samedi 31 mars 2007

In Shanghai

In Shanghai de Lou Ye, 2001
Court métrage


In Shanghai ou le regard d’un réalisateur chinois sur sa ville, Shanghai, centre économique du pays communiste, mais aussi mégalopole aux multiples visages…





Lou Ye est une cinéaste exceptionnel. Après avoir eu le succès que l’on sait pour le sublime Suzhou River, le jeune réalisateur de la sixième génération s’est attelé à la conception de ce court métrage sur Shanghai, sa ville de cœur, belle et multiculturelle. Caméra à la main (pour les amateurs c’est une Sony DVCam DSR-PD150…) en vue subjective, Lou Ye commence cette comptine urbaine par le plan d’une fille assoupie sur un lit. Petit à petit la caméra se déplace, sort de cette banlieue où cette jeune femme inconnue s’est donnée aux bras de Morphée, pour mieux visiter cette ville qu’est Shanghai. Le narrateur qui est aussi le héros commente en
voix off ce qu’il aime de cette mégalopole. Il s’attarde sur les habitants de ces quartiers sans étoffes et sans richesses où loge la plupart de la population native de Shanghai. En effet les rues Zongshan Donglu où figure le Bund, le Pudong, la fameuse Perle de l’Orient ne sont pas à la bourse et à la portée de tous. Il faut aller plus loin vers le district de Jingan pour découvrir toute la richesse sociale de cette ville. Pourquoi se fixer sur des immenses architectures froides et nerveuses alors que le sang de Shanghai coule dans les veines de sa ruralité ? C’est un peu le message de Lou Ye à travers ce court métrage.

« On peut deviner qui ils sont, mais on ne pourra jamais vraiment les connaître »

Lou Ye extirpe une force cinématographique rare de cette population souvent précaire et âgé qui attend le bus tous les matins, pour aller travailler et faire ronronner l’économie chinoise.
Des vieilles rues de la vil
le comme celle avoisinant le temple Cheung Hong jusqu’au Bund de la rive du Huangpu, le cinéaste ne reconnaît plus sa ville. Comme si toutes ces tourelles d’aciers du 21eme siècle avaient absorbées l’essence sociale du « Paris de l’Est ».
Lou Ye nous emmène alors en visite dans les salles d’arcades, les discothèques, les clubs de danses, les endroits clinquants et
déconnectés de la réalité des petites gens en pleine paupérisation où se côtoie ouvrier et vendeurs ambulants, où les gens noient leurs défécations dans l’eau en se mettant au bord d’un vieux rafiot… C’est donc un regard nouveau pour l’occidental.

Enfin, après avoir fait escales dans les ruelles dangereuses d’un Shanghai by night, le réalisateur héros se réveille le matin dans un coin de rue près de bâtisses insalubres et se fixe sur le visage d’un enfant timide en concluant : « La seule chose qui compte c’est Shanghai ».
Par ces derniers mots Monsieur Lou Ye, je vous porte toute mon estime.
Damien Paccellieri

Publié par damien à 18:42

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Le court métrage est il disponible sur un quelconque support?

Publié par Anonymous chronofixer à 4 avril 2007 20:35 #
 

Hello,

Oui, il est dispo dans le coffret de films chinois édités par One+One avec Suzhou River, Beijing Bicycle, Shower. Autrement tu l'as dans chaque edition collector de ces films (edition 2dvds)

C'est sur un dvd de court métrage présenté par Luisa Prudentino.

Publié par Blogger damien à 5 avril 2007 11:13 #
 

ah oui, tu veux dire celui que j'ai depuis 2 ans et que j'avais totalement oublié. je regarde rarement les bonus mais là c'est la boulette on dirait. merci

Publié par Anonymous chronofixer à 5 avril 2007 13:12 #
 
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