hua s’aperçoit que seul Chang lui est dévouée véritablement même si elle séduira dans un dernier soubresaut un homme fortuné oubliant derrière elle le bel et fidèle tailleur.Les deux interprétations peuvent se targuer d’être tout simplement parfaite mis à part un moment de naïveté sur la relation au sexe qu’aura Chang de manière totalement déconvenue face à Mademoiselle Hua.
Gong Li (巩俐) est à tomber raide tant sa beauté, telle une veuve noire, prend le pouvoir sur la caméra. On ne l’a jamais vu aussi désira
ble si ce n’est dans le long métrage Zhou Yu’s Train (周渔的火车).Chang Chen (张震) réalise de son côté une excellente prestation entre une jeunesse hésitante et une maturité délivrée à la seule Mademoiselle Hua. Il va sans dire que cet acteur fait partie des meilleurs de sa génération. Au final Wong Kar-wai, sans oublier sa voluptueuse musique, arrive une fois de plus à nous envoûter et à dresser un portrait charnel du toucher dont il est le seul actuellement à en être capable. Mais attention, la redite n'et plus très loin...
Damien Paccellieri


















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