mercredi 9 septembre 2009

Que devient chinacinema.fr ?

Bonjour,

Comme vous le savez, je m'occupe désormais du magazine Ecrans d'Asie et c'est désormais sur ces pages digitales (www.ecrans-asie.com) que vous pourrez me retrouver.

Bien entendu, chinacinema.fr reste ouvert et si des contributeurs souhaitent participer afin de partager ensemble l'histoire du cinéma chinois, ce sera avec grand plaisir...
En attendant, je vais publier de tant à autres des liens, des documents à lire sur le cinéma chinois et quelques informations, en espérant pouvoir d'ici quelques temps reprendre une plus forte activité sur ce site.


A très bientôt,
Damien Paccellieri


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samedi 15 août 2009

Festival du cinéma chinois de Paris - 4eme edition



On s'attendait à une programmation chinoise pour la rentrée et la voici avec le Festival du cinéma chinois de Paris - 4ème édition sous l'égide de Deana Gao.


Voici donc le programme :

Sélection officielle :

Mei Lanfang de Chen Kaige
La Perle rare de Feng Xiaogang
La Peau peinte de Gordon Chan
Le Premier souffle du printemps de Gu Changwei
Le Nid d'oiseaux de Ning Jingwu
A un fil près de Gao Qunshu
Ganglameiduo de Dai Wei
Un élève solitaire de Fong Ling
Le Mariage d'Erma de Han Wanfeng
Le Parfum du riz de Bai Haiblin
A la recherche de Drimé Kunden de Wanma Caidan
Lettre d'une inconnue de Xu Jinglei
Un Cœur d'Or de Liu Xin
Le Fusil de Lala de Ning Jingwu
Mon Beau pays de Gao Feng
Dix-sept ans de Ji Cheng
Un billet de cent Yuans de Wang Ping

- Les films d'animations :

La Flûte du bouvier de Te Wei et Qian Yunda
Le Grelot du faon de Tang Cheng
San Mao, seul dans la vie de Ah Da
Le Roi des singes démasque la sorcière de Te Wei, Lin Wznxiao et Yan Dingxian
L'enfant prodige du Mont Hua de Hu Zhaohong

- Les documentaires :

Rêves de singe de Julien Gaurichon et M.C. Quiquemelle
L'Art de Fan Zeng de Wang Yiyan
Minsk de Cheng Xiaoxing

- Hommage à Hu Die :

Amours prédestinés de Zhang Shichuan
Le Marché de la tendresse de Zhang Shichuan
Destins de femmes de Zhang Shichuan
Sœurs jumelles de Zheng Zhengqui
Le Fard et les larmes de Wu Yonggang
Rêves de printemps de Zhu Shilin


Et tout ceci du 22 septembre au 6 octobre au Gaumont Opéra Capucines !
Si avec, vous ne trouvez pas l'occasion d'y aller... vous n'avez aucune excuse !
www.festivalducinemachinoisdeparis.com

Màj 09/09/2009 : Les horaires sont désormais en ligne.
A noter la présence de Luisa Prudentino et Marie-Claire Kuo Quiquemelle lors d''échanges avec le public.


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mardi 2 juin 2009

Sortie du Monde Chinois

Le Monde Chinois est une revue dédiée à la civilisation chinoise et aborde toutes les questions culturelles, sociales, sociétales et économiques de ce pays-continent et de ses sphères d'influences.
Le N°17, prévu pour la mi-juin, propose un ensemble d'articles sur le cinéma chinois avec des auteurs que vous connaissez bien comme Christophe Falin (qui participe au site chinacinema.fr et à la revue Ecrans d'Asie), Luisa Prudentino (spécialiste du cinéma chinois), Wafa Ghermani (doctorante sur le cinéma taiwanais), Berenice Reynaud (qui a déja oeuvré de nombreuses années sur le cinéma chinois), Lou Ye (pour un portrait de "son" Shanghai) ou bien encore Judith Pernin (que l'on salue pour ses initiatives et son engagement auprès des documentaristes chinois).

Ce regard ou ces regards sur les cinémas chinois permettront de cerner un peu plus ce que le septième art du monde chinois (hongkongais et taiwanais également).

Une revue à ne pas rater qui s'inscrit dans le développement de la connaissance cinématographique chinoise en France.



Le sommaire en détails :

Regard sur les cinémas chinois

- Christophe Falin
* Brève histoire du cinéma chinois p.7
- Nicolas Vinoy
* L’identité « flottante » du cinéma hongkongais p.11
- Wafa Ghermani
* Histoire du cinéma taiwanais p.21
- Christophe Falin
* Shanghai, années 1930. De « l’enfer des pauvres » [...] p.29
- Lou Ye
* Le Shanghai de Lou Ye p.39
- Raymond Delambre
* L’empire des sens (cachés) [...] p.45
- Jiajia Wang
* Le Conte de deux cités p.55
- Yi Zhang
* Le cinéma chinois à l’heure de l’économie de marché p.61
- Marie-Pierre Duhamel-Muller
* L’indépendance personnelle de Huang Wenhai p.71
- Luisa Prudentino
* Le cinéma chinois entre Hollywood et l’Empire p.77
- Bérénice Reynaud * La pulsion documentaire dans le nouveau cinéma chinois p.85
- Judith Pernin * Place et traitement de l’histoire dans les documentaires [...] p.97


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lundi 25 mai 2009

Ecrans d'Asie | le magazine du cinéma asiatique

Bonjour à tous,

Il y a de cela quelques mois, je vous faisais signe que d'autres projets occupaient mon temps. En voici l'un des principaux, qui traite des cinémas asiatiques dont le cinéma chinois.

Écrans d'Asie ( www.ecrans-asie.com) est un e-magazine dédié à ce septième art qui s'étend de la Turquie au Japon, en passant par l'Iran, l'Inde et la Chine. Il développe aussi les cinématographies du Kazakhstan, des Philippines, d'Indonésie, ...de pays qui ont tant à nous faire découvrir.


Au sommaire chinois de ce numéro :


p.8 - Les 3 Royaumes de John Woo avec un dossier à la hauteur de ce blockbuster

p.30 - Retour sur les Seigneurs de la Guerre, avec les entretiens exclusifs d'Andy Lau, Takeshi Kaneshiro, Jet Li et Xu Jinglei.

p.46 - Dossier sur Tsui Hark et la question religieuse.

p.57 - 24 City de Jia Zhang-ke.

p.60 - Livres sur le cinéma hongkongais et chinois.

p.62 - la courte vie du cinéma d'arts martiaux des années 20, dossier réalisé par Christophe Falin qui publie régulièrement des articles sur chinacinema.fr.


Vous pouvez nous rejoindre sur le groupe facebook du magazine


Et voici l'édito :


Le cinéma est, depuis son existence, un prisme permettant d'appréhender notre société, notre culture, nos différences, nos valeurs. Le cinéma est encore un pôle de créativité, de curiosité et d'humanité qui enrichit nos sens, nos perspectives et nos connaissances.
Alors qu'aujourd'hui se dessine les traits d'un monde dont le regard est de plus en plus porté vers l'Est, il était nécessaire d'ouvrir les fenêtres sur les cinémas d'Asie et d'en débattre dans un un nouveau support qui est l'une des voies de développement de la presse papier.
De là est né Écrans d'Asie (à lire sur www.ecrans-asie.com), un magazine gratuit sur le cinéma asiatique vous proposant de revenir sur l'actualité de ce septième art, d'élargir son horizon encore méconnu et pourtant essentiel afin de comprendre le monde qui nous entoure.

Nous lançons ce magazine pendant le Festival de Cannes et ce n'est pas un hasard. En effet, cet événement majeur du cinéma représente le cinéma asiatique avec fierté et lui a déjà consacré de belles heures de projection et de gloire depuis son existence. Cette année 2009, le tiers de la compétition officielle est de ce continent ou de son influence : Nuits d'ivresse printanière du Chinois censuré Lou Ye, Vengeance du Hongkongais Johnnie To, Visage du Taiwanais Tsai Ming-liang, Thirst, ceci est mon sang du Sud-Coréen Park Chan-wook. On peut également noter le long métrage du réalisateur Taiwanais Ang Lee, Taking Woodstock (sur une thématique américaine), et un autre d'inspiration japanonaise de l'Espagnole Isabel Coixet Map of the sounds of Tokyo.
Du côté des films hors compétition, le documentaire Pétitions du chinois Zhao Liang pourrait faire mouche. D'autres oeuvres sont présentées dans la sélection Un certain regard comme Eyes Wide Open de l'Israëlien Haim Tabakman, Air Doll du Japonais Hirokazu Kore-eda, Nang Mai du Thaïlandais Pen-ek Ratanaruang et Mother du Sud-Coréen Bong Joon-ho
La semaine de la critique laisse la porte ouverte à l'Irakien Sharam Alidi pour son long métrage prometteur Whisper in the Wind et à 6 Hours, un court métrage du Sud-Coréen Moon Seong-hyok.
Enfin, la Quinzaine des réalisateurs, délicieux moment de cinéma, propose de se pencher sur les films Ajami des Israëliens Copti Scandar et Shani Yaron, Here du Singapourien Ho Tzu-Nyen, Jal Aljido Motamyunseo du Sud-Coréen Hong Sang-soo, Karaoke du Malaisien Chris Chong, le retour de la Chinoise Liu Jya-yin avec Oxhide 2, Yuki et Nina du Français Hippolyte Girardot et du réalisateur japonais Suwa Nobuhiro.

C'est dire si l'année 2009 comme les prochaines années seront riches de ces cinémas venus de l'Est . Ainsi, nous espérons pouvoir contribuer à leurs reconnaissances et à votre plaisir de les découvrir.

Bonne lecture,

Damien Paccellieri

P.-S. : Ce premier numéro récapitule l'actualité de ces derniers mois tout en développant des sujets exclusifs.

« Ne vous demandez pas ce que le cinéma peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour le cinéma ».


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lundi 23 mars 2009

Au travail....

Comme vous l'aurez remarqué, les mises à jours sont moins fréquentes ces derniers temps, sachez que je prends juste le temps de développer d'autres projets pour revenir ensuite avec de nombreuses actualités, critiques et dossiers.
A bientôt

Damien Paccellieri

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vendredi 27 février 2009

Li Xiaolu (李小璐)

Li Xiaolu, une carrière au conditionnel

Li Xiaolu (李小璐), que l’on confond encore et toujours avec Zhou Xun, est peut-être l’une des jeunes actrices chinoises les plus sincères dans sa démarche artistique, mais qui n’arrive pas encore à convaincre, faute d’une filmographie quelque peu décevante.
Pourtant, tout avait bien commencé pour cette femme née le 30 septembre 1981 à Pékin.En effet, elle obtient le rôle principal de Xiu Xiu (1998) réalisé par Joan Chen.

Ce long métrage, l’un des meilleurs de la décennie 90, marche dans l'ombre de la rééducation d’une jeune fille dans les steppes tibétaines où la gent masculine s’acharnera à la déshumaniser, elle qui croyait pouvoir un jour retourner chez elle. Li Xiaolu interprète cette adolescente à seulement 17 ans avec une infinie justesse, innocence et violence morale dont tous les spectateurs auront du mal à s’en remettre.

Xiu Xiu est usurpée, violée, mise à nue : le film est naturellement censuré par les autorités chinoises, car en plus de ces faits l'oeuvre montre l’exploitation d’une mineure par une meute d’administrateurs communistes.
Xiu Xiu (天浴) est une telle réussite artistique qu’il sera difficile de faire mieux. C’est toute la problématique pour Li Xaiolu qui restera prisonnière en quelque sorte de sa première interprétation. Aussi, jouer un tel rôle n’a pas été sans conséquence dans sa carrière !

Les autorités chinoises ne la laisseront pas s’en tirer à si bon compte après avoir mis en accusation sur pellicule l’intégrité des communistes de la révolution culturelle. La punition est insidieuse puisque le SARFT, l’organe de contrôle de l’audiovisuel chinois, déconseillera aux réalisateurs de la prendre dans leurs films si ceux-là ne souhaitent pas de représailles.
La sentence est telle que Li Xiaolu restera principalement sur le petit écran jusqu’en 2005, car les projets passeront sous ses yeux, tout comme le temps et ses opportunités. Toutefois ces séries lui permettent d'espérer un retour sur grand écrans et de continuer un métier qu'elle dit aimer tant. Elle reviendra en 2005 avec About Love (关于爱), un long métrage en trois parties par trois cinéastes (Chine, Taiwan, Japon) où elle interprète un rôle sous les ordres de Zhang Yibai (Spring Subway, Curiosity Kills the Cat).

Cependant, cette partie, jouée à Shanghai, est la plus décevante des trois, mais n’incombe pas au jeu de Li Xiaolu, bien au contraire.
La même année, elle endosse le rôle de Hong dans Rainbow (2005) avec l’immense acteur chinois, Chen Daoming. Dans ce conte rural, Li Xiaolu est à son aise, mais le public ne la suivra pas, tout comme les critiques, qui semblent une fois pour toutes vouloir la clouer au pilori. Ce destin lui confère toutefois la plus grande sympathie du milieu cinématographique. Fidèle à de nombreux engagements humanitaires en Chine (notamment sur le Sida), elle est sincère avec ses choix, ce qui suscite toujours l’attention des autorités. Depuis, elle a joué notamment dans Blood Brothers (天堂口) d’Alexi Tan (2007) dans un petit rôle de femme naïve et rurale, deux traits caricaturaux qui lui collent éternellement à la peau et qui ont refait surface pour Desires of the Heart (桃花运) (2008), une comédie tiède. Lui laissera-t-on ainsi la chance de prouver ce qu’elle sait faire ? Depuis Xiu Xiu, sa carrière ne demande que ça.

Damien Paccellieri

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dimanche 22 février 2009

Un ete chez grand pere (冬冬的假期)

Un été chez grand-père de Hou Hsiao-hsien
Réalisé en 1984

Avec Wang Chi-kwang, Koo Chuen, Mei Fong, Lin Hsiao-ling

Deux enfants, Tung-tung et Pi-yung, quittent Taipei pour passer quelques semaines chez leur grand père car leur mère est gravement malade,. Après quelques incidents de voyage, les enfants s’installent chez cette personne âgée dont ils ont la plus grande appréhension…

Deuxième œuvre pour Hou Hsiao-hsien (侯孝贤) et déjà deuxième chef d’œuvre. Présenté dans le cadre de l’hommage au réalisateur pendant le festival de Vesoul cuvée 2006, Un été chez grand père (冬冬的假期) nous plonge dans l’ivresse de notre jeunesse, comme Charles Aznavour l’a si bien chanté.
Mais ici, il s’agit de la petite enfance, celle d’enfants de la capitale taiwanaise, alors que le cinéaste nous a habitués récemment au monde adulte (Millennium Mambo, Café Lumière , Three Times).

Une femme, mère de deux enfants, tombe gravement malade et doit rester alitée plusieurs jours à l’hôpital. Les médecins sont dans l’obligation de lui retirer la vésicule biliaire et cette opération leur prend du temps. Le mari décide d’envoyer les enfants chez leur grand père le temps des grandes vacances. Tung-tung et Pi-Yung ne veulent pas y aller : passer des vacances à la campagne n’est pas des plus accommodant pour ces très jeunes citadins.

Mais le grand-père est loin d’être le vieil homme aigri que les enfants s’imaginent. En effet, médecin de profession, c'est une une personne importante dans ce petit village de campagne. Ses connaissances soulagent le mal des paysans souvent trop vieux pour continuer leurs activités agricoles.

Le fils du grand père (l’oncle des enfants) entretient une relation avec une femme qui porte désormais un enfant, fruit de leur union. Hors mariage, ce comportement est intolérable et pourrait plonger la famille dans la honte si cela s’ébruitait.
De plus, parmi les personnes soignées par le grand-père, une fille handicapée mentale subit les vices de son petit ami de passage jusqu'à la rendre elle aussi enceinte.

Dans ce cadre social, on en oublierait presque le cadre naturel. En plein été, où les criquets chantent leurs fiertés, la forêt et la campagne bercent les habitants dans une douce vie aux agréables lendemains. Les enfants s’amusent et se font des amis, mais sont aussi les témoins d’un climat social en pleine évolution. Et pendant ce temps, leur maman souffre de complications à l’hôpital, retardant leur retour sur la capitale…

Hou Hsiao-hsien est un génie. La plupart des Français ont commencé à le connaître grâce à ses dernières œuvres en date comme Millennium Mambo ou Three Times. Pourtant, les années 80 du cinéaste regorgent de pépites cinématographiques.
Par chance, des festivals comme celui de Vesoul permettent au public de se lancer dans la découverte de ces trésors souvent laissés à l’abandon des éditeurs au profit d’œuvres plus commerciales.

Le grand maître taiwanais fait d’Un été chez grand père une ode à la vie. Chaque plan se veut le patrimoine d’une société taiwanaise empreinte de sa nostalgie et des grands défis sociaux qui l’attendaient à l'époque. En brandissant les instants de vie de deux enfants, Hou Hsiao-hsien traite avec sagesse des relations intergénérationnelles souvent difficiles, notamment avec une très belle mise en scène des relations père-fils (grand-père et oncle). La paternité devient ici une épreuve de force, car elle n'est pas issue du fruit d'un mariage, chose alors impossible dans l’habitus culturel taiwanais. Pourtant, il faut bien se faire une raison, la réalité s’oppose bien souvent aux traditions et le cinéaste ne la ménage pas.

Les enfants deviennent ainsi une vitrine des difficultés sociales, des embûches à franchir au cours d’une vie qui ne les attend pas pour avancer.
Dans une scène où les enfants arrivent chez leur grand-père par le train, ceux-là s’arrêtent à la gare et échangent des paroles avec d’autres enfants de leurs âges. On découvre un énorme fossé culturel et économique entre le niveau de vie des citadins et celui de la campagne. Un seul plan donne en puissance ce sentiment de fracture : celui des jouets électriques de Tung Tung face au jeu de misère des autres enfants.

Au centre de toutes les attentions du cinéaste, les enfants sont magnifiquement interprétés dont Pi-Yung, superbe petite fille, certainement l’une des plus inoubliables du septième art. Son innocence, sa mise en danger sont des caractéristiques propres à la société taiwanaise telle qu’elle se croit l’être. Et c’est sans compter sur le troubadour Tung Tung et sa troupe de jeunes amis. Ils seront témoins d’une atroce scène de violence de deux malfaiteurs taiwanais, et seront également victimes de la vengeance de Pi-Yung, exclu de leur groupe intégralement constitué de garçons.

D'ailleurs, Pi-Yung, en suivant ces jeunes garçons, échappe de peu à la mort. Tombée en plein milieu des rails, il s’en est fallu de peu pour qu’elle quitte ce monde. Le découpage de cette action est si remarquable que certains réalisateurs devraient en prendre de la graine.

Hou Hsiao-hsien propose encore une véritable réflexion sur la représentativité de celle qui est surnommée « la folle ». Elle est assurément l’un des reflets les plus sombres, mais aussi l’un des plus généreux de cette société où les faux pas ne sont guère permis, où l’on abuse facilement de son pouvoir, de sa domination.

Heureusement, le grand-père, véritable patriarche, incarnation de la sagesse et modèle pour tous, donne à la campagne une réelle lueur d’espoir malgré la desespérance des jeunes.
Hou Hsiao-hsien a ainsi réussi là où de nombreux cinéastes tentent et échouent : faire d’une expérience familiale une véritable fable sociale. Avec sensibilité, le cinéaste prend la main du cinéphile et l’emmène là où seule sa caméra peut témoigner de la vie des campagnes taiwanaises. Un très grand moment de cinéma.

Damien Paccellieri

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jeudi 12 février 2009

La Chine s'eveille...en documentaires


Du 28 janvier au 3 février 2009, les Parisiens ont pu découvrir au cinéma Le Lincoln une série de documentaires proposée par Michel Noll.
Composé de 12 documentaires signés tels des chapitres de la vie sociale chinoise, La Chine s'éveille a proposé un programme varié qui n'est pas sans nous rappeler le Festival Shadows, mais dont le calibrage est destiné à une diffusion télévisuelle comportant ses avantages et ses défauts.
Mené tambour battant par des débats en soirée, ce festival (1ere édition) a proposé des documentaires dont on connaissait souvent les sujets (réalisme et désillusion de la campagne pour « une saison comme une autre », l'idéalisation de l'enfant et la pression des parents dans « Rêves de Piano », etc.) mais dont le traitement se révélait des plus intéressants.

On en veut pour preuve la « Maison de Monsieur Jiang » qui suit le train de vie d'un homme contraint de quitter tout ce qui lui reste : sa maison. Tourné de manière anarchique et donc personnelle, le documentaire offre une perspective nouvelle à cette thématique de l'identité, de la destruction/reconstruction, du déracinement et des souvenirs.
Que l'on aime ou pas, c'est un témoignage singulier qui détonne dans la multiplicité chinoise actuelle.
D'autres documentaires comme l' « Enfant de personne » abordent un sujet de plus en plus important dans la société chinoise : les effets du divorce. Chacun des parents un chemin différent, laissant à l'enfant la responsabilité de se bâtir une identité sur les cendres de ce foyer familial, lui qui n'est guère souvent en âge de pouvoir le faire.
« Les diplômés » est au coeur d'un débat très présent en ces temps de crise économique.
En effet, quel est l'avenir des jeunes diplômés face à une réalité de plus en plus dure, un dynamisme économique faste (certes ralenti en ce moment) et des débouchés d'emploi à saisir de toute urgence avant que la tempête mondiale de la récession emporte tout sur son passage ?
Quand on sait que chaque année la Chine doit créer 20 millions d'emplois pour couvrir ses besoins, les répercussions peuvent être immenses à long terme.
« Le Nouvel abri », quant à lui dévoile un mélange de fatalisme et de capacité à endurer les épreuves de la vie, qui fait, selon certains sociologues, l'une des particularités des sociétés en voie de développement, notamment asiatiques, avec l'Inde et la Chine en tête de proue.

On pourra toutefois regretter, à l'image de ce documentaire, une certaine promiscuité avec un misérabilisme « à la chinoise ». Ainsi, pas un sujet n'aura dépeint ce pays à son avantage, à croire que la Chine est le pays des malheurs. Il est vrai qu'elle concède de nombreuses difficultés, cependant cela ne pourrait constituer un portrait au plus près de la réalité chinoise.
Serait-ce une consigne audiovisuelle (volontaire ?) qui accule les documentaires sur la Chine à relayer une société qui va mal ? Est-ce cela l'avenir du métier de documentariste ? Nous savons déjà que les journaux télévisés ont une tendance forte à être les « rubriques nécrologiques du monde », et que les chaînes produisent comme achètent les sujets qui vont dans ce sens, mais cela n'est pas une raison suffisante pour ne faire que cela, le documentariste peut changer cela.

La Chine s'éveille.... avec l'impression de vivre de plus en plus mal. Or, l'évolution des trente dernières années, ne prouverait-elle pas le contraire ? La prochaine édition gagnera donc à mettre en place un kaléidoscope complet des réalités chinoises, tant elles présagent de problèmes que de solutions.

Damien Paccellieri

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samedi 7 février 2009

Balzac et la petite tailleuse chinoise a Boulogne

Ne manquez pas la projection de Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie au chaleureux cinéma Landowski de Boulogne ce dimanche à 13h45, suivi d'un débat avec votre serviteur pour évoquer les thématiques du film, les inspirations de son auteur....
Cela est organisé par l'association Franco-chinoise La Fontaine qui apporte son soutien indéfectible à la promotion de la langue et de la culture chinoise.

Damien Paccellieri

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mardi 3 février 2009

Chansons et Legendes populaires des films chinois des annees 1930

Les chansons et légendes populaires anciennes
dans les films des années 1930

Le cinéma chinois du début des années 1930 est marqué par l’arrivée du cinéma parlant et la naissance des films progressistes. Ces deux bouleversements vont permettre l’apparition dans les films de nombreuses chansons patriotiques ou sur les conditions de vie des travailleurs, interprétées par des « divas » comme ZHOU Xuan. Une de ces chansons, La Marche des volontaires dans le film Les Enfants d’une époque troublée (1935), deviendra même en 1949 l’hymne nationale de la Chine communiste.
Inspirés par le Mouvement du 4 mai 1919 contre la culture traditionnelle chinoise, les compositeurs et paroliers de ces chansons (NIE Er, REN Guang, TIAN Han…) s’inspirent à la fois de l’occident, de nombreux compositeurs ont étudié à l’étranger, et des chansons et légendes populaires chinoises qui peuvent parfois avoir plusieurs siècles.
A travers ces anciennes chansons ou légendes populaires, ils cherchent à critiquer le pouvoir en place, à l’image des poètes chinois qui critiquaient parfois l’empereur en racontant l’histoire d’un autre personnage et d’une autre période.
Deux exemples de l’utilisation de ces chansons et légendes anciennes apparaissent dans deux des films les plus connus de cette période : La Route (《大路》de SUN Yu, 1934) et Les Anges du boulevard ( 《马路天使》de YUAN Muzhi, 1937).
Leur utilisation dans des films progressistes montre à quel point, malgré leur modernité, les compositeurs et paroliers chinois restent attachés à la Chine ancienne.

La chanson Fengyang dans La Route




La Route est un film en partie sonorisé réalisé par SUN Yu en 1934, juste avant la généralisation du cinéma parlant en Chine. Le film raconte l’histoire d’une bande de copains travaillant sur le chantier d’une route qui, une fois terminée, servira à acheminer les troupes chinoises se déplaçant pour affronter les Japonais. Le sujet est donc patriotique et montre dans l’esprit joyeux qui caractérise tous les films de Sun Yu les conditions de travail très dures des ouvriers.
Le film comporte quelques passages chantés avec notamment les chansons La Route qui donne son titre au film, et la chanson Fengyang. Cette chanson Fengyang n’intervient qu’à une reprise dans le film, dans une scène se déroulant dans une auberge. Elle est chantée par la serveuse de l’auberge (interprétée par LI Lili) au milieu de nombreux clients et amis. La chanteuse qui interprète la chanson tient dans ses mains des baguettes avec lesquelles elle jongle. Cette mise en scène fait référence aux chansons populaires qui apparaissent dès les dynasties Tang et Song, notamment les « tambours à trois baguettes » pour lesquelles le chanteur utilisait les baguettes pour jouer de la musique et avec lesquelles il devait aussi jongler. (Dans Chanteurs, conteurs, bateleurs, de Jacques Pimpaneau, Université Paris 7. Centre de publication Asie orientale, p.18-19.)

Traduction des paroles de la version du film :

Parler de Fengyang.
Avant Fengyang était une belle ville.
Mais depuis l’empereur Zhu il n’y a plus de récolte neuf années sur dix.
Les riches changent de métier.
Les pauvres vendent leurs enfants.
Chez moi il n’y a pas d’enfant à vendre.
Je m’exile.
Parler de Fengyang.
Il y a tous les ans des catastrophes à Fengyang.
La digue de la rivière s’effondre, l’eau s’écoule.
Les champs se transforment en mer.
Beaucoup de personnes meurent, mangés par les poissons.
Beaucoup de gens n’ont plus de vêtements.
Moi, pour manger,
Je m’exile.
Parler de Fengyang.
Il y a tous les ans des catastrophes.
Avant, les seigneurs de guerre se disputaient les terres.
Maintenant les ennemis viennent faire la guerre.
Pendant la guerre les hommes meurent.
Dans le village il ne reste que les femmes et les vieillards.
Je pars loin.
Il y a des affamés partout.

Cette chanson est une version d’une chanson populaire du 14ème siècle dont Jacques Pimpaneau dit ceci : « L’empereur Zhu de cette chanson est Zhu Yuanzhang, le fondateur de la dynastie de Ming (1368). Cette chanson, apparue à cette époque, dénonce les désordres et calamités qui ont marqué la lutte des prétendants au trône, ainsi que le pouvoir autoritaire du nouveau souverain. Accompagnée par gong et tambour, comme il est dit au dernier vers, cette chanson serait à l’origine du huagu, chansons accompagnées de mouvements de danse. En voici deux versions légèrement différentes. Fengyang, ville de la province du Anhui, est située dans la région natale de Zhu Yuanzhang.

1ère version :

Parlons de Fengyang
Disons-en sur Fengyang
Fengyang était jadis un bon endroit
Depuis qu’est apparu l’empereur Zhu
Sur dix ans, il y a neuf ans de famine
Les grandes familles vendent leur terre
Les petites familles vendent leur fils
Il n’y a que moi qui n’ai rien à vendre
Gong et tambour sur l’épaule je parcours les rues

2ème version :

Parlons de Fengyang
Racontons-en sur Fengyang
Fengyang était jadis un bon endroit
Depuis qu’est apparu l’empereur Zhu
Sur dix ans il y a neuf ans de famine
Trois ans d’inondation, trois ans de sécheresse
Trois ans de sauterelles, débâcle de calamités
Les grandes familles vendent leur âne
Les petites familles vendent leur fils
Mais je n’ai pas de fils à vendre, mon tambour sur le dos, j’erre partout. (Ibid, p.17)

Cette chanson est donc une version d’une chanson populaire du 14ème siècle mais elle s’inscrit évidemment dans le contexte de guerre et de misère des années 1930. Dans le film, la chanson est accompagnée d’images de la chanteuse et de ses clients dans l’auberge mais aussi d’images de paysans en exode et d’images de guerre. Ces images donnent une dimension actuelle aux paroles de la chanson qui devient ainsi une critique du pouvoir en place durant les années 1930, le Guomindang, ennemi des communistes.

La Chanson des quatre saisons dans Les Anges du boulevard



La Chanson des quatre saisons (《四季歌》) est la chanson principale des Anges du boulevard. Ce film raconte l’histoire de Xiao Hong (interprétée par ZHOU Xuan) une jeune chanteuse qui travaille dans une maison de thé. Son patron veut la vendre à un bandit local tandis qu’elle est amoureuse d’un musicien (interprété par ZHAO Dan) vivant en face de la maison de thé. Ce film illustre avec humour et poésie la vie dans les bas-fonds de Shanghai, et particulièrement la vie des jeunes chanteuses des maisons de thé exploitées par leur patron qui les considèrent comme des prostituées.
Plusieurs passages chantés parsèment le film, notamment deux chansons, La Chanson des quatre saisons et La Chanteuse errante qui sont proches des chansons d’amour traditionnelles.

Traduction des paroles de la Chanson des quatre saisons dans Les Anges du boulevard :

Le printemps arrive.
La verdure remplit la fenêtre.
La fille brode près d’une fenêtre deux canards mandarins.
Soudain le bâton cruel
Frappe et sépare les deux canards.
L’été arrive, les peupliers verdissent.
La fille erre sur les bateaux.
Du nord au sud les paysages sont très beaux.
Mais c’est moins beau que la verdure et le sorgho.
L’automne arrive avec le parfum des fleurs de lotus.
La fille rêve de son pays natal toutes les nuits.
Quand elle se réveille, elle ne voit pas ses parents.
Elle voit seulement la lune devant la fenêtre.
L’hiver arrive avec la neige.
La fille fait une veste et l’offre à son amant.
La chair et le sang du peuple ont été utilisés pour construire la grande muraille.
Je veux être comme Mengjiang, attendre mon amant parti au loin.

Le personnage de Mengjiang cité dans le dernier vers de la Chanson des quatre saisons est un personnage légendaire. Cette légende dit que Mengjiang vécut au début de la construction de la grande muraille (-250 environ). Son histoire est l’une des plus connues concernant cette construction.
Son mari, Wan Xiliang fut, comme des milliers d’ouvriers chinois de l’époque, contraint de se rendre au Nord de la Chine pour construire la grande muraille que l’empereur voulait bâtir pour se protéger des tribus nomades du Nord.
Après de long mois d’attentes sans nouvelles, elle apprit que son mari et les autres ouvriers travaillaient dans des conditions climatiques épouvantables.
Elle lui fit des vêtements et ne pouvant plus attendre, entreprit le long voyage qui la mena jusqu’à la grande muraille.
Les paroles de la chanson des Anges du boulevard reprennent cet épisode : « La fille fait une veste et l’offre à son amant. La chair et le sang du peuple ont été utilisés pour construire la grande muraille. »
Arrivée à la grande muraille, Mengjiang apprit que son mari était mort et que son corps avait été utilisé pour les fondations de la grande muraille.
Elle pleura pendant des jours jusqu’à ce qu’un orage éventre la grande muraille ou le corps de son mari avait été enseveli.
L’empereur Ying Zheng ayant eu vent de cette histoire voulut la rencontrer et la trouvant si belle la demanda en mariage.
Elle accepta à condition que l’empereur organise des grandes funérailles pour son mari. Ce qu’il accepta mais Mengjiang se suicida en se jetant dans la tombe de son mari.

La Chanson des quatre saisons (est-ce une chanson ancienne ?) entendue dans Les Anges du boulevard fait donc référence à ce personnage légendaire. Dans le film, la chanson établie un parallèle non seulement entre Xiao Hong, le personnage du film, et Mengjiang, mais aussi entre les deux époques qui ont pour point commun la souffrance du peuple.
Comme SUN Yu dans La Route, YUAN Muzhi utilise donc la culture populaire ancienne chinoise dans un film au style moderne qui parle du temps présent.

SUN Yu et YUAN Muzhi, deux des réalisateurs les plus connus des années 1930, se servent ainsi de chansons et légendes populaires anciennes chinoises dans leurs films qui sont considérés aujourd’hui comme les plus beaux et les plus libres de cette période. C’est sans doute ce mélange de modernité et de culture populaire ancienne qui fait leur force. Ces deux réalisateurs ont su mélanger la culture populaire ancienne et un art venant de l’étranger.

Christophe Falin

Publié par damien à 12:43 et 1 commentaire(s)

vendredi 30 janvier 2009

Conference sur le cinema chinois à Paris - 13e arrondissement



Je tiendrai une conférence demain après midi (samedi)
sur "le cinéma chinois, après la révolution culturelle" de 14h30 à 16h dans le 13eme arrondissement de Paris au siège de l'association notre dame de Chine, (29 Avenue de Choisy, 75013 Paris. Métro ligne 7 Porte de Choisy)

Dans l'espoir de vous y rencontrer.


Damien Paccellieri

Publié par damien à 17:19 et 0 commentaire(s)

lundi 26 janvier 2009

Internet Explorer et chinacinema.fr

Certains internautes m'ont signalé ne plus pouvoir accéder à chinacinema.fr.
En effet, le navigateur Internet Explorer (IE) rencontre d'énormes difficultés pour lire les applications Javascript et ouvre alors une fenêtre en signalant "opération abandonnée" .... alors que Mozilla Firefox, autre navigateur internet, ne détecte aucun problème !
J'ai réussi à trouver la source (l'application dans la colonne de droite permettant de lire les nouvelles d'autres sites et le lecteur de PDF) et essaye de réparer le code en question.

Que de mauvaises surprises avec IE, je vous recommande Mozilla Firefox, et désactive les applications en question pendant quelques jours, le temps de les réparer.

Damien Paccellieri

Publié par damien à 16:02 et 0 commentaire(s)

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