lundi 16 avril 2007
The Floating Landscape (恋之风景)
The Floating Landscape de Carol Lai, 2003Avec Karena Lam, Ekin Cheng, Liu Ye
Hong Kong. Maan vient juste de perdre l'homme qu'elle aime des suites d'une longue maladie : Sam, un jeune peintre talentueux. Depuis peu, il était obsédé par un paysage qu'il pensait avoir vu lorsqu'il jouait enfant dans la campagne autour de la ville de Qingdao. En souvenir de lui, elle décide de retrouver ce paysage. Là-bas, elle fait la connaissance de Lit, qui dessine des livres pour enfant et travaille comme postier pour vivre. Il l'aide dans sa quête et tombe amoureux tandis que Maan, encore hantée par son chagrin, ne voit pas leur amitié se transformer.
Après Glass Tears (玻璃,少女) en 2001, Carol Lai (黎妙雪) revient à nous avec The Floating Landscape (恋之风景), un drame intimiste sur la difficulté du deuil. Maan est une jeune Hongkongaise qui vient de perdre l'être cher à son cœur. Il s'agit de Sam, un jeune homme qui s'est éteint à la suite d'une maladie incurable. Durant les derniers moments de sa vie, il était obnubilé par un paysage de son enfance situé en Chine continentale et l'avait décrit dans son journal. En souvenir de Sam, Maan décide de se rendre à Qingdao où ce paysage est supposé avoir existé afin de le retrouver. Sur place, elle rencontre Lit, un jeune facteur qui va l'aider dans sa recherche. Ils vont peu à peu se rapprocher mais le deuil de Maan dresse entre eux comme un mur infranchissable qui les empêche de s'aimer...
Ce film est d'un abord difficile, peut-être parce qu'il est intensément féminin comme le dit la réalisatrice, qu'il traite de sentiments qu'il faut avoir vécu pour comprendre. C'est humblement le cas de votre serviteur mais sans tomber dans
une étude approfondie du contenu, The floating landscape, comme une peinture est une œuvre qu'il faut apprivoiser, analyser, regarder de loin puis de près pour en saisir toute la dimension. La thématique du deuil n'a jamais été facile à traiter. Carol Lai l'aborde ici avec pudeur et retenue. En nous présentant cette jeune femme Maan (Karena Lam) qui court après une image du passé comme un remède à son mal, la réalisatrice souligne toute la difficulté de recommencer à vivre quand on a perdu une moitié de soi.
Elle tire un parallèle avec Lit (Liu Ye - 刘烨), le facteur qui, comme Sam, a vécu à Qingdao mais qui ne sait pas insuffler à Maan l'espoir d'aimer à nouveau. De décisions en hésitations - monter les escaliers, les redescendre, déterrer le passé ou l'enfo
uir à jamais -, les symboles sont nombreux dans ce film, au demeurant assez bien construit. Aidée par Danny Pang, Carol Lai a monté son film en choisissant des plans qui se font écho. Ce mur jaune avec ou sans vélo, espace vide qui sera comblé par du sens. Dessiner pour ne pas mourir. Les situations s'interpellent aussi. Demander son chemin à un facteur, la vieille femme dont le mari est mourant qui recopie les sutras tandis que Maan recopie le journal de son ex-ami dont elle ne connaissait que partiellement le passé.
Elle le découvre jour après jour. Et puis le cinéma de Carol Lai c'est, comme elle le dit elle-même, "une peinture chinoise où une grande part est laissée à l'imagination".
Hiver ou printemps, ce paysage peint par Sam n'a plus la même signification. Couvert de neige, il représente la tristesse du trépas, la beauté froide et figée d'un passé abandonné. Au printemps, les fleurs de pêcher, symboles du renouveau, de la renaissance, en font un des paysages les plus célèbres de Chine. C'est alors à Maan de décider, si elle veut voir à Qingdao, l'hiver de sa jeunesse ou le printemps de ses amours.
Hong Kong. Maan vient juste de perdre l'homme qu'elle aime des suites d'une longue maladie : Sam, un jeune peintre talentueux. Depuis peu, il était obsédé par un paysage qu'il pensait avoir vu lorsqu'il jouait enfant dans la campagne autour de la ville de Qingdao. En souvenir de lui, elle décide de retrouver ce paysage. Là-bas, elle fait la connaissance de Lit, qui dessine des livres pour enfant et travaille comme postier pour vivre. Il l'aide dans sa quête et tombe amoureux tandis que Maan, encore hantée par son chagrin, ne voit pas leur amitié se transformer.
Après Glass Tears (玻璃,少女) en 2001, Carol Lai (黎妙雪) revient à nous avec The Floating Landscape (恋之风景), un drame intimiste sur la difficulté du deuil. Maan est une jeune Hongkongaise qui vient de perdre l'être cher à son cœur. Il s'agit de Sam, un jeune homme qui s'est éteint à la suite d'une maladie incurable. Durant les derniers moments de sa vie, il était obnubilé par un paysage de son enfance situé en Chine continentale et l'avait décrit dans son journal. En souvenir de Sam, Maan décide de se rendre à Qingdao où ce paysage est supposé avoir existé afin de le retrouver. Sur place, elle rencontre Lit, un jeune facteur qui va l'aider dans sa recherche. Ils vont peu à peu se rapprocher mais le deuil de Maan dresse entre eux comme un mur infranchissable qui les empêche de s'aimer...
Ce film est d'un abord difficile, peut-être parce qu'il est intensément féminin comme le dit la réalisatrice, qu'il traite de sentiments qu'il faut avoir vécu pour comprendre. C'est humblement le cas de votre serviteur mais sans tomber dans
une étude approfondie du contenu, The floating landscape, comme une peinture est une œuvre qu'il faut apprivoiser, analyser, regarder de loin puis de près pour en saisir toute la dimension. La thématique du deuil n'a jamais été facile à traiter. Carol Lai l'aborde ici avec pudeur et retenue. En nous présentant cette jeune femme Maan (Karena Lam) qui court après une image du passé comme un remède à son mal, la réalisatrice souligne toute la difficulté de recommencer à vivre quand on a perdu une moitié de soi. Elle tire un parallèle avec Lit (Liu Ye - 刘烨), le facteur qui, comme Sam, a vécu à Qingdao mais qui ne sait pas insuffler à Maan l'espoir d'aimer à nouveau. De décisions en hésitations - monter les escaliers, les redescendre, déterrer le passé ou l'enfo
uir à jamais -, les symboles sont nombreux dans ce film, au demeurant assez bien construit. Aidée par Danny Pang, Carol Lai a monté son film en choisissant des plans qui se font écho. Ce mur jaune avec ou sans vélo, espace vide qui sera comblé par du sens. Dessiner pour ne pas mourir. Les situations s'interpellent aussi. Demander son chemin à un facteur, la vieille femme dont le mari est mourant qui recopie les sutras tandis que Maan recopie le journal de son ex-ami dont elle ne connaissait que partiellement le passé.Elle le découvre jour après jour. Et puis le cinéma de Carol Lai c'est, comme elle le dit elle-même, "une peinture chinoise où une grande part est laissée à l'imagination".
Hiver ou printemps, ce paysage peint par Sam n'a plus la même signification. Couvert de neige, il représente la tristesse du trépas, la beauté froide et figée d'un passé abandonné. Au printemps, les fleurs de pêcher, symboles du renouveau, de la renaissance, en font un des paysages les plus célèbres de Chine. C'est alors à Maan de décider, si elle veut voir à Qingdao, l'hiver de sa jeunesse ou le printemps de ses amours.Vianney Meunier
(2003)
(2003)


















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