samedi 10 mars 2007

The Road Home (我的父亲母亲)

The Road Home de Zhang Yimou, 2000
Avec Zhang Ziyi, Zheng Hao, Sung Honglei

Luo Yusheng, citadin, retourne dans son village natal suite au décès de son père. Sa mère, femme dévouée à feu son mari, souhaite perpétuer la tradition qui veut que le corps du défunt soit transporté jusqu'au village afin qu'il y soit enterré. Ainsi, seulement, son âme retrouvera son chemin.

L'histoire qui nous est aujourd'hui contée est celle d'une jeune paysanne, Zhao Di, illéttrée, qui va tomber éperdumment amoureuse d'un jeune homme venu de la ville pour enseigner aux enfants du village. Une passion qui va prendre to
ute sa forme au travers de son dévouement envers cet homme.

Réalisé d'après le roman de Bao Shi intitul
é "Remembrance", Zhang Yimou (张艺谋)(Happy Times, Epouses et concubines, Vivre, Hero) nous fait partager la joie et la douleur de cette jeune femme, interprétée très justement par Zhang Ziyi (章子怡), qui va aller pour la première fois à l'encontre des traditions campagnardes en choisissant de se réaliser à travers sa vie sentimentale et de ne pas subir de marriage arrangé. Une histoire d'une grande simplicité finalement, à des kilomètres des improbables romances hollywoodiennes.

Le récit débute en noir et blanc, symbolique du passé, du souvenir, mais transposé ici dans le cadre actuel. Luo Yusheng, enfant de l'amour, née de la relation passionnée entre Zhao Di et Luo Changyu, retourne pour la première fois à son village na
tal suite à l'annonce du décès de son père.
Là bas, il retrouve sa mère, effondrée par la perte de son mari, dont l'unique souhait est de ramener le corps de son conjoint au village : il est une tradition qui veut que l'on transporte le corps du défunt jusqu'à son lieu de repos afin que son
âme ne puisse jamais s'égarer. Durant cette longue marche guidée par le coeur, Luo Yusheng va nous conter l'histoire de ses parents, connue de tout le village, celle d'un amour étincelant entre une fille de campagne et un instituteur.
Alors que les 15 p
remière minutes du film sont très lourdes émotionellement, très dramatiques voire écrasantes par l'utilisation d'une atmosphère toute en noir et blanc, le retour en campagne une quarantaine d'année auparavant nous transpose dans une atmosphère toute autre. Le bonheur, la joie de vivre, les sourire, les couleurs chaudes et chatoyantes prennent le pas sur la tristesse, l'abandon des campagnes d'aujourd'hui.

Le sourire rayonnnant
de Zhao Di, sublimé par une musique de toute beauté, à la vue du nouveau arrivé se chargent de nous faire oublier la pesanteur passée. L'émerveillement de cette jeune campagnarde envers cet homme qui semble venir d'ailleurs est d'une fraicheur, d'une sincérité étonnante. Timide mais pour le moins audacieuse, les tentatives d'approche de la jeune fille sont d'une telle naïveté qu'elles en deviennent touchantes. Un regard, un sourir suffisent à lui embaumer le coeur pour la journée.
The Road Home (我的父亲母亲) est très
certainement un des films les plus légers de l'auteur. Zhang Yimou, grand cinéaste chinois, aime à revendiquer des faits, des critiques de la société chinoise mais ici il laisse part à son caractère romantique voire enfantin par moment. On ressent sa nécéssité de réaliser un film à contre courant de ses autres réalisations, un film léger et émouvant qui nous offre une romance décalée, peu commune mais pourtant si simple donc si réelle.

L'ombre contestataire du réalisateur règne toujours parfois au dessus du récit, notamment dans la scission opérée entre présent et passé, le noir et blanc et la couleur, la tristesse et la joie ou encore l'exode rural et l'ère agricole. On pourrait presque voir au travers de cette opposition entre passé et présent, une critique du régime de Mao, de la révolution culturelle, une critique de l'abandon des terres et de l'agriculture de manière abrupte, de la désertion des campagnes. Ces terres autrefois pleines de vie, de couleur aujourd'hui de plus en plus désertées, affaiblies. Toutefois, le réalisateur n'entre jamais dans la polémique, disons que The Road Home laisse une porte ouverte vers "Pas un de moins" où il débat plus profondément de la mutation des campagnes et notamment de la nécessité de l'éducation.

Zhang Yimou nous o
ffre un film très poétique, très émouvant, servie par une musique d'une réelle beauté. Zhang Ziyi (章子怡) (Hero, Tigres et dragons, 2046...), petite protégée de Zhang Yimou, n'offre toujours pas de vrai rôle de composition mais sert une prestation toutefois excellente, insufflant les sentiments de son personnage à travers des expressions faciales et non verbales. Une actrice qui se confirme de jour en jour et dont la renommée devient de plus en plus internationale. La durée du film étant relativement courte, la narration y est d'autant plus maitrisée.

On ressort de ce film, ému et l'âme légère...
Jean Baptiste Champion

Publié par damien à 10:29

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Mon père a été très ému devant la scène avec un vieux réparateur de bols : ça lui a rappelé son enfance...

Publié par Blogger P'tit Panda à 13 mars 2007 17:13 #
 

J'avais vu quand j'étais à Pékin un livre sur tous les métiers traditionnels chinois et aussi ceux exotiques.
Réparateur, projectionniste, arrangeur (de mariage), etc...

Je regrette de ne pas l'avoir prit car il était très imagé.

Publié par Blogger damien à 5 avril 2007 11:23 #
 
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