mardi 6 mars 2007

Hot Summer

Hot Summer de Du Jie, 2001
Court Métrage

Tout comme 22 Yuans tourné lui aussi en 2001, Hot Summer donne une fois d e plus un échantillon des qualités de ce jeune réalisateur chinois nommé Du Jie.
Dans une chaleur étouffante où les grillons chantent leur amour au soleil, des adultes jouent tranquillement à l’une des occupations connues de la société chinoise, le mah-jong.

Pendant ce temps un des adolescents de cette famille cherche chez l’épicier ce dont il a besoin. Le jeune tombe sous le charme de la ravissante fille du propriétaire. Cependant un groupe de son âge laissé à la rue saisisse l’occasion pour quémander quelques pièces à notre jeune amoureux.

Feintant une supplication, les adolescents rebelles n’hésitent pas à la bousculer pour finalement le ruer de coups et modifier le cours de sa vie. En effet, à la suite de cette altercation, le héros prend une brique et l’éclate sur le cuir chevelu d’un des membres du groupe oppresseur. Mal lui en a prit, car dans sa fuite les adolescents arrivent à le rattraper et le tabassent jusqu’à la mort, sous les yeux de celle qui était la source d’une nouvelle idylle.

De toute cette mise en scène, Du Jie nous délivre un message clair sur la déstructuration du lien social et de la terrible violence q
ui s’abat parfois sur les jeunes laissés à la rue. Cette jeunesse chinoise semble éminemment coupée de la génération de leurs parents, et s’accrochent à un idéal improbable. Le pire est certaine l’exacerbation de la violence qui prend feu pour des peccadilles. Un mauvais regard, une réponse non chalante, des comportements insistants et c’est le début de la descente aux enfers. C’est tout de même un constat qui fait froid dans le dos et qu’on ne ressent pas ou pas lorsqu’on se promène dans la banlieue d’une grande ville telle que Pékin.Ce court métrage tourné en 2001 est un étrange parallèle au travail de Wang Xiaoshuai sur Beijing Bicycle qui décrit en tout point de vue les mêmes symptômes de société. Malgré cette étrange coïncidence, Hot Summer gagne son pari de galvaniser une thématique peu développée alors, et donne au spectateur les moyens et l’obligation de réagir, d’engager une véritable réflexion, fruit d’un travail cinématographique réussi.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 20:50

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