jeudi 22 mars 2007
Country teachers (凤凰琴)
Country Teachers de He Qun, 1993Avec Li Baotian, Ju Xue, Wang Xueqi
Country Teachers (凤凰琴) est l’un des classiques chinois des années 90. Adapté de la nouvelle éponyme de Liu Xinglong et présenté dans de nombreuses écoles afin d’y montrer les difficultés de la vie dans les montagnes, l’œuvre de He Qun est devenue avec le temps un modèle d’éducation civique. Le cinéaste nous conte les péripéties de Zhang Yingzi, une jeune femme dont la scolarité est mise en péril suite aux piètres résultats de ses examens. Elle échoue chaque fois de quelques points ce qui a le don de mettre ses parents en colère. Son père la brutalise moralement suite à ses échecs : elle n’est tout simplement qu’une bonne à rien à ses yeux.
Pourtant, décidée à retenter sa chance dans les études, ses parents la pousse à voir son oncle responsable dans l’administration estudiantine.
Celui-ci lui propose de remplacer un professeur absent dans une école d’un village de montagne. Elle décide d’y aller malgré les réticences de ses parents. Forte de sa motivation, elle ne s’attend pourtant pas à ce que l’avenir lui réserve. En effet, elle découvre une école vétuste pour un nombre important de jeunes écoliers. L’équipe pédagogique est loin d’être de qualité mais
leur abnégation à aider cette progéniture est sans pareil. Le Principal et professeur Yu (Li Baotian (李保田) le patron dans Shanghai Triad) se fait de plus en plus vieux et la malchance d’avoir sa femme dans un état de santé très détérioré, laissant ainsi la voie libre à Zhang Yingzi pour prendre à bras le corps l’un des postes de professeur. Ses débuts sont rudes et ses camarades de travail l’aident dans ses premiers pas.
Plus elle enseigne, plus elle découvre des situations singulières de la vie d’une école de ces montagnes enclavées. Son école primaire, au faible moyen de financement, est obligée de faire travailler les enfants pendant la récolte du bois pour assurer la viabilité des dépenses de l’établissement. En plus, les professeurs n’ont pas été payés depuis neuf mois, mais assument cette mauvaise passe et s’aident mutuellement malgré leurs divergences à avancer vers le même chemin, celui de la reconnaissance de leur métier difficile dans une situation géographie, économique et sociale fortement compliquée.
De son côté, Zhang Yingzi ne baisse pas les bras et s’obstine à aider ces jeunes enfants surtout lorsque chaque matin les mioches viennent dresser le drapeau chinois dans le vent, éreinter leurs voix sur le chant national tout en exécutant le salut
de leurs mains…
Country Teachers est une très belle oeuvre cinématographique et rejoint l’utile à l’agréable en pointant le doigt sur l’enclavement des villages en montagnes qu’il soit économique ou sociale. L’isolement de ces hameaux de populations les laisse dans la précarité et à la merci de nombreux besoins. Ici He Qun (何群) étaye cette observation sur plusieurs points. Tout en étant politiquement courtois, il arrive tout de même à glisser une légère critique de l’état chinois notamment dans deux scènes : l’une où le principal Yu s’esclaffe « je ne suis pas membre du Parti » et démontre ainsi le pouvoir important des administrateurs locaux, et l’autre, où les professeurs affirment que l’économie étaient bien meilleur avant. On pourrait croire dans cette dernière que les enseignants plussoient la politique de Mao sur l’importance de la paysannerie de l’époque mais c’est bien plus une contestation amer de l’oubli de ces villages dans celles-ci.
Le cinéaste n’hésite pas non plus à nous dévoiler ce que les enfants de ces campagnes subissent comme pressions familiales afin de ne pas suivre les cours de l’école primaire. En effet, pour les problèmes familiaux notamment liés à l’argent, les enfants désertent l’école pour aider leurs parents dans certaines tâches rémunérées. Et ce n’e
st pas tout, les médecins sont une denrée rare dans ces montagnes mettant en défaut ces enfants et plus particulièrement à la femme du principal Yu qui aimait jouer du zhiter (un instrument de musique chinois) quand elle était encore en bonne santé.
La pauvreté de ces villages tient ici un double visage où chacun est capable de voler son prochain bien que la solidarité entre paysan est inaltérable dans les moments difficiles.
Ainsi, Country Teachers ne vole pas son titre de classique du cinéma chinois. On remarque aisément où Zhang Yimou (张艺谋) s’est inspiré et osons le dire, reprit certaines idées pour Pas un de Moins (一个都不能少)qui lui a valu un Lion d’or à Venise en 1999. Il est dommage de constater que ce sont toujours les œuvres des plus connus qui sont récompensés jusqu’à en oublier leurs références. Mais un jour l’histoire cinématographique reprendra ses droits et se fera justice. En attendant Country Teachers est une œuvre à ne pas manquer.
Country Teachers (凤凰琴) est l’un des classiques chinois des années 90. Adapté de la nouvelle éponyme de Liu Xinglong et présenté dans de nombreuses écoles afin d’y montrer les difficultés de la vie dans les montagnes, l’œuvre de He Qun est devenue avec le temps un modèle d’éducation civique. Le cinéaste nous conte les péripéties de Zhang Yingzi, une jeune femme dont la scolarité est mise en péril suite aux piètres résultats de ses examens. Elle échoue chaque fois de quelques points ce qui a le don de mettre ses parents en colère. Son père la brutalise moralement suite à ses échecs : elle n’est tout simplement qu’une bonne à rien à ses yeux.
Pourtant, décidée à retenter sa chance dans les études, ses parents la pousse à voir son oncle responsable dans l’administration estudiantine.
Celui-ci lui propose de remplacer un professeur absent dans une école d’un village de montagne. Elle décide d’y aller malgré les réticences de ses parents. Forte de sa motivation, elle ne s’attend pourtant pas à ce que l’avenir lui réserve. En effet, elle découvre une école vétuste pour un nombre important de jeunes écoliers. L’équipe pédagogique est loin d’être de qualité mais
leur abnégation à aider cette progéniture est sans pareil. Le Principal et professeur Yu (Li Baotian (李保田) le patron dans Shanghai Triad) se fait de plus en plus vieux et la malchance d’avoir sa femme dans un état de santé très détérioré, laissant ainsi la voie libre à Zhang Yingzi pour prendre à bras le corps l’un des postes de professeur. Ses débuts sont rudes et ses camarades de travail l’aident dans ses premiers pas.Plus elle enseigne, plus elle découvre des situations singulières de la vie d’une école de ces montagnes enclavées. Son école primaire, au faible moyen de financement, est obligée de faire travailler les enfants pendant la récolte du bois pour assurer la viabilité des dépenses de l’établissement. En plus, les professeurs n’ont pas été payés depuis neuf mois, mais assument cette mauvaise passe et s’aident mutuellement malgré leurs divergences à avancer vers le même chemin, celui de la reconnaissance de leur métier difficile dans une situation géographie, économique et sociale fortement compliquée.
De son côté, Zhang Yingzi ne baisse pas les bras et s’obstine à aider ces jeunes enfants surtout lorsque chaque matin les mioches viennent dresser le drapeau chinois dans le vent, éreinter leurs voix sur le chant national tout en exécutant le salut
de leurs mains…Country Teachers est une très belle oeuvre cinématographique et rejoint l’utile à l’agréable en pointant le doigt sur l’enclavement des villages en montagnes qu’il soit économique ou sociale. L’isolement de ces hameaux de populations les laisse dans la précarité et à la merci de nombreux besoins. Ici He Qun (何群) étaye cette observation sur plusieurs points. Tout en étant politiquement courtois, il arrive tout de même à glisser une légère critique de l’état chinois notamment dans deux scènes : l’une où le principal Yu s’esclaffe « je ne suis pas membre du Parti » et démontre ainsi le pouvoir important des administrateurs locaux, et l’autre, où les professeurs affirment que l’économie étaient bien meilleur avant. On pourrait croire dans cette dernière que les enseignants plussoient la politique de Mao sur l’importance de la paysannerie de l’époque mais c’est bien plus une contestation amer de l’oubli de ces villages dans celles-ci.
Le cinéaste n’hésite pas non plus à nous dévoiler ce que les enfants de ces campagnes subissent comme pressions familiales afin de ne pas suivre les cours de l’école primaire. En effet, pour les problèmes familiaux notamment liés à l’argent, les enfants désertent l’école pour aider leurs parents dans certaines tâches rémunérées. Et ce n’e
st pas tout, les médecins sont une denrée rare dans ces montagnes mettant en défaut ces enfants et plus particulièrement à la femme du principal Yu qui aimait jouer du zhiter (un instrument de musique chinois) quand elle était encore en bonne santé.La pauvreté de ces villages tient ici un double visage où chacun est capable de voler son prochain bien que la solidarité entre paysan est inaltérable dans les moments difficiles.
Ainsi, Country Teachers ne vole pas son titre de classique du cinéma chinois. On remarque aisément où Zhang Yimou (张艺谋) s’est inspiré et osons le dire, reprit certaines idées pour Pas un de Moins (一个都不能少)qui lui a valu un Lion d’or à Venise en 1999. Il est dommage de constater que ce sont toujours les œuvres des plus connus qui sont récompensés jusqu’à en oublier leurs références. Mais un jour l’histoire cinématographique reprendra ses droits et se fera justice. En attendant Country Teachers est une œuvre à ne pas manquer.
Damien Paccellieri


















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